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A la Une: quel avenir pour les Verts?

Par Frédéric Couteau

En cette période de rentrée politique, les journaux s’interrogent ce matin sur Europe écologie-les Verts et son leader Yannick Jadot.

« Dans le paysage dévasté de la gauche, une seule formation politique a aujourd’hui quelques raisons d’y croire, relève Le Monde : Europe écologie-les Verts se sent pousser des ailes. Le 26 mai dernier, Yannick Jadot lui a redonné espoir en obtenant 13,47 % des suffrages exprimés pour la liste qu’il menait aux élections européennes. Ce score a placé les Verts loin devant La France insoumise et le Parti socialiste, allié à Place publique. Depuis, l’ancien animateur de Greenpeace proclame que 'le temps des écologistes est venu'. Il se positionne comme la troisième force capable de bousculer le duopole Macron-Le Pen. Il affiche sa volonté de conquérir et d’exercer le pouvoir au plus vite. »

Alors, c’est vrai, constate encore Le Monde, « la conjoncture s’y prête. Elle est exceptionnellement favorable aux écologistes. Le réchauffement climatique a cessé d’être la préoccupation d’un petit cercle d’initiés pour devenir celle de la population tout entière, sous l’effet de la multiplication des épisodes caniculaires. En France, l’écologie est à présent la première cause de mobilisation chez les jeunes. Partout en Europe, elle progresse, autorisant des actions concrètes, notamment au Parlement européen, qui s’est considérablement verdi lors du dernier scrutin. »

Résultat, poursuit Le Monde, « tout semble sourire à EELV, et pourtant rien n’est joué. Pour gagner son pari, Yannick Jadot va devoir réussir le plus dur : tordre le bras à ses soutiens, transformer les Verts en un parti de gouvernement, leur faire aimer le pouvoir, les inciter à l’exercer à tous les niveaux, local et national. Vaste tâche. Les Verts, disait Cécile Duflot, leur ancienne secrétaire nationale, ont 'le complexe du bonsaï' : ils sont petits et résistants, mais n’ont pas envie de grandir. »

Une grande alliance avec la gauche ?

Pour Libération, il est clair que l’ADN des Verts est à gauche… « Tout ou presque dans le programme des Verts, dans les prises de position de leurs leaders, les rattache à la tradition de la gauche : politique sociale, intervention publique, militantisme alternatif, ouverture aux migrants, Europe sociale et écologique, libertés publiques, réformes sociétales. Au demeurant, poursuit Libération, on ne voit pas très bien comment la transition nécessaire vers une économie non carbonée pourrait convaincre l’électorat - les classes populaires au premier chef - sans une redistribution massive, de larges investissements publics, une attention particulière aux plus fragiles, toutes idées qui font partie du patrimoine historique de la gauche. »

Bref, pour Libération, « il n’y a pas de victoire possible sans union des composantes progressistes, avec ou sans discussions d’appareil. Reste aux autres courants à imposer le rapprochement. Non en se diluant dans un vaste 'parti de la planète', mais en démontrant leur identité et leur pertinence. »

Les Verts en ordre de marche ?

On n’en est pas encore là… Pour l’instant, pointe Le Parisien, on sait juste ce que Yannick Jadot ne veut pas…

« Yannick Jadot ne veut pas s’allier à Emmanuel Macron, le chef de l’Etat, à qui il reproche son renoncement écologique. Il ne montre guère plus d’enthousiasme pour un rapprochement avec Anne Hidalgo, la maire de Paris, dont il juge l’engagement écologique trop brutal. Il n’entend pas recréer une union de la gauche, fruit de 'tractations d’appareils'. Et pourtant, constate Le Parisien, il rêve à la fois de l’Elysée et de la capitale. Yannick Jadot exprime assez clairement ce qu’il ne veut pas. Il est plus difficile de comprendre ce qu’il va faire et comment. Le sait-il vraiment lui-même ?, s’interroge le journal. Son succès aux européennes l’a propulsé dans l’arène. Il l’oblige à mener deux combats de front, celui des municipales et celui de la présidentielle, alors que son propre mouvement est en transition. »

Et Le Parisien de conclure : « les journées de Toulouse, où la famille verte se réunit cette semaine, permettront au moins de savoir si les troupes sont en ordre de marche. »

Dialogue et concertation !

A la Une également, la rentrée politique du gouvernement… Une rentrée placée sous le signe d’une meilleure communication avec les Français.

« C’est juré, promis : cette rentrée sera celle du dialogue et de la concertation, s’exclame La Nouvelle République du Centre-Ouest. Sorte de phase deux du quinquennat. Pour continuer à mener les réformes indispensables à la transformation du pays, métamorphose en profondeur à laquelle le candidat Macron s’était engagé. Voilà le gouvernement prévenu à la faveur de ce conseil des ministres de rentrée : prière de mieux communiquer. »

Une méthode qui devrait s’appliquer à l’une des réformes phares : la réforme des retraites. Une concertation est annoncée, sur le modèle du Grand Débat. Attention, préviennent Les Echos, « le recours à la démocratie directe, sur un dossier aussi complexe, n’est en rien un gage de réussite tant les passions peuvent aujourd’hui l'emporter sur la raison. Mais le gouvernement n’a plus tellement d’autres choix. »

Algérie : 6 mois de colère

Enfin, « après six mois de colère, où va l’Algérie ? » La Croix s’interroge à la veille d’un nouveau vendredi de manifestations dans le pays.

« Humiliés par la perspective de voir le président Bouteflika briguer un cinquième mandat, les Algériens sont massivement sortis dans la rue le 22 février dernier. Six mois plus tard, chacun s’interroge sur la poursuite du 'Hirak', le mouvement de contestation contre le régime militaire. Le pouvoir campe toujours sur ses positions et reste sourd aux demandes d’instauration d’une période de transition politique. (…) L’enjeu est lourd, poursuit La Croix. Car depuis sa grande victoire, l’éviction début avril du président Bouteflika, puis le report sine die de l’élection présidentielle, le 'Hirak' peine à avancer ses pions pour amorcer une transition. Les feuilles de route restent évasives. Et peu de personnalités émergent pour faire face au système en place. »