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Revue de presse française
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À la Une: Boris Johnson le «bad boy» de l’Europe

Par Nathanaël Vittrant

Le Premier ministre britannique fait la Une de l’Express, version cartoon Boris Johnson un pin’s de l’Union Jack au veston et une allumette dans la main prêt à mettre le feu au drapeau européen. Et pourtant, « quelle transformation ! », s’exclame l’hebdomadaire. « Avant son accession au pouvoir, il avait la réputation d’un clown amoral sans foi ni loi, prêt à tout pour atteindre la première marche. » « Mais tout cela c’est fini, terminé. » Maintenant qu’il a été choisi par 0,3 % de l’électorat pour diriger aux destinées du pays, « il ne se risque plus aux plaisanteries et aux bons mots ». Voilà, raconte l’Express, que Boris Johnson prend des accents churchilliens, promettant aux Britanniques un « âge d’or ». Une promesse qui fait sourire même les plus ardents de ses partisans. Avant même sa mise en œuvre le Brexit coûte déjà très cher aux Britanniques : « Depuis le référendum, la livre sterling a perdu un cinquième de sa valeur par rapport à l’euro, l’investissement industriel s’est effondré, les entrées de capitaux ont été divisées par trois », et la hausse des prix, écrit l’Express semble « inéluctable ». Sans compter le risque d’un éclatement de l’Union, le Brexit a renforcé comme jamais les velléités d’indépendance des Écossais tandis que « les séparatistes nationalistes en Irlande du Nord menacent de reprendre la lutte armée ». Malgré tout cela Boris Johnson n’en démord pas : son pays quittera l’Union européenne le 31 octobre quoiqu’il arrive.

Une sortie de l’UE sans accord, un Brexit dur qui pourrait aggraver la pénurie de médicaments en Europe…

Oui on va y venir mais avant cela puisque l’on traverse figurativement la Manche, le bras de mer qui sépare les îles britanniques du continent européen, attention. Le Parisien nous apprend que l’on y rejette des substances radioactives. La zone fut même à une époque une véritable « poubelle nucléaire sous-marine », 14 pays y déversant leurs déchets radioactifs avant que la pratique ne soit interdite en 1993. « Cela a-t-il découragé l’industrie nucléaire de rejeter ses déchets en mer ? Non », poursuit le Parisien. Sachez qu’en ce moment même un oléoduc de 4 km de long déverse depuis la Hague à 60 petits mètres sous la mer « un cocktail de matière radioactive : tritium, césium, strontium, et même uranium et plutonium. »

Un cocktail qu’on ne trouve pas dans les médicaments…

Non, enfin je ne crois pas je ne suis pas médecin. En tout cas on y vient, sur son site Internet Challenges prévient : « un Brexit dur aurait des conséquences sur la santé des Européens ». On le sait, le Royaume-Uni importe des médicaments mais il en exporte aussi, 45 millions de boîtes chaque année. Au total tous les ans, un milliard de boîtes traversent la Manche. Pour le Journal du Dimanche nous sommes même face à une « bombe sanitaire ». Car la situation est déjà tendue. En France en 2018, « 868 médicaments étaient en ruptures ou en tension d’approvisionnement, 20 fois plus qu’en 2008 ». Et les conséquences sont dramatiques. À l’hôpital Cochin de Paris par exemple, le stock d’Amétycine est épuisé, une « pénurie nationale » pour ce traitement chimiothérapique. Le chef du service d’urologie de l’hôpital résume la situation au JDD : « J’ai expliqué à mes patients qui avaient les tumeurs les moins graves que, faute de pouvoir les traiter on allait accélérer la fréquence des contrôles. Et à d’autres qu’on ne pouvait rien faire pour eux. »

Un sentiment d’impuissance qui frappe aussi les urgentistes…

Oui pour d’autres raisons, Paris Match leur consacre un beau reportage photo. Le journal s’est rendu à Étampes dans l’Essonne. Sur la même photo, pendant qu’une infirmière s’active auprès d’un patient dans une chambre, un urgentiste tient la main de Rolande, 98 ans et victime d’une mauvaise chute. Son lit est installé dans le couloir faute de place, elle attend depuis 2 heures et demie d’être examinée. « Son cabinet médical, comme tant d’autres en France, a fermé » écrit Paris Match. En dix ans, le nombre d’admissions aux urgences a doublé quand celui des effectifs a baissé. À l’accueil les infirmières ont un bandeau « en grève » collé dans le dos, mais elles assurent quand même leur service, « durant 7 et 12 heures d’affilée, nuit et jour, elles opèrent un premier tri entre les bobos et les urgences vitales ».

Le sujet fera partie des dossiers sensibles de la rentrée pour le gouvernement.

Oui même si en attendant Emmanuel Macron a surtout la tête à la diplomatie. Avant d’accueillir le sommet du G7 le weekend prochain, le président français recevra demain à Brégançon la résidence d’été des chefs d’État son homologue russe Vladimir Poutine. « Macron joue le réalisme avec Poutine », estime le journal du dimanche.

Et « l’ombre du cyber-espionnage planera sur cette rencontre »…

Oui en Une du Figaro Magazine, Vladimir Poutine apparaît avec des jumelles braquées sur l’Europe et les États-Unis. C’est « le grand retour des espions russes », « bienvenue dans la nouvelle guerre froide ! » titre le journal qui explique que le président russe, lui-même un ancien du KGB est persuadé que « les Occidentaux veulent la disparition de la Russie et que par conséquent tous les moyens sont bons pour la défendre. » Les agents secrets du Kremlin multiplient donc les actions mêlant l’espionnage classique, l’assassinat et le piratage informatique. La France n’est pas épargnée : « durant la crise des gilets jaunes, cite le journal parmi de nombreux exemples, on a pu constater « de curieux comptes Twitter s’activant aux heures de bureau à Moscou ».

Dans le Figaro Madame une autre forme d’espionnage qui cette fois concerne les femmes…

Oui peut-être avez-vous remarqué la multiplication des applications proposant d’aider les femmes à se connecter à leur corps, que ce soit pour le suivi des règles, de la fertilité, de l’allaitement ou de la contraception. Des applications sans tabou qui peuvent « changer la vie, notifications enjouées à l’appui ». Pour les regrouper on a inventé le terme Femtech, une entrepreneure s’amuse : ce néologisme était plus vendeur auprès des investisseurs que de dire : « J’ai une entreprise qui aide les femmes à ne pas faire pipi dans leur culotte. » Ce qui pourrait sonner comme une revanche sur un secteur pas franchement marqué par le féminisme commence toutefois à inquiéter. « Les femmes sous haute surveillance », titre d’ailleurs l’article. Les données récoltées sur ses cycles, ses humeurs, ses rapports sexuels, ses interruptions de grossesse sont par définition intimes et sensibles lorsqu’elles tombent entre de mauvaises mains. Ce n’est d’ailleurs pas de la fiction, une application américaine ayant déjà été prise la main dans le sac en train de revendre les données de ses utilisatrices à des employeurs et des mutuelles. Et la journaliste de conclure : « intrusif, vous avez dit intrusif ? »