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Ukraine: Petro Porochenko impliqué dans 12 enquêtes différentes

Par Sébastien Gobert

L’élection présidentielle d’avril en Ukraine a porté au pouvoir l’ancien comédien Volodymyr Zelensky. Sa victoire a été permise par un dégagisme très fort vis-à-vis de l’élite politique ukrainienne, et de l’ancien président Petro Porochenko en particulier, soupçonné d’abus de pouvoir et de complicité dans des affaires de corruption. La justice n’a pas perdu de temps : moins de trois mois après avoir perdu le pouvoir, l'ancien président est déjà impliqué dans 12 enquêtes différentes.

de notre correspondant à Kiev,

Il y a un peu de tout dans ces douze dossiers : de l’évasion fiscale, du blanchiment d’argent, un passage de frontière non-déclaré, ou encore la protection d’un juge corrompu. Une des enquêtes vise à établir si l’ancien chef de l’État a instrumentalisé la situation de guerre entre l’Ukraine et la Russie à des fins politiques. C’est donc un éventail assez large, qui rassemble beaucoup des scandales de ces cinq dernières années. Cela dit, Petro Porochenko n’est qu’un témoin dans ces enquêtes pour l’instant, il n’est pas mis en examen. Et d’ailleurs il se lave de toute faute, et assure qu’il n’a rien à cacher. Il vient d’accepter de passer au détecteur de mensonges.

Tant d'affaires aussi rapidement ouvertes: peut-on parler de persécutions politiques ?

On connaît la réputation du système judiciaire ukrainien, avec beaucoup de cas par le passé de persécutions politiques. Les soutiens de Petro Porochenko parlent eux-mêmes de persécution politique. Dans certains cas, c’est clairement un règlement de comptes.

Par exemple, les deux premières affaires, dont celle de trahison, c’est un ennemi politique de Petro Porochenko qui les a initiées. Donc la motivation est claire, même si elle ne dit rien du fond du dossier. Mais le doute sur l’innocence de Petro Porochenko est vraiment permis parce que son système a permis des abus et servi à l’enrichissement personnel de quelques-uns de ses proches. C’est un fait avéré par des enquêtes de journalistes. Il est donc normal que la justice s’intéresse à ces cas.

Il n’empêche que dans le contexte ukrainien, les soupçons de persécutions ciblées et politiques sont à prendre au sérieux. Pour l’instant, rien ne prouve que la présidence est impliquée dans les enquêtes. Certains mettent en avant un réflexe instinctif du système judiciaire, très politisé et corrompu. Les procureurs et les juges essaient de montrer leur loyauté à Volodymyr Zelensky.

Le nouveau président a pourtant promis de réformer le système judiciaire

Volodymyr Zelensky avait fait de la réforme de la justice de lalutte contre la corruption des priorités.Pour l’instant, il a renvoyé de nombreux fonctionnaires soupçonnés de corruption, multiplié des déclarations choc tous azimuts, et annoncé des plans ambitieux, comme par exemple annuler l’immunité de tous les députés fraîchement élus.

Ce n’est qu’en septembre que le nouveau Parlement élira un gouvernement. Et on verra la réalité des réformes à partir de là. Ce qui est sûr, c’est que la demande populaire pour une justice sévère et des arrestations de personnalités corrompues est immense. La population s’est dramatiquement appauvrie au cours des 28 ans d’indépendance, en partie à cause de la corruption. On entend beaucoup d’appels à des peines de prison exemplaires. Alors quelle que soit la justification des enquêtes impliquant actuellement Petro Porochenko, il n’y a pas grand monde pour le soutenir : c’est vraiment un cas qui cristallise la colère populaire ici en Ukraine.

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