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Revue de presse française
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À la Une: guerre d’usure à Hong Kong

Par Frédéric Couteau

Des manifestants qui n’en démordent pas malgré la répression policière : « la confrontation qui se joue désormais, sous forme de guerre d’usure, est inédite (à Hongkong), constate Le Monde. Les manifestants s’opposent à la fois à leur gouvernement hongkongais et à la puissance tutélaire chinoise. [...] A deux semaines du record de durée du "mouvement des parapluies" (79 jours en 2014 contre 66 aujourd’hui), qui demandait une élection au suffrage universel pour le chef de l’exécutif hongkongais, la "révolution de notre temps", comme la célèbrent les graffitis à travers Hongkong, est à une étape critique. [...] Alors que jamais la subordination du pouvoir de Hongkong à Pékin n’était apparue aussi clairement, "Hongkong n’est pas la Chine" est l’un des slogans des manifestants les plus présents : la tentative de reprise en main et les menaces de Pékin, pointe Le Monde, ont encore aggravé la frustration des Hongkongais de n’avoir pas leur mot à dire pour choisir ceux qui les dirigent. »

Intervention militaire ou pas ?

Alors que va faire, que peut faire Pékin ? « La crise de Hong Kong va-t-elle déboucher sur un nouveau Tiananmen, trente ans après ?, s’interroge La Voix du Nord. Les avis divergent…

« En toute logique, Pékin devrait intervenir à Hong Kong pour retourner une situation qu’elle ne contrôle plus, estime Le Journal de La Haute-Marne. L’envoi de véhicules blindés à la frontière de l’ancienne colonie britannique constitue plus que de la gesticulation. Il manifeste une intention d’en finir avec un mouvement qui ose narguer la deuxième puissance mondiale. »

Non, affirme La République des Pyrénées, « même si les médias officiels chinois ont publié hier les images de blindés patrouillant à la frontière, ce n’est pas l’hypothèse d’une intervention militaire qui paraît à ce jour la plus probable. Hong Kong, troisième place financière mondiale, offre à la Chine une précieuse ouverture économique extérieure ainsi que, au passage, un réseau bancaire des plus accueillants pour les grandes fortunes du pays. De bonnes raisons pour éviter un chaos. »

En effet, souligne La Nouvelle République du Centre-Ouest, « au plan militaire et en d’autres temps, l’affaire aurait été vite réglée. Tiananmen l’a prouvé. Mais l’époque a changé et Pékin, scruté par la planète entière, retarde le moment d’engager le fer. »

La communauté internationale bien discrète

Et puis en France, pas de réactions officielles… « Bien que la diaspora française là-bas compte près de 30 000 personnes, nous restons indifférents à ce peuple qui chaque jour défie l’ogre chinois, pointe Le Courrier Picard. Peut-être anticipons-nous déjà la fin de l’histoire avec une intervention musclée du régime chinois. Depuis les manifestations de la place Tiananmen à Pékin, en 1989, on sait qu’il est risqué de s’en prendre à la puissance du régime communiste. En France, plusieurs députés de La République en marche se sont émus que la diplomatie française reste silencieuse face à cette révolte qui se veut non-violente. »

Enfin, souligne encore Le Courrier Picard, « alors que Pékin et sa représentante à Hong Kong haussent le ton face aux manifestants qualifiés de "terroristes", la communauté internationale demande mollement aux parties "de s'abstenir de toute violence". C’est ce que l’on appelle le service minimum en matière diplomatique. »

Crise financière en Argentine

Autre pays, autre crise : l’Argentine confrontée à la dégringolade de sa monnaie…

« A deux mois de la présidentielle, la victoire aux primaires du péroniste de gauche Alberto Fernández a déclenché une nouvelle crise, relève Libération. Inquiets, les habitants stockent des denrées de base ou, s’ils le peuvent, achètent des dollars. [...] Cela peut paraître paradoxal mais c’est ainsi, s’exclame le journal : lorsque leur monnaie chute, les Argentins qui le peuvent acquièrent des dollars, un dispendieux refuge face à un futur incertain. Demain, après-demain, il sera encore plus cher, et avec lui c’est tous les prix qui flamberont : du crédit immobilier, qui a déjà plongé des dizaines de milliers d’Argentins dans la faillite jusqu’au papier toilette. Avec une inflation qui frôle déjà les 50 % annuels, les Argentins n’avaient pas besoin de ça, soupire Libé. Lundi, la main invisible des marchés financiers a violemment souffleté l’économie argentine, la laissant groggy : le peso a été dévalué de près de 30 % en quelques heures seulement malgré un taux d’intérêt rehaussé en catastrophe à 73 %, un piteux record. Les valeurs boursières ont dégringolé de 60 %. »

Affaire Epstein : le scandale s’étend

« Jusqu’au ira l’affaire Epstein ? » Interrogation en Une du Parisien

« La mort en prison du prédateur sexuel présumé a relancé de plus belle le scandale. Un séisme aux Etats-Unis et des répliques en France. [...] Un véritable embrasement planétaire, s’exclame encore Le Parisien, depuis le décès du milliardaire américain dans sa geôle new-yorkaise. Une disparition qui semble même accélérer le cours des investigations et mettre en lumière des personnalités qui jusqu’ici n’apparaissaient que comme des seconds rôles. Aux Etats-Unis, en Angleterre ou en France, les amitiés, les soutiens ou les complicités de Jeffrey Epstein font aujourd’hui l’objet d’intenses recherches. Ce scandale, qui pourrait bien inspirer un jour une production hollywoodienne, n’en est sans doute qu’à ses prémices. »

« Pour ce qui est de la France, pointe Libération, deux suspects français sont mis en cause. Ghislaine Maxwell (qui est aussi citoyenne britannique et américaine), qui fut sa compagne et sa partenaire la plus intime, et Jean-Luc Brunel, ami et patron d’une agence de mannequinat. Selon nos informations, poursuit Libé, la police judiciaire française vient juste d’entamer une coopération avec les autorités américaines à la demande du parquet de Paris. Mais pour l’heure aucune enquête n’a formellement été ouverte. »