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Revue de presse française
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Á la Une: la lutte contre le réchauffement passe par nos assiettes

Par Frédéric Couteau

C’est le constat établi par Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans son dernier rapport. « Pour l’instant, rapporte Le Figaro, l’agriculture parvient à nourrir toute l’humanité. Même si 820 millions de personnes souffrent de malnutrition, 2 milliards d’autres sont en surpoids. Hélas, la superficie des terres dégradées risque de continuer à s’étendre, et les forêts, l’un des poumons de la planète, devraient être moins efficaces à remplir leur rôle de 'puits de carbone'. Selon le rapport du Giec, poursuit Le Figaro, le réchauffement climatique provoque déjà une désertification accrue dans les zones arides. La population affectée atteint environ 500 millions de personnes et elle a augmenté rapidement depuis 1961. De plus, 70% des terres émergées, libres de glace, sont déjà exploitées par l’homme, notamment pour l’agriculture (cultures et élevages, un tiers du total) et les forêts exploitées. (…) Dans ce contexte, préconise le Giec, il faudrait repenser les modes d’alimentation, avec moins de produits animaux (viande, laitage et poisson) consommés dans les pays riches. »

Repenser notre alimentation

« Ça commence dans l’assiette », en effet, s’exclame Libération. « L’alimentation est au cœur de la lutte contre le changement climatique car elle en est à la fois une des principales causes, et en subit durement les conséquences, pointe le journal. Le secteur agricole représente 30% des émissions de gaz à effet de serre et occupe 40% des terres. Des proportions promises à augmenter avec l’amélioration du niveau de vie dans de nombreux pays. En parallèle, chaque degré de réchauffement réduira de 6% les rendements de blé, de 3 % ceux de riz et de soja et de 7 % ceux de maïs. Or ces cultures fournissent deux tiers des apports en calories de l’humanité et les salaires de millions d’individus. »

Résultat, relève Libération : il va falloir « transformer de façon profonde l’agriculture et l’alimentation. » Car, commente le journal, « plus le temps passe, plus les rapports alarmistes s’accumulent, plus l’on réalise que notre avenir dépend d’un véritable changement de société, à engager dès à présent. Il ne s’agit pas seulement de prendre le vélo au lieu de la voiture, ou le train à la place de l’avion, mais de repenser notre vie quotidienne dans laquelle l’alimentation a une place prépondérante. Privilégier les circuits courts, favoriser les légumineuses et les fruits ou légumes du moment, en gros se réaccorder aux saisons et à notre environnement proche, ce qui ne peut pas nous faire de mal. »

Les montagnes fragilisées

Autre conséquence visible du réchauffement climatique : « la montagne ne tient plus debout », constate La Croix.

Exemple, « dans le massif du Mont-Blanc, les écroulements rocheux se multiplient en haute montagne. 'La montagne se fissure, s’effrite. Même les blocs rocheux en granit, matériau pourtant solide, s’écroulent en dizaines ou centaines de milliers de mètres cubes', se lamente un habitant du massif du Mont-Blanc. La cause de ces écroulements ? La fonte du permafrost sous l’action du réchauffement climatique », répond La Croix. Le permafrost était « un sol dont la température se maintient durablement en dessous de 0°C, si bien qu’il joue un rôle de véritable ciment naturel entre les différents pans rocheux. »

En fait, précise La Croix, « l’intérieur de la montagne se réchauffe de 0,15°C par an, soit 1,5°C chaque décennie, ce qui est énorme. Une élévation de température plus rapide que dans l’air, ce qu’on ne sait pas expliquer. »

Alors, « face à ces risques, les aménageurs surveillent de près les refuges et les gares de téléphériques haut perchés. Les 947 éléments d’infrastructure du massif du Mont-Blanc  dont 74% sont des pylônes de remontées mécaniques  implantés sur du permafrost sont auscultés, et leur ancrage est renforcé si nécessaire. (…) De leur côté, les guides de haute montagne adaptent leurs pratiques. » Désormais, la saison d’alpinisme commence plus tôt, en juin-juillet plutôt qu’en juillet-août, afin d’éviter les chutes de pierre.

De moins en moins d’eau…

Enfin, pas très optimiste non plus, ce constat établi par le World Ressource Institute, à propos des ressources en eau de la planète…

« Un quart de la population mondiale frôle la pénurie d’eau, s’exclame Le Républicain Lorrain. Dix-sept pays se rapprochent ainsi dangereusement du 'jour 0'. De la mise au régime sec. L’Inde, par exemple, essuie une crise si aiguë que 21 de ses villes devraient épuiser leurs réserves souterraines d’ici 2020. Comme pour le dérèglement climatique ou les atteintes à la biodiversité, l’homme fait figure de principal responsable, dilapidant la ressource, plutôt cigale que fourmi. »

On revient à La Croix qui relève que « la France se situe en milieu de classement avec un stress hydrique moyen. Mais les 81 départements récemment concernés par des restrictions dans l’usage de l’eau viennent rappeler que la situation hydrique en France est préoccupante. Même chez nous, l’eau est rare, et l’expérience de cette rareté peut être un stimulant pour imaginer un style de vie moins gourmand en eau. L’agriculture, l’industrie, l’urbanisme, le traitement des eaux usées sont concernés au premier chef. Mais c’est aussi toute une culture façonnée par l’imaginaire d’une eau du robinet toujours disponible et abondante qu’il faut travailler pour faire découvrir combien l’eau, si utile, est un bien précieux. »

Plantons des arbres !

Enfin, une note d’espoir : « Pour sauver la planète, plantons des arbres ! »

C’est ce que préconise une équipe de chercheurs de l’université de Zurich, pointe Le Parisien. « D’après leurs calculs, il y a suffisamment de place sur Terre pour planter des arbres capables d’absorber les deux tiers du carbone présent dans l’atmosphère. » Précisément, « 900 millions d’hectares de couverture arborée supplémentaires » suffiraient. « Les gouvernements doivent prendre ceci en compte dans leurs stratégies nationales contre le changement climatique », estiment les chercheurs. « Certains ont déjà pris les devants, relève Le Parisien. Á l’image de l’Éthiopie qui a réalisé le 30 juillet dernier la plantation de 353 millions d’arbres en seulement… 12 heures ! »