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Revue de presse française
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À la Une: la spirale meurtrière aux États-Unis

Par Frédéric Couteau

Les États-Unis ont vécu ce week-end deux tueries de masse, les 250e et 251e depuis le début de l’année. 20 morts dans une fusillade au Texas samedi et 9 morts dans l’Ohio, quelques heures plus tard.

« Oui, le deuxième amendement de la Constitution américaine ( qui autorise tout citoyen à porter une arme ) est une malédiction, s’exclament Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Il vient encore de tuer au Texas et dans l’Ohio. Depuis le début de l’année, il n’est pas une semaine qui se soit écoulée aux États-Unis sans qu’une "tuerie de masse" n’ait eu lieu. 270 tués en 216 jours et 251 fusillades. Sans compter toutes les autres victimes par balles : 8749 depuis janvier. Une hécatombe sans fin. »

Le Courrier Picard s’emporte : « l’abruti fini qui a tué vingt personnes dans un supermarché d’El Paso, aux États-Unis, se serait laissé aller, sur un site d’extrême-droite américain, à qualifier l’attaque de "réponse à l’invasion hispanique au Texas". Il faut déjà avoir une bonne dose de pancakes derrière les oreilles pour sortir des âneries aussi grosses. Mais au pays de Donald Trump, plus rien n’est étonnant. »

La Presse de la Manche s’insurge également : « ce n’est pas par hasard si les tueries sont de plus en plus souvent accomplies par des suprématistes blancs qui visent principalement les gens de couleur. C’est le même combat que celui mené par Donald Trump qui inspire ainsi quelques malades mentaux décidés à faire le ménage à coups de carnages. »

Trump en pompier pyromane

En effet, « cette fusillade soulève une nouvelle fois la question de la régulation des armes à feu, pointe La Croix, dans un contexte où le racisme gagne du terrain. Un racisme que Donald Trump attise par des messages qui nourrissent la peur et la haine de celui ou celle qui fait figure d’étranger. Tout récemment, il invitait encore des élues démocrates aux origines étrangères à "retourner" dans leur pays. Or, relève encore La Croix, plus le sentiment de peur se diffuse, plus les gens cherchent les moyens de se protéger. Et lorsque la possession d’armes se répand, les risques qu’elles soient utilisées augmentent. Enfin, poursuit le quotidien catholique, plus les discours de haine se banaliseront, plus certains esprits faibles se sentiront autorisés à commettre des actes irréparables. Cette spirale infernale ne peut être brisée sans une volonté politique que les choses changent. Elle n’est pas à chercher chez l’actuel président américain qui pense déjà à sa réélection. Le triste compteur du nombre de tueries continuera hélas à tourner. »

La Voix du Nord ne se fait aucune illusion… « On sait d’avance que ce pays continuera d’abriter les plus nombreuses collections d’armes à feu au monde détenues par des particuliers. Il semble que, pour ses habitants, mieux vaut courir le risque que des "psychopathes" s’arment facilement, que de renoncer à un droit constitutionnel et à un élément du folklore national. »

Prise de conscience ?

Toutefois, il y a des frémissements, précise Libération, « l’émotion et la mobilisation inédite consécutives à la tuerie dans un lycée de Parkland, en Floride, en février 2018 ( 17 morts ), ont entraîné de nombreuses évolutions législatives dans le pays. En tout, 26 Etats ont voté 67 nouvelles lois sur les armes l’an passé. Les élections de mi-mandat, en novembre, ont permis l’arrivée au Congrès de figures ayant fait campagne sur le contrôle des armes, et le rejet de candidats soutenus par la NRA ( le puissant lobby américain des armes ). Dans le sillage des deux tueries du week-end, le sujet a occupé l’essentiel des prises de parole publiques des candidats à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2020. "Il est grand temps d’agir et de mettre un terme à cette épidémie de violences liée aux armes", a ainsi tweeté le favori, l’ancien vice-président Joe Biden. »

Les Hongkongais face au rouleau compresseur chinois

À la Une également, « à Hongkong, le bras de fer avec Pékin se durcit » : c’est le grand titre du Figaro.

« Un appel à la grève générale a été lancé pour ce lundi, alors que la violence n’a cessé de monter ces quinze derniers jours entre les manifestants et la police. »

Commentaire du Figaro : « on les croyait résignés, ces Hongkongais courbant l’échine sous le poids du géant continental. On les disait matérialistes, avant tout préoccupés de leurs affaires et leur prospérité. Ils montrent au monde qu’il n’en est rien. Qu’ils sont prêts à se battre pour leur identité, leurs droits, leur liberté et celle de leurs enfants. Et qu’eux - eux seuls, presque - osent résister au rouleau compresseur chinois. (…) Pour Xi Jinping, le camouflet est sévère, poursuit Le Figaro. Celui qui prétend régner d’une main de fer sur 1,4 milliard de sujets se voit défié par 7 millions de Hongkongais. Trop sûrs de leur puissance, les dirigeants communistes ont fait une erreur de calcul, au risque de perdre la face… »

Epatant Zapata !

Enfin, en France, l’homme volant a réussi son pari !

« Franky Zapata a donc réussi à traverser la Manche en une vingtaine de minutes, à bord de cette machine un peu folle propulsée par cinq mini-turboréacteurs, constate Le Journal de la Haute-Marne. L’ancien champion de jet-ski a su capitaliser, entre autres, sur l’engouement suscité le 14 juillet. Son vol au-dessus des Champs-Élysées est en effet l’événement dont se rappelleront encore longtemps nombre de Français. »

« Pour l’heure, l’invention de notre Géo Trouvetou national est une aberration écologique réservée à des athlètes affûtés, pointe Le Parisien. Mais depuis hier, l’homme volant n’est plus un fantasme de science-fiction. Le fabuleux vol de Franky Zapata nous a redonné le droit de rêver. Une grande bouffée d’air dans un monde asphyxié par le pessimisme. »

En effet, renchérit Le Midi Libre, « au-delà de la prouesse technologique, son exploit fascine. Il nous fait un bien fou au moral en cet été marqué par les incendies criminels, la violence des Black blocks et autres fusillades meurtrières. Avec une stupéfiante décontraction, notre James Bond de la Canebière ouvre la voie au plus vieux rêve de l’homme : tutoyer les nuages, se promener dans les airs. Aussi libre qu’un oiseau, ce dieu du ciel vient de rendre nos vacances un peu plus légères. »