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Pourquoi la Banque centrale européenne est prise entre deux feux

Par Dominique Baillard

Au moment où réapparaissent des risques de ralentissement de l’économie européenne, une fois encore tous les espoirs de rémission reposent au siège de la banque centrale européenne à Francfort, où a lieu ce matin un conseil des gouverneurs très attendu par les marchés.

Cela fait des semaines que les investisseurs, les banquiers spéculent sur ce qui va sortir de cette réunion. Certains attendent un nouveau message magique de Mario Draghi. L’Italien qui arrive au terme de son mandat va-t-il trouver une nouvelle formule pour soutenir la croissance avec des mécanismes de plus en plus complexes, car avec des taux au niveau plancher, la BCE n’a plus guère de marge de manœuvre ? D’autres sont persuadés que la sagesse impose de reporter toute décision à septembre. Agir précipitamment serait reconnaitre que cela va mal. Pas très bon pour le moral des affaires. Et surtout, disent les prudents, la BCE a intérêt à se prononcer après la Fed.

La banque centrale des États-Unis se réunit la semaine prochaine, pour annoncer une baisse de ses taux

Cette décision on en parle depuis des mois. Ce serait une première depuis dix ans. Très controversée parce que le baromètre est au beau fixe aux États-Unis. C’est même le seul pays où l’économie se porte bien. Jamais les États-Unis n’ont connu une aussi longue période d’expansion économique. Mais il y a les tensions commerciales qui menacent ce bel équilibre et les tensions monétaires qu’attise maintenant Donald Trump.

Il n’arrête pas de faire pression sur la Fed pour qu’elle abaisse fortement son taux directeur, ce qui fera immédiatement baisser le dollar. Par ricochet, les autres monnaies, dont l’euro, en seront renforcées. Voilà ce que redoute la BCE. Si l’euro remonte trop vite, c’est mauvais pour les exportations européennes. Annoncer aujourd’hui un soutien à l’économie, c’est prendre le risque de voir ces mesures réduites à zéro par la décision de la Fed.

La BCE cherche-t-elle à faire baisser l’euro comme Donald Trump l’en a accusé ?

Manipuler le cours de la monnaie n’est pas dans son mandat ni dans celui de la Fed ou d’une autre banque centrale. Le rôle des grands argentiers est plutôt de préserver la stabilité des changes. Mais étant donné qu’ils mènent tous en ce moment des politiques accommodantes pour soutenir l’économie, ils contribuent de fait à l’affaiblissement de leur monnaie. Si le billet vert est aujourd’hui la devise la plus forte sur le marché des changes, cela reflète aussi la bonne santé de l’économie américaine. De quoi énerver un peu plus un Donald Trump, persuadé que le monde entier est ligué contre le billet vert. D’après lui, un taux de change plus avantageux suffit à rétablir positivement la balance commerciale des États-Unis. Une idée fausse selon les économistes. Cela ne changerait pas durablement la structure de la balance américaine.

En fait, toutes les zones monétaires caressent cette tentation d’une monnaie faible, mais un seul pays a vraiment les moyens de mener une guerre des monnaies. Et ce sont les États-Unis. Sans même passer par le canal de la Fed. Si le Trésor venait à vendre massivement du dollar, la guerre des monnaies serait bel et bien déclarée. Une perspective lointaine, mais quand même un nouveau foyer de tension qui couve. De quoi compliquer un peu plus l’action des banquiers centraux en général, et de Mario Draghi en particulier.

 

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