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La fête nationale des robots

Par Dominique Desaunay

Des mini-drones de 33 grammes font partie des cortèges du 14-Juillet cette année. Malgré leur apparente fragilité, ces micromachines volantes, coûtant 40 000 euros pièce, ne sont en rien des gadgets ! Bardés de capteurs, thermique, chimique, et de trois caméras en haute définition, les soldats qui en sont équipés peuvent mener leurs opérations de reconnaissance à distance et en toute discrétion, dans des zones potentiellement dangereuses.

Cette année, les cérémonies du 14-Juillet en France mettent à l’honneur l’innovation technologique qui a été érigée au rang de priorité par la Loi de programmation militaire 2019-2025. Le ministère des Armées soutient plus de 60 projets high-tech portés par des petites et moyennes entreprises. Afin d’identifier les innovations civiles les plus intéressantes pour des usages militaires et à accélérer leur intégration dans les équipements futurs ou existants, le ministère a mis en place une agence gouvernementale dénommée Innovation Défense Lab. Mais précisons que tous ces projets ne sont pas forcément de conception française. C’est le cas du petit drone d’origine norvégienne équipant désormais les fantassins qui a été mis au point par la société Prox Dynamics, filiale aujourd’hui à 100 % du groupe américain Flir.

L’allure fragile de ces joujoux guerriers pesant seulement 33 grammes n’enlève rien à leurs performances aériennes remarquables. Surmonté d’une hélice de 17 centimètres de diamètre, l’engin est le champion du rase-mottes, capable d’évoluer à 10 mètres au-dessus du sol, de se faufiler entre les gouttes sous une faible pluie et d’affronter sans broncher un vent de 10 m/s. Sa vitesse de pointe est de 21 km/h, sa batterie électrique lui assure 25 minutes d’autonomie et permet à ce frelon militarisé de parcourir jusqu’à 2 km de distance.

« Drones opérationnels de poche »

Ultra silencieux, il comprend trois caméras de haute définition dont l’une, amovible, se remplace par un modèle infrarouge pour « voir » dans la nuit. Des senseurs de produits chimiques parachèvent le dispositif afin de repérer des charges explosives qui seraient dissimulées sur le terrain. L’appareil se pilote à travers un écran à l’aide d’une télécommande, par une liaison radio sécurisée qui est insensible au brouillage ou au piratage. Pour obtenir ces « drones opérationnels de poche » qui répondent au nom de Black Hornet 3e version, la Grande Muette a conclu un contrat avec l’entreprise américaine d’environ 77 millions euros.

Enfin remarquons que si les robots tueurs et autres « Terminators ne défilent pas au 14-Juillet », comme le promettait récemment sur Twitter Florence Parly, la ministre des Armées, les machines intelligentes d’assistance militaire, elles, sont bien présentes dans les cortèges cette année. Et sans que l’on puisse les remarquer, certainement les nouveaux drones de poche de l’armée française qui sont, en ce jour de fête nationale, affectés à une nouvelle mission de terrain : celle de veiller discrètement à la sécurité des tribunes officielles, sur les Champs-Élysées.

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr