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«Diasporas africaines» à l'Élysée: «Un coup de com du président français»

Par Carine Frenk

Emmanuel Macron devant les diasporas africaines de France dans la salle des fêtes du palais de l'Élysée. Le président français et son homologue ghanéen Nana Akufo-Addo qui était en visite à Paris, se sont prêtés à un échange de deux heures avec environ 350 représentants de ces diasporas, des entrepreneurs, des membres d'associations, mais aussi des célébrités invitées à réinventer le lien avec le continent. La Camerounaise Lady Ngo Mang Epesse vit en France depuis 20 ans. Cette chercheuse en droits des femmes, conférencière, femme de médias, est l’invitée de RFI.

RFI : Quel est votre sentiment général à l’issue de ce rendez-vous ?

Lady Ngo Mang Epessé : C’est 50-50. Je trouve que c’est une excellente chose que cela puisse avoir lieu, il n’y en avait pas encore eu, en tout cas, en direction de la diaspora africaine, ici, en France en l’occurrence. Maintenant, je suis restée sur ma faim, parce que dans un format comme celui-là, bien évidemment, on écoute plus que l’on ne peut prendre la parole. Finalement, cela aura plutôt servi pour le président Macron, qui a initié cette rencontre, d’un coup de Com’ bien plus qu’un espace de prise de parole pour la diaspora africaine qui a été conviée à cela. Et cela est dommage parce qu’on a des choses à dire et il faut bien pouvoir le faire à un moment ou un autre plutôt que de donner la réplique ou de servir comme au théâtre, un peu, on a le premier rôle et les figurants. C’est frustrant.

Et quand vous dites coup de Com’, c’est-à-dire que vous avez trouvé que le rendez-vous était trop cadré, trop encadré ?

Quand on regarde le casting, le profil des personnes qui étaient conviées, en tout cas celles qui ont pu prendre la parole, cela laisse à voir une diaspora qui en veut, une diaspora de leader, ce qui est excellent soit dit en passant, mais ce qui, d’autre part, ne représente malheureusement pas toute la diaspora africaine. Et quitte à faire du casting, autant s’assurer que tous les profils non seulement sont présents, mais aussi prennent la parole et puissent exprimer les revendications, les questions, les préoccupations qui sont les leurs. Parce qu’autant il y a des personnes déjà en entreprise, autant il y a des étudiants, mais il y a encore d'autres profils qui sont présents et qui sont certainement les plus nombreux.

Et ce sont d’ailleurs surtout les questions économiques et commerciales qui ont été évoquées, pas trop de politiques en tant que telles ?

N’oublions pas que le président Macron a été aux Finances et que c’est ce qu’il y a aussi, et peut-être surtout, dans son ADN. Donc, d’aborder ces questions d’entrepreneurs, économiques, c’est peut-être ce par quoi il pense pouvoir avoir un levier pour pouvoir rabibocher ce qui est vilainement désigné comme la Françafrique. Et donc cela n’a pas laissé la place à des questions qui fâchent. On a pu voir même sur les réseaux sociaux remonter ces questions-là justement. Tout le monde les connaît. En tout cas, au regard de tous ces éléments-là, on peut se dire que c’était du cadrage, mais peut-on éviter le cadrage quand on fait une rencontre ? Je ne sais quoi en dire. La frustration demeure pour ma part en tout cas.

Et quand il parle de nouveaux partenariats avec l’Afrique, vous y croyez ?

Vous savez le lion reste un lion, il rugit toujours quoi qu’il dise, quoi qu’il promette.

Vous attendez des actes ?

Des actes, des résultats et à ce moment-là, on pourra en reparler.

Et les deux chefs d’État alors, comment vous les avez trouvés ? Convaincant ?

Les chefs d’État, c’est leur profession que d’être cohérent au moins dans ce qu’ils disent, convaincant pour ceux qui les écoutent, c’est tout autre chose. J’ai trouvé le président Nana Akufo-Addo un peu moins offensif que quand il joue à domicile, mais peut-être que c’était une manière pour lui d’être, on va dire, poli.

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