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RDC: il faut accélérer la lutte contre l’impunité au Kasaï, pour les experts de l'ONU

Par Alexandra Brangeon

Les experts de l’ONU Bacre Waly Ndiaye et Sheila Keetharuth ont présenté leur rapport final sur la situation au Kasaï en République démocratique du Congo, devant le Conseil des droits de l’homme ce mardi 9 juillet. À la suite de huit mois de présence au Kasaï et de trois visites d’experts effectuées en RDC depuis novembre 2018. Ils constatent notamment que le phénomène de réduction en esclavage de femmes et d’enfants par les miliciens Bana Mura dans le territoire de Kamonia perdure. Bacre Waly Ndiaye est au micro d'Alexandra Brangeon.

RFI : Dans le rapport que vous présentez avec votre collègue sur la situation au Kasaï, vous constatez que les conditions sur le terrain se sont améliorées, mais que la violence perdure et notamment le phénomène d’esclavage de femmes et d’enfants par les miliciens ?

Bacre Waly Ndiaye : Effectivement, la violence a énormément diminué au Kasaï, bien que les phénomènes de milice continuent à exister. Et en nous rendant sur place, nous nous sommes rendu compte qu’un nombre de femmes s’est échappé avec leurs enfants, des fermes, des femmes lubas qui étaient tenues en esclavages par des milices Bana Mura, de l’ethnie Tchokwé ou Pembe surtout dans le territoire de Kamonia. On a vu qu’il y avait encore plus de femmes qu’on ne le pensait. Pour ces victimes, nous avions déjà appelé depuis mars 2018 à la libération immédiate, et jusqu’à présent nous avons à déplorer qu’il n’y ait pas eu d’action pour libérer ces femmes.

Alors, un problème s’ajoute à ce phénomène d’esclavage, c’est le problème du désarmement des milices qui selon vous est encore partiel.

Effectivement, à l’annonce de l’élection du président Tshisekedi qui est originaire du Kasaï, la plupart des miliciens de Bana Mura ont senti que leur révolte contre l’État était plus difficile à justifier. Donc ces miliciens se sont spontanément désarmés, mais ce désarmement d’abord n’est pas accompagné, parce qu’on n’a pas prévu comment les réintégrer, et d’autre part il ne concerne que ces milices Kamina Nsapu et pas d’autres milices encore. Ce qui fait qu’il y a une chance que ce mouvement de désarmement spontané se transforme en politique de désarmement en compagnie et je pense que la Monsuco s’y attèle.

Alors justement vous reconnaissez que des efforts ont été fait pas les autorités locales pour lutter contre ces violences, mais qu’il y a encore beaucoup d’autres efforts plus importants, lesquels ?

Nous avons constaté d’abord qu’en tenant un atelier à Tshikapa avec les auditeurs militaires du Kasaï nous avons constaté que les juges militaires ont une excellente connaissance juridique concernant les crimes internationaux. Ils ont en plus une expérience parce que ces autorités viennent du Kivu, où elles ont eu à poursuivre des crimes de même nature. Mais ce que nous voyons c’est qu’en dépit de cette compétence qui leur a permis de déterminer un certain nombre de ces éléments clés pour mettre fin à l’impunité par des poursuites judiciaires, d’abord les efforts sont ciblés essentiellement sur les meurtres des deux experts de l’ONU du Conseil de sécurité madame Zaida Catalan et Michael Sharp et comme il y a très peu d’auditeurs militaires et bien les autres procès n’ont pas encore été tenus. Dans la douzaine de cas qui ont été retenus, jusqu’à présent on n’a pas encore un seul verdict. Donc nous avons appelé à ce que cette absence de ressources humaines, financières et matérielles, qui empêche les tribunaux et parquets de remplir efficacement leurs missions, soit adressée aussi bien par le gouvernement congolais que par la communauté internationale.

Et donc il y a urgence à accélérer la lutte contre l’impunité ?

Tout à fait, nous avons organisé un Kananga un atelier qui nous a permis de voir avec les chefs traditionnels, avec l’université, avec la police armée, la société civile, les organisations de femmes, qu’il y avait un besoin pour les kasaiens de parler de ce qui s’est passé, de reconnaitre les victimes, de leur apporter un secours et d’organiser une réconciliation qui aurait un sens pour elle. Cette réconciliation est aussi doit débuter par le fait qu’elle ne combattants venaient des communautés. Donc il faut renforcer les communautés pour leur permettre de leur offrir des possibilités réintégration réelle. Pour que ces faits aient un sens il faut que les victimes soient consultées et aider ces victimes à retrouver les moyens de leur autonomie, parce qu’elles sont pour le moment abandonnées à elles-mêmes.

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