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Sommet extraordinaire de l'UA: l'intégration économique continentale en question

Par Stanislas Ndayishimiye

Un « sommet extraordinaire de l’Union africaine » va célébrer ce week-end à Niamey, la capitale du Niger, l’entrée en vigueur du traité instituant la ZLECAf, la Zone de libre-échange continentale africaine. Elle est d’ores et déjà au centre de débats, comme celui organisé mardi à Paris par le Groupe Initiative Afrique. Les milieux économiques sont partagés entre ceux qui s’attendent à une accélération rapide de la croissance et ceux qui doutent de la réussite du projet à court et à moyen terme.

Vieille d’une trentaine d’années, l’idée d’une intégration économique continentale se réalise avant que les conditions de sa réussite ne soient réunies, selon les économistes critiques. D’autres considèrent que faciliter le commerce entre les pays africains est une bonne chose, qui signifie : augmentation de la taille des marchés pour les entreprises. Mais il faudra du temps pour que l’impulsion de la zone de libre-échange sur la croissance du continent soit palpable.

« Il y a un pas entre l’objectif et sa réalisation », dit Falilou Fall, économiste à l’OCDE en charge de l’Afrique du Sud. « Il y a beaucoup de difficultés liées à des barrières politiques, des barrières de gouvernance, des barrières d’efficacité des douanes, des zones commerciales, etc. Il y a des enjeux de définition des règles et de leur mise en œuvre. Il y a également des enjeux d’infrastructures, de logistique, qui aujourd’hui constituent beaucoup d’obstacles au développement du commerce régional et interrégional au sein du continent. »

Une idée prometteuse ?

Ces contraintes ne vont pas disparaître d’un coup. L’évolution positive est déjà très lente à l’intérieur de chacune des 5 à 6 organisations économiques régionales. « La zone de libre-échange mettra du temps à se mettre en œuvre, mais petit à petit elle se fera », ajoute-t-il confiant.

La zone de libre-échange continentale est tout de même une idée prometteuse, résume l’économiste. L’objectif est de supprimer à terme les droits de douane sur 90 % des produits transformés en Afrique. Mais les sceptiques relèvent l’incapacité des pays du continent à mettre en application les décisions qu’ils prennent. À l’image de la filière cotonnière. Les pays producteurs, qui transformaient 3 % de la récolte globale en 2003, se sont fixé l’objectif d’atteindre 25 % en 2010.

« Aujourd’hui, on est toujours au même niveau de 3 %, parce qu’il y a des préalables pour pouvoir aller à une transformation », expliqueHamane Baba Arby, négociant dans la filière et directeur Afrique de Violar S.A.« D’abord, il faut un cadre attractif et deuxièmement, il faudrait que nos modèles économiques changent. Parce qu’aujourd’hui, le modèle économique de tous les États est basé sur la fiscalité des ports, c’est-à-dire les droits des douanes, les taxes et autres. On ne peut pas concevoir développée une industrie et vouloir en même temps mettre la pression pour qu’il y ait des taxes et des droits de douane. Ça veut dire qu’on encourage l’importation. »

Le manque d’industries de transformation et le manque d’infrastructures adéquates à l’intérieur du continent sont parmi les principaux freins à une impulsion de la zone de libre-échange africaine qui vient de naître.

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