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L’art IA robotisé

Par Dominique Desaunay

Présentée comme « la première artiste robot humanoïde ultra réaliste au monde » la machine Ai-Da expose ses premières œuvres dans les galeries d’une université du Royaume-Uni. Avant même d’être exposés, ses peintures, dessins, sculptures se sont arrachés à prix d’or, rapportant ainsi à son propriétaire, près d’1,2 million de dollars.

Alors ! C’est de l’art ou du cochon ? Eh bien non, messieurs dames ! C’est du robot ! Que ce soit pour la musique, la peinture ou l’écriture, les programmes d’intelligence artificielle font leur nid dans le domaine des arts.

Certains en tant que simples assistants de création, d’autres, plus sophistiqués se substituent en toute autonomie, pour le meilleur comme pour le pire, aux artistes. Ai-Da, le premier humanoïde féminin à la fibre artistique en fait la démonstration, jusqu’au 6 juillet, dans une exposition intitulée « futurs incertains », à l’université d’Oxford, au Royaume-Uni.

Le nom de l’humanoïde à l’allure ultra réaliste est une référence à la pionnière de l'informatique britannique Ada Lovelace. Son inventeur et galeriste se nomme Aidan Meller, c’est lui qui a supervisé toute la conception de la créature mécatronique avec l’aide des ingénieurs de l’université de Leeds chargés de mettre au point les bras articulés de la machine. Le cerveau électronique et les programmes d’intelligence artificielle de cette artiste cybernétique ont été développés par son créateur et les étudiants roboticiens d’Oxford. Son apparence humaine a été peaufinée par l'entreprise « Engineered Arts » qui excelle dans ce type d’ouvrage.

La « robote » est dotée de caméras qui sont logées dans ses yeux et d’un système de synthèse vocal lui permettant de converser avec son entourage. Aussitôt conçue, elle a généré ses premières œuvres, soit depuis février 2019, huit dessins, vingt peintures, quatre sculptures et deux vidéos.

Toutefois, Ai-Da manque encore de technique, elle se limite pour l’instant à la peinture et au dessin et fait appel à ses assistants humains qui travailleront, mais selon ses indications, la matière brute des sculptures qu’elle a imaginées. Qui touche les droits d’auteur ? L’androïde ? Son propriétaire ou les roboticiens qui ont conçu le système s’interrogeaient certains critiques d’Art au vernissage de l’exposition « futurs incertains ».

D’autres restaient dubitatifs quant à la véritable valeur marchande ou artistique que l’on pouvait attribuer à ces œuvres générées par une machine. « Nous voulions explorer les usages et les abus de l’IA aujourd’hui, parce que nous sommes préoccupés par les questions éthiques qu’elle pose », se défend Aidan Meller.

Un débat qui risque bientôt de s’envenimer avec l’évolution rapide des technologies du numérique, quand les robots remplaceront de jeunes créateurs au cœur même de leur atelier. Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr