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Revue de presse française
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À la Une: traitement de choc pour l’assurance-chômage

Par Frédéric Couteau

« Après des mois de travail et alors que le chômage a rarement été aussi bas dans notre pays, le Premier ministre, Edouard Philippe, et Muriel Pénicaud, sa ministre du Travail, ont enfin dévoilé, hier à Matignon, leur plan pour réformer en profondeur les règles de l’assurance chômage, pointe Le Parisien. Destinée à faire baisser le chômage mais aussi à économiser 3,4 milliards d’euros en trois ans sur les comptes de l’Unédic, la première grande réforme sociale de l’acte II du quinquennat suscite, à peine née, de vives réactions. »

En effet, relève Le Parisien, « la potion est jugée amère tant par le patronat que par les syndicats, qui avaient échoué en mars à trouver un accord sur ce chantier miné. Le patron des patrons, Geoffroy Roux de Bézieux, fustige des mesures "inefficaces" qui renvoient à une "vision punitive" de l’économie, quand Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, vilipende des dispositions "profondément injustes et extrêmement dures". »

« Ces réactions courroucées ne sont pas surprenantes, estime pour sa part Le Figaro. Avec cette réforme, qui sera mise en œuvre par décret cet été, le gouvernement affiche un objectif désormais connu : lutter contre la précarité de l’emploi et encourager les individus à retourner plus rapidement sur le marché du travail en vue de lutter contre le chômage de masse. »

Mesures drastiques

Exemple, pointe Le Figaro : « le tour de vis sur les règles d’indemnisation. À partir de novembre, il faudra avoir cotisé 6 mois dans les 2 dernières années, contre 4 mois dans les 28 derniers mois auparavant, pour être indemnisé. L’Etat compte ainsi économiser 2,8 milliards d’euros entre 2019 et 2021. Par ailleurs, poursuit Le Figaro, 700 millions d’euros d’économies seront réalisés grâce à la révision de la ­méthode de calcul de l’indemnisation, en mettant fin à la possibilité de disposer d’une allocation mensuelle supérieure au salaire moyen net perçu avant son inscription à Pôle emploi. Enfin, relève encore le journal, il y a la dégressivité sur l’indemnisation des cadres (réduction de 30% de l’allocation au bout de 6 mois d’indemnisation) qui gagnaient plus de 4 500 euros brut mensuel avant de perdre leur emploi. Sensible, cette mesure qui devrait concerner 80 000 chômeurs rapportera 210 millions d’euros… »

« Côté entreprises, précise de son côté Libération, une taxe forfaitaire de 10 euros s’appliquera pour chaque CDD d’usage, un type de contrat particulièrement précaire. Enfin, un système de bonus-malus sera instauré dans sept secteurs représentants à eux seuls 34 % des ruptures de contrat de travail, tels que le transport, l’hébergement et la restauration, l’industrie alimentaire ou le travail du bois - mais pas le BTP. »

Big-bang !

Si les syndicats sont critiques, les commentateurs sont partagés…

« Un big-bang sur le dos des chômeurs », s’insurge L’Humanité. « Cette réforme aggraverait la situation des salariés déjà durement touchés par le fléau du chômage ou par la précarité chronique. C’est indigne d’un gouvernement se disant progressiste ! Comment qualifier autrement le fait de présenter des mesures qui aboutiront à une régression sociale et humaine généralisée comme une réforme ? »

« Le gouvernement a frappé fort et tous azimuts dans son projet de réforme de l'assurance chômage, constate L’Alsace. Cette méthode, que certains jugeront brutale quand d’autres y verront un juste rééquilibrage au regard de la situation économique du pays, présente cependant le risque d’accroître un peu plus la fracture sociale au détriment des personnes déjà en situation de grande précarité. L’exécutif devra être vigilant sur ce point. »

Les partenaires sociaux incapables de se mettre d’accord…

« Et ce qui devait arriver arriva, s’exclame Le Républicain Lorrain. Faute d’un accord, en février, entre les partenaires sociaux, l’État débrouille seul l’avenir de l’assurance chômage. Voilà donc l’affaire entendue. Le vilain coup de canif dans le contrat social se solde par un sérieux tour de vis dans les dispositifs d’indemnisation. »

En effet, estime La Montagne, « la première responsabilité incombe aux partenaires sociaux. Ils ont été à peu près incapables de redresser les comptes et ils n’ont pu se mettre d'accord sur ce dossier qui relève normalement du paritarisme, obligeant le gouvernement à prendre la main. Et la main tombe, l’exécutif vient de frapper fort. »

Enfin, pour Les Echos, « des économies sont inévitables et elles font par définition mal. Le gouvernement est fondé à revoir les règles qui ont favorisé les contrats courts, tant pour les employeurs que les employés. En revanche, estime le quotidien économique, les modalités - pas le principe - de la mise à contribution des cadres et le silence sur le régime (très avantageux) des intermittents du spectacle sont regrettables. »

Le Qatar accusé de corruption

A la une également, les soupçons de corruption généralisée dans le sport…

« Doha mouillé : le Qatar en première ligne », titre Libération. « La procédure ouverte en 2016 par le Parquet national financier, dans laquelle Michel Platini a été placé en garde à vue hier, met en lumière le système d’attribution des grandes compétitions sportives. L’émirat s’y distingue particulièrement. » En effet, précise Libé, « le Qatar, qui organisera cette année les championnats du monde d’athlétisme et en 2022 la Coupe du monde de foot, est au cœur de deux enquêtes, ouvertes pour des soupçons de corruption qui lui auraient permis de rafler la mise. »

La Charente Libre n’y va pas avec le dos de la cuillère : « première Coupe du monde en hiver, l’édition qatarienne ne quitte plus le mode crise. 18 des 22 votants de 2010 ont pris un carton rouge. Ce qui paraissait incongru à l’époque, relève aujourd’hui d’un absurde total. Le Qatar a réduit ses ouvriers à l’esclavage pour construire des stades climatisés appelés à abriter des spectateurs sortis du désert. Son équipe de foot est nulle. Ne lui reste, conclut le quotidien charentais, que l’arrogance de sa richesse pour essayer de nous vendre la dernière escroquerie du sport mondial. »

Le transport des troupes françaises en Afrique : un marché opaque

Enfin, à lire cette enquête du Monde intitulée : « comment l’incurie de l’armée met en danger les forces spéciales françaises ».

L’armée qui « a recours, précise le journal, à des sociétés privées, au passé parfois trouble, pour acheminer ses soldats en Afrique. En fermant les yeux sur les conditions de sécurité et la confidentialité des missions. »

En effet, pointe encore Le Monde, « faute de disposer de suffisamment d’avions, de ne posséder aucun gros-porteur et pas assez de petits aéronefs, l’armée française recourt dans le cadre des opérations Barkhane et Sabre à un marché opaque de la location et nourrit un marché discret, mais juteux. Pour ces contrats d’externalisation, elle fait fi des procédures de marchés publics sur les vols entre pays du Sahel et semble fermer les yeux sur un certain nombre d’ano­malies dans la passation et l’exécution des prestations. Et ses prestataires s’en accommodent volontiers. »