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Autriche: l'Ibizagate continue de secouer le pays

Par Isaure Hiace

Publiée le 17 mai dernier par des médias allemands, la vidéo à l’origine de l’Ibizagate a provoqué la chute du gouvernement autrichien, alliance entre l’extrême droite et les conservateurs qui dirigeait le pays depuis décembre 2017. Cette vidéo continue d’avoir des conséquences en Autriche, un mois après sa diffusion.

Cette vidéo a été tournée en caméra cachée sur l’île espagnole d’Ibiza en juillet 2017, soit trois mois avant les élections législatives qui porteront au pouvoir les conservateurs de l’ÖVP et l’extrême droite du FPÖ. Sur cette vidéo, on voit Heinz-Christian Strache, alors chef du FPÖ, être prêt à offrir à une pseudo nièce d’oligarque russe des marchés publics en échange de financement occulte. La vidéo est accablante pour Heinz-Christian Strache qui a dû démissionner de ses postes de vice-chancelier et de chef du FPÖ.

Quelques jours plus tard, son partenaire, le chancelier conservateur Sebastian Kurz, est à son tour renversé par une motion de censure. Si elle a balayé en quelques jours l’ancien gouvernement, la vidéo n’a pas fini de faire parler d’elle. Ce lundi, Sebastian Kurz a en effet convoqué une conférence de presse pour expliquer que des emails frauduleux circulaient. Des courriels qui lieraient son parti, l’ÖVP, à cette fameuse vidéo d’Ibiza.

Sebastian Kurz et son parti dénoncent de faux courriels

L’ÖVP n’a pas voulu divulguer le contenu de ces courriels pour ne pas, dit-il, propager de mensonges. Le parti a fait examiner les emails par un cabinet de conseil, qui a en effet relevé de nombreuses incohérences, notamment de dates. Voilà pourquoi Sebastian Kurz a dénoncé « un scandale de falsification ». Son ancien partenaire, le FPÖ, juge pour sa part « bizarre » cette conférence de presse qui vise, selon le secrétaire général du parti, à démentir quelque chose que personne n’a encore vu. Le parti d’extrême droite tente lui de faire oublier cette vidéo et de se remettre en ordre de bataille à seulement 3 mois des élections législatives anticipées. Et le parti a de quoi se rassurer : il semble en effet ne pas avoir trop souffert de l’ibizagate puisqu’il est actuellement donné en 3e position dans les sondages, avec environ 20% des intentions de vote.  

Heinz-Christian Strache a dû renoncer à son mandat européen pour ne pas nuire à l’image du parti

Heinz-Christian Strache pouvait siéger au Parlement européen grâce au « vote direct » des électeurs qui ont été 45 000 à voter pour lui personnellement lors des élections européennes. Depuis, il entretenait le mystère sur son choix d’accepter ou non ce mandat, mais a finalement annoncé ce lundi qu’il y renonçait. Le FPÖ, quelque peu embarrassé par ce vote direct des électeurs après l’Ibizagate, ne souhaitait pas le voir accepter, question d’image. D’autant qu’Heinz Christian Strache est visé par une enquête judiciaire en raison des propos qu’il tient dans la vidéo. Sa carrière politique n’est toutefois pas terminée. Il a en effet laissé entendre qu’une fois réhabilité, il reviendrait. Peut-être pour les élections municipales de Vienne, prévues l’an prochain.

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