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Le pape François souhaite que l'Église s'intéresse à l'Amazonie

Par Éric Senanque

Le synode des évêques sur l’Amazonie se déroulera au Vatican dans quatre mois. Des prélats du monde entier, mais surtout d’Amérique latine seront présents pour plancher sur la protection de la forêt la plus grande de la planète et de ses habitants, aujourd’hui menacés. L’Église, à la demande du pape François va donc mettre l’Amazonie sur le devant de la scène. Le document de travail de ce synode sur cette région du monde a été rendu public hier ; l’une des nouveautés dans ce texte est que l’Église devrait plancher sur l’ordination d’hommes mariés.

Cela fait maintenant plusieurs années que ce sujet fait débat dans l’Église, mais l’Amazonie vient poser la question avec une nouvelle vigueur. En effet, la réalité amazonienne est celle d’une zone où certaines communautés autochtones vivent très isolées, comme dans l’immense Brésil, et l’Église peine à trouver des vocations pour faire son travail d’évangélisation. Ainsi est-il écrit noir sur blanc dans ce document de travail du synode que « pour les zones les plus reculées de la région amazonienne la possibilité d’ordination sacerdotale d’anciens, de préférence autochtones, respectés et acceptés par leur communauté, soit étudiée ». Si cela était le cas, l’ordination d’hommes mariés par l’Église catholique latine   les Églises orientales l’autorisent   serait une première et pourrait même faire tache d’huile, car de nombreuses contrées dans le monde, marginalisées sont marquées par un manque de prêtres.

On peut d’ores et déjà dire que ce synode sur l’Amazonie est une sorte de « laboratoire » sur les évolutions futures de l’Église catholique en général. Devant des évêques brésiliens en 2013, le pape François avait d’ailleurs expliqué que l’évangélisation de l’Amazonie était « un banc d’essai » pour l’Église et la société tout entière.

L’occasion pour l’Église de se pencher sur les dévastations que subit cette région

Les titres des chapitres du document de travail du synode sont sans ambiguïté : « le cri de la terre et des pauvres » ou encore « la destruction extractive ». Les Églises locales qui ont été consultées pour préparer ce texte évoquent l’Amazonie comme une « beauté blessée ». Les ravages sont nombreux, note le texte : la déforestation, la pollution des sols et des rivières, tout cela au nom de la rentabilité économique et au détriment des communautés indigènes.

À travers ce document préparatoire du synode, l’Église veut se faire la voix des sans voix, des défenseurs de la biodiversité qui se font assassiner, des enfants atteints de maladies en raison de la pollution ou des femmes exploitées sexuellement dans cette région de l’Amazonie. Ce document rappelle que le réchauffement climatique accéléré par la coupe de la forêt amazonienne est une catastrophe pour cette réserve de biodiversité mondiale. À 40% de déforestation de l’Amazonie on atteindrait un point de non-retour, selon le texte. Nous en sommes actuellement entre 15 et 20%.

Un texte aux notes plus positives qui rappelle l’importance de s’inspirer de l’Amazonie

C’est un message que veut faire passer l’Église à travers ce synode : l’Amazonie et ses peuples menacés ont beaucoup à nous apprendre. Le pape François l’avait déjà théorisé dans son encyclique Laudato Si en 2015 : tout est lié, le lieu de vie, notre rapport à la nature, la manière dont nous consommons et tissons nos relations avec nos semblables. L’Amazonie est sans doute l’un des lieux sur la planète où l’on ressent le plus ces équilibres et leur fragilité.

Ce document de travail du synode rappelle que les communautés indigènes connaissent l’Amazonie depuis des millénaires, ils prennent soin de la terre, de l’eau et de la forêt et il faut s’inspirer de leur sagesse. Il est nécessaire de respecter leurs coutumes locales, comme leur médecine traditionnelle. « Les rituels et les cérémonies autochtones sont essentiels à la santé intégrale parce qu’ils intègrent les différents cycles de la vie humaine et de la nature », peut-on lire dans ce texte. L’Église est appelée à plus d’inculturation, à mieux comprendre cette réalité pour avoir, comme le souhaite le pape François, un vrai « visage amazonien ».  

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