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Revue de presse française
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À la Une: l’opération secrète de retour en France des enfants de jihadistes

Par Norbert Navarro

C’est le quotidien Le Parisien qui la relate par le menu. Vendredi 7 juin, il y a un peu plus d’une semaine donc, douze enfants de jihadistes français ont été « récupérés » en Syrie et rapatriés lors d’une « mission spéciale » pilotée par Éric Chevallier, patron du Centre de crise du Quai d’Orsay, relate ce journal. Il s’agissait de la deuxième opération de rapatriement de ce genre, la première ayant eu lieu « en mars », précise-t-il.

Composée de diplomates, de médecins urgentistes spécialisés en pédiatrie ou encore infirmiers, l’équipe qui est allée les chercher en Syrie s’est envolée à bord d’un avion Airbus A400M depuis l’aérodrome de Villacoublay, près de Paris. Sa mission : « aller chercher des enfants isolés ou orphelins, filles et fils de djihadistes français, dans des camps de réfugiés du Kurdistan syrien », énonce Le Parisien. Les enfants sont « âgés de moins de six ans pour la plupart. Ce commando diplomatico-médical compte en ramener 21 en France à l’issue d’une opération classifiée, préparée dans la plus stricte confidentialité depuis près de deux mois », souligne Le Parisien.

La suite est rocambolesque. « Le lieu d’atterrissage doit être tenu secret. L’appareil se pose en pleine nuit, sans lumière (…) Diplomates et médecins montent à bord de véhicules blindés, sous bonne escorte », raconte encore ce journal. Après d’imprévues péripéties, les enfants sont finalement réunis. « Les Français s’assurent d’abord qu’aucune puce électronique n’a été positionnée sur eux ou dans leurs vêtements. Beaucoup d’enfants sont dépenaillés, certains prostrés. Tous ne parlent pas français. Ils sont auscultés, déshabillés, lavés puis habillés avec des affaires neuves. Tout ce qu’ils portaient sur eux est resté au Kurdistan syrien. Des peluches, des poupées et autres tétines apportées de France sont remises à chacun, relate toujours Le Parisien. L’un a une blessure importante à l’épaule, l’autre une brûlure au pied. Tous sont pris en charge par les médecins, nourris, hydratés. Dans la nuit de dimanche à lundi, ils embarquent à bord de l’A 400 M transformé en nursery. Soixante-douze heures après le début de la mission, le vol atterrit enfin à Villacoublay. C’est l’Aide sociale à l’enfance qui prend le relais auprès des petits, le point de départ d’une nouvelle vie pour ces filles et fils de djihadistes de retour dans leur pays », conclut Le Parisien.

La Françafrique au secours du chômeur Benalla

Revoilà l’affaire Benalla. Avec de nouvelles révélations sur les aides matérielles et financières perçues par l’ex-chargé de mission d’Emmanuel Macron. C’est Mediapart qui dévoile certains détails du soutien dont a bénéficié Alexandre Benalla.

En juillet 2018, après avoir été écarté de l’Élysée, il a d’abord été « pris en main par la communicante Mimi Marchand », intime du couple Macron, « qui l’a aidé matériellement », énonce Mediapart. Mais la suite est plus sonnante et trébuchante.

En septembre, Alexandre Benalla « a reçu 50 000 euros de Vincent Miclet », cet homme d’affaires français qui fait l’objet d’une enquête judiciaire en Angola, ajoute ce journal en ligne. Lequel précise que ces 50 000 euros ont été versés « le 6 septembre 2018 par une société basée en Floride, ICB Properties of Miami LLC, codétenue par Miclet, sur un compte d’Alexandre Benalla hébergé dans une banque en ligne étrangère ». Selon Mediapart, Vincent Miclet avait ses entrées à la présidence de la République. « Le vendredi 16 février 2018 à 23 h 05, l’Élysée a même ouvert grandes ses portes à Vincent Miclet. Arrivé au volant de sa Bentley grise par l’entrée principale du palais, l’homme d’affaires avait rendez-vous avec Alexandre Benalla. Il en est reparti trois heures plus tard (…) Étrange (et exceptionnelle) visite nocturne », remarque Mediapart, car « même les patrons du CAC 40 entrent à pied à l’Élysée, leur chauffeur les laisse devant une entrée ».

Vincent Miclet, donc, mais pas que… En octobre 2018, l’ex-adjoint du chef de cabinet du président de la République « a justifié auprès de sa banque un versement ( 15 000 euros, en deux tranches ) de la part de l’homme d’affaires franco-israélien Philippe Hababou Solomon, avec qui il s’est rendu au Tchad, en présentant un contrat à durée indéterminée (CDI) de « conseiller personnel » », ajoute Mediapart.

Et pendant ce temps, Alexandre Benalla, qui avait auparavant été licencié par l’Élysée, percevait également des indemnités de chômage. Entre début août et fin octobre 2018, il a perçu « plus de 11 000 euros d’aide au retour à l’emploi », révèle ce site Internet. Lequel résume d’une formule cette bonne fortune d’Alexandre Benalla : « payé par Pôle emploi et financé par la Françafrique ».

Louches louchebem

Du nouveau également sur le récent scandale des steaks hachés douteux livrés à des associations d’aide aux plus démunis en France. Une enquête qui a de quoi couper l’appétit. De juillet 2018 et février dernier, ce sont plusieurs centaines de tonnes de steaks hachés produits en Pologne, et dont la qualité s’est avérée douteuse, qui ont été livrées entre à quatre associations humanitaires, dont les Restos du cœur, le Secours populaire la Croix-Rouge et le réseau des Banques alimentaires. Une affaire « qui fleure bon l’arnaque aux pauvres », estime Libération. Outre les opérateurs économiques déjà identifiés dans ce scandale - la société française Voldis qui a obtenu le marché et le fournisseur polonais de viande Biernacki - Libé révèle ce matin l’intervention d’un intermédiaire, « le courtier SMP (société Marcel Proux), installé en Loire-Atlantique » qui était « déjà connue » des services de répression antifraude, pour des questions de « loyauté » sur les produits, mais aussi «pour des dossiers moins importants que l’affaire actuelle ».

En attendant les suites de l’enquête en cours, ce quotidien pointe la « singulière désinvolture » des acteurs de cette affaire de steaks hachés de qualité « désastreuse ». Commentaire de Libération : « Il y a quelque chose de pourri au royaume de la viande ». Du Shakespeare dans le texte. Ou presque…