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À la Une: désobéissance civile et grève générale au Soudan

Par Frédéric Couteau

L’information est à la Une du site d’information Sudan Tribune : « les Soudanais ont entamé hier dimanche une grève générale pour amener le conseil militaire à transférer le pouvoir à une autorité dirigée par des civils ».

De plus, poursuit le site soudanais, « ces derniers jours, les militants ont intensifié leur campagne sur les réseaux sociaux pour mobiliser toutes les institutions vitales du pays afin qu’elles participent à la désobéissance dans le cadre d’une vaste réaction citoyenne. En raison de la panne d’électricité qui sévit depuis près d’une semaine, les activistes ont même distribué des messages imprimés pour faire passer l’information. »

Les réactions sont nombreuses dans les médias du continent. À commencer par la presse algérienne qui suit avec attention la situation au Soudan. Et pour cause, l’Algérie est confrontée également à un bras de fer avec les militaires, sans pour autant atteindre le degré de violence que connait le Soudan.

Ainsi, constate Algérie Focus, « les Soudanais ont répondu à l’appel lancé par l’Association des professionnels soudanais, acteur majeur de la coalition civile. Cette campagne de désobéissance civile a complètement paralysé le pays depuis hier. Les commerces, les administrations, les aéroports et les principales institutions étaient fermés. Le pouvoir, incarné par le conseil militaire qui dirige le pays depuis la chute d’Omar Al Bachir, a été pris de panique, pointe encore Algérie Focus. Et les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles hier sur des protestataires. » Bilan provisoire : 4 morts.

« Magnifique peuple soudanais !, s’exclame El Watan, toujours en Algérie. Son amour pour la démocratie et la liberté lui vaut d’être puni par la junte militaire qui s’est emparée du pouvoir après avoir destitué le dictateur Omar El Béchir. »

En fait, pointe le quotidien algérien, « l’armée est entrée en conflit avec la société civile dès que celle-ci, dans son programme, a précisé qu’elle ne voulait plus de la charia. D’où la rupture des relations entre les deux parties, d’autant que trois pays, l’Égypte, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, ont exercé des pressions sur le pouvoir soudanais pour qu’il ne fasse pas de concessions. Les trois pays ont peur, estime encore El Watan, que la réussite du mouvement démocratique devienne un exemple pour leurs peuples respectifs, avec pour conséquence la chute des régimes dictatoriaux et monarchiques. » Et d’ailleurs, remarque le journal, « l’armée a déclenché la répression sanglante après le déplacement du chef de la junte, le général Abdel Fattah Al Burhan, à La Mecque, où il avait assisté au sommet de la Ligue arabe et de l’OCI. Incontestablement, il est retourné dans son pays avec une feuille de route qui n’augure rien de bon pour l’avenir du Soudan. Les temps sont durs pour les peuples arabes. Le sang a coulé à Khartoum et rien ne dit que cela va s’arrêter. »

Indignation également dans la presse ouest-africaine :

« Au Soudan, la transition est menacée, s’insurge Ledjely en Guinée. Menacée par un conglomérat de militaires trop habitués aux privilèges du pouvoir et une bande de miliciens, ayant toujours vécu du crime. Association hétéroclite formée par deux groupes d’acteurs à la gâchette facile et pouvant compter sur des Émirats du golfe qui, eux-mêmes, ne sont pas des références en matière de démocratie et de droits humains. Malheureusement pour eux, poursuit Ledjely, les révolutionnaires soudanais, après s’être débarrassés d’Omar el-Béchir qui n’avait que trop nargué le monde entier, vont devoir affronter ce nouvel adversaire, sans aucun soutien. Parce qu’il faut bien l’admettre, déplore le site guinéen, la communauté internationale reste aphone sur cette crise soudanaise. En dehors de la déclaration de principes et sans conséquence de l’Union africaine, on n’entend rien. L’ONU, l’Union européenne et tous les autres se contentent de timides condamnations. Pendant que les Soudanais se font massacrer. Hélas ! »

En tout cas, conclut Aujourd’hui au Burkina, « c’est désormais la désobéissance civile face aux gâchettes des armes des militaires. Une tambouille disproportionnée, sauf que dans toute lutte, le peuple paie un lourd tribut, subit, souffre, mais… gagne toujours à la fin. Depuis le 11 avril, chute d’Omar El Béchir et depuis ce 3 juin, carnage de 113 civils, le fossé entre les deux entités civiles et militaires est tel qu’il faudra attendre Mathusalem pour une paix, voire un accord a minima. »

Et Aujourd’hui de s’interroger : « les militaires accepteront-ils, après 20 ans de désastre politique au Soudan, de remettre le pouvoir aux civils et de rentrer dans les casernes ? Quels résultats tangibles faut-il attendre de cette désobéissance civile ? Le ciel politique soudanais est toujours noir de nuages. »

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