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Revue de presse française
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À « la Une », la droite année zéro

Par Norbert Navarro

Soixante-douze élus locaux, dont certains membres de ce parti, décident de soutenir Emmanuel Macron. Dans une tribune publiée par le site Internet du Journal du Dimanche, ces élus de droite et du centre « issus de 34 départements et de 12 régions » franchissent le Rubicon en annonçant en effet leur soutien au chef de l’Etat. « Nous sommes de ceux qui souhaitent la réussite impérative de la France, c’est pourquoi nous voulons la réussite du président de la République et du gouvernement », écrivent-ils dans leur tribune.

De quoi secouer davantage encore la droite française, en pleine tempête depuis les élections européennes il y a deux semaines. Quel cap devront prendre Les Républicains ? Quel scénario ? Selon un sondage Ifop pour Le JDD, 23 % des Français estiment que « l’avenir » de ce parti de droite passe par un « rapprochement avec La République en marche » ; 19 % pensent plutôt qu’il passe par un « rapprochement avec le Rassemblement national » ; et 58 % par « aucun rapprochement ». Autrement dit, la droite année zéro…

La corde pour les pendre

On dirait un parc pour bébé… Sur la photo publiée par Paris Match, l’accusé, debout, face au juge, est enfermé dans une cage de bois installé dans une salle du tribunal criminel irakien. Sentence, la corde. « Les djihadistes français prisonniers ont tué sans pitié. Ils affrontent une justice implacable qui les condamne à mort », énonce Match, c’est « la loi du talion ».

Oui mais… L’hebdomadaire Courrier international a déniché un article du journal britannique The Guardian qui résume le dilemme. « En France, l’appartenance à une organisation terroriste est passible de peines pouvant aller jusqu’à vingt ans de prison pour ceux qui occupent des postes de dirigeants, peines assorties d’amendes. Mais il est difficile de prouver que les accusés ont commis des crimes. Résultat, ils pourraient être relaxés ou s’en tirer avec des peines légères, ce qui constituerait une situation explosive du point de vue politique », explique The Guardian cité par Courrier international.

Que faire de ces Français djihadistes ? « En les sauvant de la peine de mort, nous reconnaissons, pour notre honte, que l’un des premiers contingents étrangers de Daech venait de France, souligne Marianne (…) Bienvenue au pays qui a nourri (ces) bourreaux et qui, de ce fait, doit tout faire pour sauver leur tête ! », s’indigne cet hebdomadaire, ce sont « nos criminels de guerre ».

Sibeth Ndiaye, femme puissante

Fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron, la porte-parole du gouvernement est à « la Une » de « M », le magazine du journal Le Monde, qui met l’accent cette semaine sur sa « langue de bois » et les « paroles cash ». Sibeth Ndiaye « semble avoir mis entre parenthèses ses engagements passés. Ancienne militante de l’UNEF et du PS, où elle a noué de nombreuses amitiés, elle fait corps avec un parti qui fait le plein de voix à droite », pointe cet hebdomadaire.

« Pendant la campagne présidentielle, on l’avait vue se tenir toujours à deux pas du candidat Macron, le maquillant dans les arrière-salles des meetings en même temps qu’elle jouait les cerbères auprès des journalistes. Du coup, le milieu politique et médiatique la prenait pour une « petite main » de l’équipe présidentielle, la « caution diversité » de la Macronie, toutes ces expressions qui circulent dès qu’il s’agit de la carrière d’une femme, jeune et noire », rappelle « M ». Mais ça, c’était avant et c’était surtout le fait de ceux qui ignoraient tout d’elle. « En vérité, ceux qui la connaissent ont tout de suite su que Sibeth Ndiaye n’était ni une débutante, ni une caution, ni même une gentille fille chargée de la logistique. C’est une militante », lance cet hebdomadaire.

Aujourd’hui, « lorsque Sibeth Ndiaye se déplace dans les quartiers populaires, parce qu’elle est Noire les habitants la croient « des leurs » sans imaginer qu’elle est issue de la bourgeoisie sénégalaise, rectifie ce magazine. Il faut remonter à cette enfance à Dakar, auprès d’un père député et d’une mère magistrate devenue présidente du Conseil constitutionnel, pour comprendre son aisance au cœur du pouvoir ».

Sibeth Ndiaye a trois sœurs nées avant elles. « L’aînée des quatre filles, Fari, sera pharmacienne ; Anta, consultante pour les Nations unies ; Ouli, banquière. Et voilà Sibeth, cette petite dernière dont toute la famille vota à la naissance pour lui donner ce prénom de l’une des reines de Casamance, secrétaire d’Etat ! », pointe « M ».

Lequel journal le souligne, « aujourd’hui encore, lorsqu’elle note qu’on la traite avec condescendance, Sibeth Ndiaye ne peut s’empêcher de rappeler ses origines, moins pour jouer les bourgeoises que pour briser, dit-elle, « ce mépris à l’égard de l’Afrique qui imagine la vie dans des cases sans électricité ».

#Balance ton complice

Ils étaient des voyous, parfois des criminels, ils ont dénoncé leurs complices, ce sont les « repentis ». Et, en France aussi, l’Etat les protège, même s’ils sont peu nombreux à bénéficier de cette protection. L’hebdomadaire L’Obs a fait les comptes et les révèle : le système français de protection des repentis bénéficie à « seulement une dizaine de personnes, appelées officiellement « collaborateurs de justice ». En comptant les conjoints, les enfants et les parents, ce sont en tout une cinquantaine de personnes qui sont protégées par les hommes du Siat », le Service interministériel d’assistance technique, « le service d’élite qui gère les missions les plus délicates comme les infiltrations ou la protection des repentis », précise L’Obs.

Et ce n’est pas du cinéma, même si ça y ressemble. « Les véritables repentis, ceux qui ont trempé dans le crime, avant de décider de parler et de dénoncer leurs anciens camarades », ceux-là « vivent aujourd’hui sous une nouvelle identité, tous ont déménagé (et ont) un faux passé qui leur sert de couverture (…) le repenti reçoit également une sorte de salaire, qui doit le garantir un niveau de vie équivalent à sa vie d’avant : 100 % la première année, puis 70 % l’année suivante… le but est de les réinsérer peu à peu dans la vie économique. Pour l’instant, seul l’un d’entre eux y est parvenu (…) En échange de cette protection, le repenti où le témoin s’engage à se couper totalement de sa vie précédente. Plus de réseaux sociaux, plus d’amis d’enfance, plus de fête de famille ». Ainsi va la vie des « repentis ».

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