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Chronique des médias
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L’AFP en plein bras de fer en Algérie

Par Amaury de Rochegonde

En Algérie, depuis la démission forcée d’Abdelaziz Bouteflika, la situation des journalistes étrangers sur place est compliquée. Exemple: l'AFP.

Ce sont deux visions qui s’affrontent et qui, sans doute, relèveraient de la tracasserie administrative si elles ne concernaient un pays en crise depuis la démission forcée d’Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril. Tout remonte aux quelques jours qui suivent cette démission, quand le directeur de l’agence à Alger, Aymeric Vincenot, s’est vu refuser le renouvellement de son accréditation, ce qui a conduit à son départ pour Paris. Au sein de l’agence, on croit savoir que le régime algérien lui reproche sa couverture des manifestations et d’avoir mis la lumière sur l’état de santé de l’ancien président. Plus curieusement, des propos qu’il aurait tenus en dehors de son travail entreraient aussi dans la balance. Toujours est-il que son départ a une conséquence immédiate : il n’y a plus personne pour signer les chèques ! Ou plus exactement, plus personne n’a la délégation de signature auprès du compte de l’agence, à la Banque d’agriculture de développement rural. Plus personne ne peut donc payer les fournisseurs, les charges, les impôts, mais surtout les salaires des journalistes à Alger.

C’est là que les points de vue divergent. Selon le site El Moudjahid, qui relate le point de vue officiel, c’est très simple : il faut un nouveau mandataire, pour signer les chèques, qui doit être soit algérien soit   comme en France   un résident régulier titulaire d’un titre de séjour. Une version contestée par l’AFP qui affirme ne chercher qu’à faire fonctionner son compte, ce que lui refuserait la banque au motif d’une décision judiciaire qu’elle ne connaît pas. Le plus important, pour l’Agence, c’est qu’en ne renouvelant pas l’accréditation d’Aymeric Vincenot, qui lui était accordée depuis 2017, en le contraignant même à se procurer un titre de séjour tous les trois mois, les autorités algériennes ont cherché à faire pression sur leur directeur. Et elles chercheraient désormais à influencer Paris en obtenant la désignation d’un nouveau directeur et en décidant qui doit signer les chèques en Algérie.

Alors sur la question financière, il semble qu’il y ait quand même eu des avances sur salaires via des sociétés de transfert de fonds. L’AFP dit ne pas vouloir jeter de l’huile sur le feu   elle constate d’ailleurs qu’elle obtient des visas pour ses envoyés spéciaux  , mais elle reste ferme sur le principe de l’indépendance. En clair, pas question de laisser les autorités algériennes adouber son chef de poste à Alger. Et elle affirme n’avoir aucun intérêt à quitter l’Algérie même si on lui prête l’intention de prendre prétexte de ce bras de fer pour fermer boutique ou réduire des postes.