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Revue de presse française
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À la Une: allez les Bleues!

Par Norbert Navarro

Les footballeuses françaises débutent aujourd’hui en Coupe du monde. Et avant-même le coup d’envoi ce soir au Parc des Princes, les Bleues, qui vont affronter la Corée du Sud en match d’ouverture de ce Mondial féminin de football, remportent déjà leur première victoire, celle des Unes de la presse française.

Sur celle de L’Equipe, comptes faits et refaits, elles sont 24 en photo, toute la sélection, plus non pas « la sélectionneuse » mais - elle y tient - « le sélectionneur », Corinne Diacre. Pour les faire toutes entrer dans le cadre, le quotidien sportif français a rangé leur photo en rond, comme autour d’un ballon de foot, avec cette malicieuse question : « On remet ça ? » (comprenne qui pourra).

Remettre quoi, au juste ? Pour le savoir, les lectrices et les lecteurs de L’Equipe s’en remettront à son éditorial, où il est question de la victoire de l’équipe masculine l’an dernier en Coupe du monde. On respire. « On remet ça ? » ne faisait donc pas allusion à une invitation de comptoir au bar du coin pour commander une nouvelle tournée. Pas de méprise.

Quoique quand on lit dans L’Equipe cette exhorte, « aux armes citoyennes ! Et qui ne saute pas n’est pas française ! Hé ! Hé ! », avec force points d’exclamation à répétition, c’est à se demander, oui, ce qui peut bien se dissimuler sous ce ricanement de L’Equipe.

Mais le reste de la presse française n’est pas sur cette tonalité, disons-le, crânement machiste, on peut l’assurer devant l’éventail des journaux du matin, la presse française joue le jeu dans une ambiance festive.

Très belle photo de joueuses françaises en action à la Une du Parisien. Lequel journal lance les Bleues « à la conquête du monde ». Car les joueuses française partent ce soir « à la conquête du Graal », souligne sobrement ce quotidien, jugeant « artificiel » le débat sur le caractère supposé plus masculin ou non (car c’est bien de cela qu’il s’agit) du sport-roi, qui est surtout « universel », complète Le Parisien.

« Football féminin, le coup d’envoi », résume d’une formule la Une de La Croix. Pas d’allusion machiste dans la double-page que le quotidien catholique consacre à cet événement sportif, mais une rétrospective du football féminin français, des origines à sa professionnalisation.

L’Humanité pose de son côté les termes du « combat » des footballeuses, qu’elles soient françaises ou étrangères. « Pour ne plus entendre que "le foot n’est pas pour les filles !», énonce le quotidien communiste français. Car le football « change de visages, pointe L’Huma. La Coupe du monde féminine - si récente encore - sort de l'obscurité où la reléguaient les vieilles habitudes et des préjugés tenaces. Les noms des joueuses commencent à être connus du grand public et leurs compétitions ont franchi le plafond de verre, celui des écrans de télévision qui les cantonnaient à des antennes confidentielles ou à des horaires indus ».

Libération n’écrit pas autre chose. Ce Mondial en France, c’est l’occasion de faire « enfin exploser médiatiquement un sport jusqu’ici monopolisé par les hommes », pointe en Une ce journal. « Le foot tout feu tout femmes », formule Libé, qui souhaite la victoire de l’équipe de France « par féminisme, surtout ».

Libé veut y croire, évoquant une « nouvelle conquête » pour les femmes, relevant que « la foule commence à remplir les stades », et, subséquemment, que la télé « a décidé de s’y intéresser », entraînant des sponsors dans son sillage. « Ainsi va la marche pour l’égalité : elle promeut les femmes autant dans l’arène désintéressée du talent sportif que dans les coulisses moins reluisantes du sport-business. C’est sans doute le prix à payer pour que les footballeuses égalent les footballeurs en notoriété et en dignité, ce qui serait justice. À la guerre (du ballon rond) comme à la guerre… », clame Libération.

Le cyber-espion qui venait du froid

En France, un nouvel espion russe a été identifié. Il occupait des fonctions consulaires en Suisse. C’est le journal Le Monde qui le révèle. Sergueï Jeltikov, c’est son nom, a été « identifié et dénoncé » l’an dernier, affirme le quotidien du soir. Il l’a été « sans que son nom ne soit, cette fois-ci, divulgué par les autorités », signale ce journal.

Sergueï Jeltikov occupait en effet des fonctions consulaires en Suisse. « L’homme est accusé par la justice helvétique d’avoir fait partie d’un commando itinérant du GRU comprenant deux des agents arrêtés à La Haye en avril 2018 (…) agissant sous couverture diplomatique, (et qui) étaient membres de l’unité 26165 du GRU, tête de pont du cyberespionnage militaire, une des armes préférées du Kremlin », énonce encore Le Monde.

Ce quotidien pousse plus avant les révélations dans ce vrai roman d’espionnage, en précisant que, selon les services secrets suisses, Sergueï Jeltikov « aurait servi de relais logistique et aurait veillé à la sécurité (des deux agents russes arrêtés à La Haye), en mars 2017, à Lausanne, lors d’une opération de ­piratage informatique visant l’Agence mondiale antidopage. Près de 700 experts de la lutte contre le dopage étaient réunis pour entendre le juriste Richard McLaren, auteur d’un rapport sur le système de triche mis en place par l’État russe lors des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, en 2014. En 2018, M. Jeltikov aurait également préparé la venue de ses deux acolytes pour une autre opération contre le laboratoire fédéral atomique, biologique et chimique de Spiez, au sud de Berne », ajoute ce journal.

Réagissant à ces révélations du Monde, le consulat russe à Marseille les a qualifiées de « sale insinuation », signale l’agence de presse russe Sputnick.

Plus dure sera l’alloc

En France encore, la réforme de l’assurance-chômage devrait être présentée dans dix jours. Le gouvernement devrait en durcir les conditions d’accès. Selon le journal Les Echos, pour pouvoir percevoir des allocations-chômage, il faudra « avoir travaillé six mois sur les 24 mois précédant la perte d’un emploi, et non plus quatre sur 28. Soit un jour sur quatre et non plus un sur sept ». Le quotidien économique signale aussi que le « paquet final », censé favoriser la reprise d’emploi, « inclura un bonus-malus sur les cotisations chômage employeurs pour freiner l’abus des contrats courts ».