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Revue de presse française
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À la Une: le 75e anniversaire du Débarquement

Par Frédéric Couteau

6 juin 1944 - 6 juin 2019. « C’est une opération restée dans la mémoire des hommes, pointe Le Figaro. Par son ampleur d’abord : 3 millions de soldats dont 150 000 pour le seul 6 juin, des milliers de bateaux et d’avions, la plus grande armada engagée pour faire plier l’ennemi. Par sa dimension symbolique aussi : grâce au Débarquement de Normandie, suivi quelques semaines plus tard par celui de Provence, les troupes du général Eisenhower allaient être en mesure de porter le fer au cœur même du IIIe Reich. »

« Comment ne pas saluer le génie des hommes et des femmes qui ont su mettre en œuvre la plus grande opération militaire jamais organisée au monde, s’exclame Paris-Normandie. L’opération Overlord résonne de cette précieuse liberté que l’Europe retrouva au prix, néanmoins, de dizaines de milliers de morts. Cet anniversaire est l’un des derniers auquel assistent encore plusieurs centaines de vétérans. On ne les remerciera jamais assez pour la leçon donnée. »

Certes, le Débarquement fut conçu par les Britanniques et les Américains. Mais la France n’est pas restée passive, loin de là, rappelle La Presse de la Manche : « Il est important que nous ayons à l’esprit que ce Débarquement imaginé et réalisé par d’autres, pour nous, fut aussi le nôtre avec quelques Français libres et préparé par la Résistance locale qui eut ses martyrs, et que les Normands, notamment sous les bombardements, payèrent aussi le prix du sang avec plus de 20 000 civils parmi les victimes. Souvenir, reconnaissance, tendresse à l’égard des vétérans, mais aussi douleurs, peur, solitude en terre inconnue. C’est ce matin à l’aube. Le 6 Juin 1944, les plages de Normandie accueillent l’Histoire. »

Trump n’est pas Roosevelt…

Alors cette année : paradoxe, souligne La Montagne

D’un côté, « l’idéal américain de 1944, défini par Franklin Roosevelt, fait de coopération, de solidarité entre les nations et d’un multilatéralisme forgé dans le sang versé par les Alliés sur les plages de Normandie. L’Union européenne ne fut plus tard qu’une des conséquences du "plus jamais ça !" ».

De l’autre, un « Donald Trump, en chantre de l’unilatéralisme, du nationalisme, qui défend des principes aux antipodes de ceux de Roosevelt avec le double objectif de rallumer les mèches des guerres commerciales et de casser l’Union européenne. Les hommages et les sourires de ce 75e anniversaire n’ont pu faire illusion embrumés qu’ils étaient derrière un voile d’hypocrisie. »

En effet, renchérit Libération, « la présence de Donald Trump cette année recèle un amer paradoxe : le président américain professe des vues politiques et diplomatiques à l’opposé de celles de son prédécesseur de 1944. Il n’a de cesse de combattre le multilatéralisme, de promouvoir le nationalisme, de relancer les guerres commerciales et d’affaiblir l’UE. De même que la Grande-Bretagne, venue à l’époque au secours de l’Europe occupée, cherche désormais à s’en détacher. On avait fait l’effort, au fil du temps, de rapprocher la mémoire de l’histoire, œuvre de vérité. C’est maintenant, soupire Libération, l’hypocrisie qui domine les cérémonies de 2019 : les gouvernements américain et britannique ont en fait tourné le dos aux principes hérités de l’après-guerre. Derrière les hommages convenus à l’héroïsme des soldats du 6 Juin se profile la pure et simple trahison de leurs idéaux ».

Curieuse famille…

C’est vrai, constate également Le Courrier Picard, « c’est du côté anglo-saxon que le tableau de famille a une drôle d’allure. Entre un Royaume-Uni en plein prurit brexitaire et une Amérique où Donald Trump a succédé à Barack Obama, imposant chaque jour un peu plus sa logique isolationniste, son agressivité commerciale et son hostilité affichée à l’égard de l’Union européenne. Au point où c’est bien avec l’Allemagne que la proximité paraît la plus grande - depuis qu’en 2004, celle-ci a été associée à l’événement par Jacques Chirac. De quoi démontrer la puissance de la volonté de réconciliation, mais aussi l’évolution toujours hasardeuse de l’Histoire. »

« Bref, soupire Le Parisien, l’amitié célébrée entre anciens Alliés, à grand renfort d’images aussi solennelles que spectaculaires, sur fond des croix blanches poignantes du cimetière américain, a quelque chose de fané. Un Trump sacrifierait-il aujourd’hui la vie de jeunes Américains pour le salut de nos vieilles démocraties, au nom du monde libre ? »

Alors, souligne La Charente Libre, « du jeune président français, on guette ce matin la poignée de main qu’il réserve à Trump. Ce petit jeu entre les deux pimentera une séquence qui doit lui permettre, espère-t-il, de reprendre de la hauteur. […] Tout paraît opposer cette curieuse famille rassemblée sur la photo officielle […]. 75 ans après, conclut le quotidien charentais, cette alliance nous permet pourtant d’espérer que ce XXIe siècle aux prédictions si sombres échappera aux apocalypses des deux guerres mondiales du siècle qui l’a précédé  ».

Municipales : les Verts dans les « starting-blocks »

À la Une également, en France, les Verts affichent leurs ambitions…

Avec notamment cette interview au Monde de Yannick Jadot : « La responsabilité que nous avons, c’est de construire la grande alternative, préparer l’alternance, autour de ce projet de l’écologie et de la solidarité. […] On veut se donner les moyens d’agir, pour se donner les moyens de conquérir le pouvoir et de l’exercer ».

Yannick Jadot qui a les municipales de l’année prochaine en ligne de mire : « On veut gagner de nombreuses municipalités, notamment de grandes villes. Le deuxième tour se construira sur la base du programme écolo. On veut gagner Paris, Nantes, Rennes, Toulouse et ailleurs, confirmer Grenoble et de nombreuses villes petites et moyennes où on a fait de très bons scores. »

« Attention à l’arrogance, commente Libération. Jadot aura à un moment besoin des néo-écolos. 13%, c’est bien. C’est un socle solide, pas encore une vague certaine de tout balayer sur son passage. L’histoire du parti écolo est suffisamment riche de succès aussitôt gâchés pour faire preuve de modestie. D’autant que la formation EE-LV reste embryonnaire. Et si des pans de la société semblent prendre conscience de l’urgence écologiste, le travail de conviction dans l’opinion n’est pas achevé, pointe encore Libération. Le vrai écueil de la stratégie du Vert solitaire de Yannick Jadot : à trop snober la gauche, il lui sera difficile de se poser en rassembleur, une nécessité pour gagner. »

À la Une : au pied du Mur de Berlin, trente ans d’histoire et des questions