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À la Une: l’affaire Aliou Sall continue de faire des vagues au Sénégal

Par Frédéric Couteau

À l’occasion de la fin du jeûne, la fête de la Korité, hier matin, le président sénégalais, Macky Sall, s’est exprimé sur la mise en cause de son frère, Aliou, par un documentaire de la BBC. Documentaire diffusé dimanche et qui, rappelons-le, affirme qu’Aliou Sall aurait touché d’importants pots-de-vin lors d’un contrat pétrolier.

« "Je tiens à ce que la vérité soit rétablie, a déclaré le président, rapporte le site Dakar Actu, et le gouvernement le fera sans tarder… sur la gouvernance des ressources pétrolières et gazières au Sénégal. Jamais un pays n’a autant pris de dispositions anticipatives pour éviter des écueils par rapport aux ressources qui vont être exploitées dans les prochaines années". Macky Sall a aussi rappelé, pointeDakar Actu, qu’il était 'tout à fait conscient que le Sénégal était désormais un pays pétrolier et qu’il ne manquerait pas de susciter des convoitises et des provocations utilisant même des citoyens nationaux", avant d’ajouter : "Ce sont des choses qui sont tout à fait prises en charge…"  »

Faillite morale ?

Des propos abondamment commentés ce matin dans la presse sénégalaise. Tribunes et éditos se succèdent.

Exemple : l’universitaire Cheikh Tidiane Dieye qui ne mâche pas ses mots, notamment sur le site d’information Seneplus. Cheikh Tidiane Dieye dénonce ce qu’il appelle « la faillite morale d’un président. […] Le message du président de République à la fin de la prière de la Korité est encore plus pathétique que la conférence de presse de son frère, affirme-t-il. Une grande arrogance et un semblant de sérénité qui cachent en réalité un profond malaise. Macky Sall n’a pas parlé en président de la République mais en frère d’Aliou Sall. C’est ce qui fait qu’il n’a pas la dignité de cette charge. […] Non content d'avoir cédé une partie de notre pétrole à son frère, poursuit Cheikh Tidiane Dieye, il l’a aussi mis à la tête de la plus grande banque de l’État : la Caisse des dépôts et consignations, après avoir parrainé son élection. Sans parler de son beau-frère avec son super ministère dont le budget frôle les 1 000 milliards. Toutes les ressources destinées aux politiques sociales et à la solidarité nationale sont entre ses mains, pour une redistribution ciblée dans les réseaux parrainées par le Clan. » Et l’universitaire de s’interroger : « D’autres scandales de corruption en perspective ? »

Toujours sur Seneplus, l’opposant Ousmane Sonko y va aussi de son refrain : « Je suis sidéré, affirme-t-il, par la déclaration faite ce jour par Macky Sall à l’issue de la prière de l’Aïd-el-Fitr sur l’affaire BBC. Cet homme ne respecte pas son peuple et est arrivé à un niveau de mépris et de dédain inimaginable ».

Manipulation occidentale ?

D’autres personnalités prennent la défense du président Sall et de son frère, comme le président du forum pour la paix, Ahmed Saloum Dieng. Sur le site Dakar Actu, ce dernier estime que « les accusations faites à l’endroit d’Aliou Sall sur le pétro-gaz par la chaîne britannique BBC ne sont rien d’autre que l’œuvre de manipulateurs occidentaux qui veulent créer la zizanie dans le pays ».

Inquiétude au sommet de l’État ?

En tout cas, « grosse frayeur à bord », s’exclame Walf Quotidien en première page. « En l’espace de quelques heures, l’État du Sénégal a fait plusieurs sorties médiatiques pour tenter d’éteindre le feu provoqué par ce reportage de la BBC. Sans succès. En effet, dans cette affaire déjà ébruitée par le site Ouestaf dans le rocambolesque dossier Petro-tim, le régime de Macky a perdu toute sa sérénité. La conférence de presse du frère cadet du chef de l’État, Aliou, appuyée par la sortie de Macky Sall, après la prière de Korité à la Grande mosquée de Dakar et la conférence - plutôt déclaration - de presse du porte-parole du gouvernement, Ndèye Tiké Diop, sont autant d’éléments révélateurs du climat d’inquiétude qui a gagné le sommet de l’État, estime Walf Quotidien. Des faits dont l’onde de choc au plan international est encore loin d’être jaugée par le système et ses sbires. Cette "digestion" de crise met à nu la communication du système, dénonce le quotidien sénégalais. En effet, elle prouve que seuls les médias internationaux méritent une mise au point ou une réponse de l’État sénégalais. Ce qui est un mauvais signal envoyé aux journalistes locaux, conclut le quotidien dakarois, apparemment tous considérés comme des moins que rien. »

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