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Chronique des Matières Premières
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Plastique : les pistes chimiques de recyclage

Par Claire Fages

Recycler le plastique... Les objectifs sont de plus en plus ambitieux en Europe. Mais pour y parvenir, il faudra mettre au point de nouvelles méthodes de recyclage, estime l'industrie européenne du plastique.

L'Europe veut recycler la moitié de ses plastiques d'ici 2025, la France 100 %... Est-ce réalisable alors qu'on ne recycle pour l'heure en Europe que 31 % des plastiques usagés, le reste servant à produire de l'énergie ou finissant en décharge ? Tout dépendra des technologies.

« On n'y arrivera pas uniquement avec le recyclage actuel, qui est exclusivement mécanique », estime Eric Quenet, directeur général Europe de l'Ouest de PlasticsEurope, le lobby européen du plastique, invité ce mercredi 5 juin au colloque MPE Medias.

Aujourd'hui, on récupère le plastique usagé, on le nettoie, on le chauffe, il est ensuite réduit en granules gris ou transparents, ou en fibres. Mais il s'agit avant tout du PET, le plastique des bouteilles en plastique. On ne sait pas recycler de cette manière les polystyrènes ou les polyéthylènes, par exemple. On ne sait pas non plus recycler les plastiques lorsqu'ils sont mélangés entre eux.

Revenir au cocktail de départ

D'où la piste du recyclage chimique. « Il s'agit de revenir au polymère de base, en ôtant les produits secondaires comme la couleur... Ou carrément de revenir au cocktail d'atomes de départ, les monomères, pour pouvoir les recombiner ensuite en nouveaux polymères », c'est-à-dire en plastique neuf, explique Eric Quenet.

Les techniques vont de la dissolution par un solvant à la dépolymérisation par la chaleur, la pression atmosphérique et la faible teneur en oxygène. Voilà pour les plastiques triés. Pour les plastiques mélangés ou contenant des déchets, la pyrolyse permet de revenir à des huiles de pétrole et la gazéification à des gaz de synthèse.

Le nombre de sociétés capables de réaliser ces recyclages chimiques a doublé en deux ans. Elles sont avant tout basées en Amérique du Nord. En Europe, les instituts de recherche comme l'IFPEn mènent des travaux, et il y a une poignée de projets pilotes lancés par les grandes entreprises du gaz et du pétrole, Air Liquide et Shell, BASF, Total et ENI, Sabic... qui souhaitent avoir plus de visibilité pour changer d'échelle.

Participer à l'économie du recyclage

L'industrie plastique propose donc elle-même des solutions. « Après avoir voulu vendre le plus de polymères possible, reconnaît Eric Quenet, l'industrie du plastique veut être partie prenante du recyclage ». Elle collabore déjà avec les industries consommatrices, dans l'agroalimentaire en particulier, pour économiser la matière : films d'emballage et pots de yaourt sont de plus en plus légers et les plastiques les plus difficiles à recycler, bouteilles colorées, emballages en PVC, sont peu à peu écartés.

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