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Aujourd'hui l'économie
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Des nuages dans le ciel de l'économie allemande

Par Pauline Gleize

Pour ce Aujourd'hui l'économie, direction l'Allemagne, où les relations entre la BDI, la Fédération allemande de l'industrie et la coalition au pouvoir sont tendues. La « coalition a perdu le soutien massif de nombreuses personnes, y compris de la sphère économique », c'est le message de Dieter Kempf, le président de la BDI lors de son congrès annuel hier, mardi 4 juin. Il a appelé la chancelière Angela Merkel à regagner cette confiance. Pour bien comprendre la situation : ces reproches sont adressés dans un climat économique morose.

L'économie allemande a ralenti. En fin d'année dernière, elle a échappé de peu à la récession et pour cette année, les prévisions de croissances ont été revues à la baisse, le gouvernement n'espère que 0,5% contre 1,4% l'an dernier et plus de 2% l'année d'avant. Et ce n'est pas le seul indicateur en berne, les investissements étrangers sont en chute libre : -13% en 2018 selon le cabinet EY.

Le chômage, lui, a légèrement progressé en mai, cela n'était pas arrivé depuis six ans.

Alors à quoi est dû ce ralentissement ?

Plusieurs explications. Les tensions commerciales, les incertitudes liées au Brexit et le ralentissement de l’économie chinoise n'y sont pas étrangers. L'économie allemande est très tournée vers l'export et la Chine est un gros client de l'Allemagne. A cette liste on peut aussi ajouter la sécheresse de l'année dernière. En raison du bas niveau du Rhin, la navigation fluviale a été limitée et cela a eu un impact entre autre dans le secteur de la Chimie.

Mais alors pourquoi ce mécontentement du patronat ?

La BDI a dressé un constat : le manque de confiance que le président de la fédération a évoqué, a transpiré des élections européennes où les deux partis au pouvoir ont affiché des scores décevants.

La coalition formée par les sociaux-démocrates et les conservateurs est de plus en plus fragilisée. Et on le sait, le monde économique n'aime pas l'incertitude. En tous cas, ce n'est pas la première fois que le patronat se montre critique.

En début d'année, les fédérations patronales ont appelé à davantage de réformes. La BDI a d'ailleurs réclamé des mesures en faveur de l'investissement privé et des allègements fiscaux. Et Berlin pourrait se le permettre. L’Allemagne est le chantre de la rigueur budgétaire en Europe et affiche un excédent record. 

Il a été déposé sur les comptes publics, 58 milliards d'euros de plus que ce qu'il en est sorti en 2018. Une rigueur critiquée. Le FMI préconise davantage d'investissements notamment dans les infrastructures ou la formation, ce à quoi l’exécutif répond que des investissements sont déjà en hausse dans les infrastructures, l'éducation et l'économie numérique.

Mais Angela Merkel, n'a pas manqué de répondre à la BDI...

Retour à l'envoyeur. L'industrie à beaucoup à faire pour regagner la confiance des consommateurs, a-t-elle souligné, mettant en avant l'énergie qu'elle a dépensée pour défendre le secteur automobile après le scandale des moteurs truqués de Volkswagen. Le même secteur automobile qui a pesé sur l'économie à l'automne dernier en raison de difficultés rencontrées face à l'entrée en vigueur de nouvelles normes anti-pollution.

Face aux difficultés, Angela Merkel aperçoit une solution outre-Atlantique. La chancelière juge la conclusion d'un accord commercial entre l'Union européenne et les Etats-Unis cruciale et regrette que la France y soit opposée.

Malgré tout, l'économie allemande ne va pas si mal...

Le gouvernement table sur une accélération l'an prochain avec une croissance à 1,5%. Malgré la hausse, le chômage reste à un niveau qui ferait pâlir d'envie certains gouvernements, avec un taux à 5%. Mais, la médaille à un revers... certains secteurs font face à une pénurie de main d'œuvre. Or, avec une population vieillissante, le phénomène pourrait s'accentuer, c'est l'un des risques identifiés par le cabinet Coface. Pour affronter le problème, le gouvernement a travaillé à une réforme de l'immigration.

Soulignons par ailleurs que cette pénurie a contribué à la hausse des salaires. ce qui a pour effet de porter la consommation intérieure et donc la croissance.

En bref :  Renault envisage des poursuites contre son ancien patron

En étudiant les frais engagés par Carlos Ghosn, le constructeur automobile français a identifié 11 millions d'euros de « dépenses suspectes » au sein d'une filiale commune avec Nissan basée aux Pays-Bas.

Renault, dont le conseil d'administration va continuer à réfléchir aujourd'hui à la proposition de fusion émise par Fiat-Chrysler.

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