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À la Une: tour de vis meurtrier au Soudan

Par Frédéric Couteau

L’information barre la Une du site d’information Sudan Tribune : « le chef du conseil militaire de transition, Abdel Fattah al-Burhan, appelle à des élections générales dans les neuf mois et annule les précédents accords passés avec les groupes d’opposition. Dans un discours prononcé il y a quelques heures, al-Burhan a accusé les Forces d’opposition pour la liberté et le changement de porter la responsabilité de la prolongation des négociations sur le transfert du pouvoir et d’essayer d’exclure les autres forces politiques et militaires dans le but, a-t-il dit, +de cloner un autre régime totalitaire+. »

Sudan Tribune rappelle également qu’hier matin « la répression exercée par les milices soudanaises sur le site de la manifestation devant le siège de l’armée a fait au moins 35 morts, de source médicale. Certaines personnes auraient été pourchassées et jetées dans le Nil. »

L’armée a tombé le masque

Emotion et colère dans la presse ouest-africaine…

« Tout porte à croire, soupire Le Pays au Burkina, que forte du soutien de la plupart des monarchies du Golfe et des tergiversations de l’Union africaine qui ont fini par se traduire plus en soutien qu’en remontrances, l’armée soudanaise n’est plus disposée à faire droit aux aspirations des manifestants et veut à présent confisquer le pouvoir. Après avoir tombé le masque, l’armée soudanaise est passée à la vitesse supérieure. Autrement, s’interroge Le Pays, comment comprendre qu’au moment où les négociations pour la mise en place des instances de la transition ne sont pas encore closes, elle se décide à réprimer dans le sang les manifestants pour sonner unilatéralement la fin de la récréation ? »

C’était à craindre…

Pour Wakat Sera, ce drame était malheureusement prévisible… « Les signaux étaient plutôt au rouge il y a bien longtemps. Les deux camps se sont presque toujours regardés en chiens de faïence, les militaires voyant mal le pouvoir leur échapper et les civils jaloux de leur "révolution" qu’ils ne voulaient pas se faire "voler". La sale besogne de mater les manifestants était planifiée depuis lors, l’exaspération de l’armée s’exacerbant avec l’entêtement de la contestation à ne pas lâcher prise. Le passage à l’acte de disperser violemment les manifestants est donc loin d’être spontané et si des milices paramilitaires sont pointées du doigt, l’armée et son Conseil militaire qui dirige le Soudan, portent l’entière responsabilité de ces violences meurtrières qui ne font que jeter de l’huile sur le feu du mouvement contestataire. »

En effet, pointe Le Monde Afrique, « l’Alliance pour la liberté et le changement (l’ALC), fer de lance de la contestation annonce pour sa part "l’arrêt de tout contact politique et des négociations" avec le Conseil militaire de transition. Elle appelle également à "la grève et la désobéissance civile totale et indéfinie à compter d’aujourd’hui mardi". » Et de son côté, « l’APS, l’Association des professionnels soudanais, acteur majeur de la contestation, condamne un "massacre" et appelle les Soudanais à +la désobéissance civile totale pour renverser le Conseil militaire perfide et meurtrier+. »

« Fadaises ! »

Aujourd’hui, toujours au Burkina, hausse le ton : « Horripilés et horrifiés par ce pouvoir ultra-islamiste et militaire, et surtout très inquiets par l’oreille du chef du Conseil de transition militaire tendue vers l’Egypte, les Soudanais redoutent la poursuite du règne des prétoriens. Avec ce sang que vient encore de verser les soldats, c’est désormais une lutte à mort entre l’APS-l’ALC et le général Abdel Fattah et son quarteron de généraux. Ayant fait tomber bas le masque, les militaires par cette barbarie prouvent qu’ils n’ont jamais eu une once de pensée de céder la pouvoir aux civils. Ce n’est que du dilatoire !, s’exclame Aujourd’hui. Les trois ans pour organiser des élections ? Le partage des postes au niveau du Conseil souverain ? L’emprisonnement et la promesse de juger El Béchir ? Fadaises ! Toutes ces actions s’apparentent à des entourloupes des militaires pour garder un pouvoir dont ils en jouissent depuis deux décennies. Le peuple soudanais laissera-t-il les lieutenants d’El Béchir flouer de leur révolution ? Des jours sombres, conclut Aujourd’hui, semblent s’amonceler sur le ciel soudanais. »

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