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Italie: le bras-de-fer s’intensifie avec Bruxelles

Par Aabla Jounaïdi

Le Premier ministre Giuseppe Conte se dit prêt à démissionner si les polémiques entre les dirigeants de la coalition au pouvoir, Matteo Salvini et Luigi Di Maio, ne cessent pas. Conte ne donne pas de délai pour appliquer sa menace, mais c'est Bruxelles qui fixe en partie le tempo. Mercredi 5 juin, la Commisison européenne doit donner son avis sur le budget des États européens et donc sur l'Italie. Selon toute vraisemblance, le pays ne parviendra pas à respecter ses engagements. Le risque d'une procédure pour déficit excessif demeure entier.

À la fin de l'année dernière déjà, la Commission européenne s'apprêtait à engager la procédure pour déficit excessif avant que des pourparlers avec les deux partis majoritaires, la Ligue et le M5S, ne permettent de l'éviter, de l'ajourner plus précisément.

À l'époque, il ne fallait pas taper trop fort sur l'Italie et risquer de faire monter le score des partis eurosceptiques. Les élections passées, la confrontation entre Rome et Bruxelles réapparaît de plus belle. D'autant plus forte que la Ligue sort revigorée par un bon score.

Et à entendre son chef Matteo Salvini, le 3 juin, il est résolu à appliquer son programme dispendieux (une baisse drastique de la fiscalité en particulier) malgré les rappels à l'ordre de Bruxelles. Dans une lettre à Rome la semaine dernière, la Commission a critiqué le manque d'efforts de l'Italie pour contenir sa dette colossale (qui culmine à 132% du PIB) et réduire son déficit record de 3,5%.

Vers une procédure disciplinaire ?

Si mercredi, la Commission estime que l'Italie enfreint les règles européennes en matière de trajectoire de sa dette, et que donc une procédure disciplinaire peut s'ouvrir, les ministres des Finances des États de la zone euro devront la valider d'abord. Puis l'Italie sera soumise à un contrôle plus stricte de son budget et devra revoir sa copie. En cas de non conformité, cela peut déboucher finalement sur des sanctions financières de l'ordre en théorie de 3,5 milliards d’euros. Une issue fatale qui actera la fin du dialogue entre Rome et Bruxelles. On n'en est pas encore là même si plusieurs États très attentifs à la rigueur budgétaire, les Pays-Bas par exemple, pousseront sans doute en ce sens lors d'un Conseil européen des Finances prévus les 8 et 9 juillet prochains.

Des mesures correctives du budget italien ne sont pas non plus sans risque. Le pays est sorti il y a peu de la récession et sa croissance est la plus faible de la zone euro. Même pour bruxelles et les voisins européens, il ne faudrait pas que l'Italie, 3e économie du continent, s'enfonce à nouveau au risque d'affecter la zone euro. Bref, tout le monde joue gros avec ce dossier.

Un coût de la dette défini par les marchés

En fait, c'est un cercle vicieux qui dure. L'absence de consensus politique en Italie exacerbe le risque de confrontation avec Bruxelles et augmente l'angoisse des marchés dont l'Italie dépend plus que jamais pour financer sa dette. Depuis des mois déjà, au fil des déclarations tonitruantes du duo Salvini-Di Maio, la crédibilité de Rome sur les marchés est mise à mal. Son taux d'emprunt à cinq ans est passé au-dessus de celui de la Grèce vendredi dernier. Difficile d'entrevoir la fin de ce cercle vicieux avec un Matteo Salvini qui est toujours en campagne puisque le 2e tour des municipales italiennes a lieu dimanche 9 juin et qui promet d'être plus têtu que jamais face à Bruxelles.

EN BREF

La France a attiré plus d'investissements étrangers dans l'industrie que l'Allemagne en 2018. Malgré les fermetures d'usine qui s'accumulent, le pays a recensé l'an dernier 1 027 projets d'investissements internationaux dans le secteur de l'industrie et de la recherche et développement d'après le cabinet Ernst et Young, +1% par rapport à l'an dernier. Là où ailleurs, ils reculent, au Royaume-Uni, Brexit oblige, mais aussi en Allemagne.

Il y a eu 339 implantations industrielles et 144 nouveaux centres innovants sur le territoire français. Un territoire qui attire les investisseurs grâce au foncier disponible, à une main-d'œuvre compétente et à des infrastructures de qualité selon Business France, l'agence publique chargée d'attirer les investisseurs étrangers. Même si, petit bémol, le taux de création d'emplois reste faible en général.

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