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À la Une: en Algérie, pas de présidentielle début juillet

Par Frédéric Couteau

Seulement deux dossiers de candidatures déposés, émanant qui plus est d’illustres inconnus : dans ces conditions, le Conseil constitutionnel algérien ne pouvait que reporter le scrutin présidentiel prévu le 4 juillet. Ce report n’est donc pas une surprise, estime le site d’information algérien TSA. La question qui se pose désormais c’est : « que va faire le pouvoir ? »

Pour la politologue Louisa Ait Hamadouche, interrogée par le site, « deux options sont sur la table. Soit le pouvoir politique continue sur sa démarche constitutionnelle [...]. C’est-à-dire reporte les élections, avec le même gouvernement, le même chef d’État et les mêmes lois, mais dans ce cas, poursuit-elle, il est fort probable que la prochaine élection se termine comme celle-ci. Sauf qu’entretemps on aura perdu beaucoup de temps. [...] L’autre possibilité, toujours selon Louisa Ait Hamadouche, c’est que la proposition d’ouvrir un dialogue soit réellement suivie d’actes concrets. Notamment que ce dialogue s’installe entre les représentants du pouvoir réel et les représentants de l’opposition et du soulèvement populaire. Il faudra aussi, poursuit-elle, instaurer un climat d’apaisement et de confiance pour que ces partenaires acceptent d’aller vers le dialogue, avec l’application de certaines mesures comme la levée des restrictions sur les libertés individuelles et collectives (de rassemblement et de réunion), l’amendement des lois sur les partis et les associations, autant de mesures qui peuvent instaurer un climat qui rassure et permette un vrai dialogue. »

Les deux « B » sur le départ ?

Ce qui est sûr pour le quotidien en ligne Le Matin, c’est qu’Abdelkader Bensalah et Noureddine Bedoui doivent partir :

« Les deux têtes de l’exécutif n’ont plus vocation à servir et doivent donc disparaître des écrans radars de la politique pour laisser place à des personnalités consensuelles. » En effet, poursuit Le Matin, « dès l’instant qu’il n’y aura pas d’élection présidentielle le 4 juillet et qu’aucun texte ne prévoit la prorogation de l’intérim du Chef de l’État, afin que ce dernier puisse procéder à une nouvelle convocation du corps électoral, à quoi bon maintenir une personnalité qui fait l’unanimité contre elle. Il n’y a pas non plus de raison de garder le Premier ministre et son gouvernement qui sont dans l’impossibilité de gérer les affaires de l’État. Le Gouvernement Bedoui pâtit d’un double déficit de légitimité : le premier vis-à-vis de la population qui réclame son départ depuis le premier jour où il a été nommé, le second vis-à-vis de sa propre administration qui n’exécute pas, exécute mal ou partiellement ses directives et instructions. »

Le peuple va-t-il avoir le dernier mot ?

La presse ouest-africaine s’interroge : que peut-il se passer désormais en Algérie ?

« Que va décider le général Gaïd Salah, chef d’État-major des Armées, ministre de la Défense et véritable maître du jeu politique algérien ?, se demande Aujourd’hui au Burkina. Que va-t-il suggérer à Bensalah pour gérer ce +bonus+ imprévu ? Quelle posture adopteront les Algériens qui depuis le 22 février +vendredisent+ chaque semaine pour écarter totalement le système Boutef et instaurer un nouveau paradigme politique ? »

Pour Ledjely en Guinée, « le général Gaïd Salah et les autres vont devoir mettre de l’eau dans leur vin et consentir à discuter avec ceux auxquels ils entendaient imposer leur agenda. Or, du dialogue auquel le chef d’État-major de l’armée n’est plus opposé, tout est possible. Y compris la remise à plat de toute la transition. »

En effet, poursuit Ledjely, Gaïd Salah n’est plus en position de force : « avec le report désormais acté de l’élection, il voit son ascendant psychologique s’amoindrir. D’autant qu’on pourrait contraindre le président par intérim, Abdelkader Bensalah, et son Premier ministre, Nourredine Bedoui, à quitter leurs fonctions respectives, au terme des trois mois prévus par la constitution. Dans cette éventualité, on pourrait alors déboucher sur des réformes d’une plus grande importance que ne le voulaient les partisans d’une élection rapide. »

Enfin, pour L’Observateur Paalga, c’est le peuple algérien qui pourrait bien avoir le dernier mot…

« Quand on sait que Bensalah est le premier des trois B que les croquants Algériens ne veulent plus voir à aucun poste de responsabilité à la tête de l’État, on imagine que la rue n’arrêtera pas de gronder de sitôt à Alger, Constantine, Oran, Annaba, etc. La faute à des apparatchiks qui jouent à noyer le poisson de la seconde révolution algérienne en faisant le pari d’essouffler la contestation populaire. Y parviendront-ils ? L’avenir nous le dira. En attendant, pour une présidentielle le 4 juillet prochain, c’est pari perdu pour Gaïd Salah. »

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