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La pression de Donald Trump sur le Royaume-Uni

Par Aabla Jounaïdi

Donald Trump arrive ce lundi en Europe. Il passera d'abord au Royaume-Uni, pour une visite d'État de trois jours, sous le signe de la controverse. La « relation spéciale » qui unit les deux pays traverse des eaux troubles entre désaccords sur le réchauffement climatique et sur le dossier iranien. Il y a aussi le Brexit, une opportunité pour Washington d’avancer sur certains dossiers, dont un futur accord de libre-échange entre les deux pays. Donald Trump n'hésite pas à faire pression sur le gouvernement britannique.

La tâche est rendue d’autant plus facile que le gouvernement britannique est en position de faiblesse puisque Theresa May a démissionné à cause de son échec à faire valider un accord de sortie de l'UE par le Parlement. Du point de vue de l’administration américaine, c’est le moment de pousser l'avantage. Dans le cadre des négociations à venir pour un accord de libre-échange « Etats-Unis-Royaume-Uni » les Américains entendent imposer leur cadre réglementaire qui ne colle pas exactement aux normes européennes.

Depuis un moment, Donald Trump suggère au Royaume-Uni de défaire les liens qui l’unissent à ses partenaires européens. Autrement dit, procéder à un départ de l’UE sans accord.

Claquer la porte sans payer sa part du budget européen en cours, la facture du Brexit évaluée à une quarantaine de milliards de dollars. L’administration américaine est d’autant plus confiante que dans la course à la succession de Theresa May, les partisans d’un Brexit sans accord ont de bonnes chances de l’emporter. Mais cette perspective est inenvisageable pour Bruxelles.

De quoi mettre le Royaume-Uni dans une position impossible

L’Europe, que Trump a prise pour cible depuis son arrivée à la Maison-Blanche, est un partenaire incontournable pour Londres. Trouver un accord avec l’UE, qui régisse le futur des relations, est vitale pour l’économie et la stabilité. Demain mardi, Donald Trump rencontre Theresa May et les patrons britanniques. Ils ne se priveront pas de faire part de leurs inquiétudes au président américain.

En même temps, les États-Unis sont le partenaire qu’il faut se concilier à tout prix. L’allié dans une relation qu’on qualifie de « spéciale » depuis des décennies et sans qui il est impossible d’avancer sur des dossiers sensibles comme la lutte contre le terrorisme, le dossier iranien, ou même le changement climatique.

Mais cette relation est mise à rude épreuve avec le bouillant président américain et ses assauts répétés contre son allié jugé pas toujours fiable.

C’est le cas de l’épineux dossier de la 5G

La 5G, c’est un terrain miné. Vous le savez, le Royaume-Uni envisage d’autoriser le groupe de télécoms chinois Huawei, au centre d’une controverse mondiale, à déployer le réseau 5G dans le pays... c’est l’internet du futur. La décision n’est pas encore prise, elle est repoussée jusqu’à ce qu’un nouveau Premier ministre soit nommé. Mais le débat fait rage pour savoir si la sécurité des infrastructures serait garantie.

Pour Washington, c’est évident, Huawei entreprise privée liée au gouvernement chinois représente une menace. Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine a même lancé une pique bien sentie il y a quelques semaines lors d’une visite à Londres. Il a comparé la mollesse attribuée à l’actuelle ministre Theresa May à la poigne de fer de Margaret Thatcher l’ancienne Première ministre qui, elle, (toujours d’après Mike Pompeo) n’aurait jamais laissé la souveraineté de son pays menacée par Pékin. Washington saura se montrer persuasif quitte à menacer ce qui fait le fondement de la « relation spéciale », l’échange du renseignement. C’est en tout cas ce que veulent faire croire les responsables américains interrogés par la presse outre-Atlantique ces derniers jours.

EN BREF

Les États-Unis montrent les muscles, forts d’une insolente croissance économique, mais ça pourrait ne pas durer. La récession, ce serait pour bientôt. C’est ce que suggère un groupe d’économistes interrogé dans une étude publiée aujourd’hui aux USA. Avec le champ des tensions commerciales qui s’élargit quasi de jour en jour, la croissance pourrait ralentir en 2019. Et 60% des économistes interrogés juste avant les dernières décisions de Trump contre le Mexique et l’Inde, pensent qu’une entrée en récession pourrait survenir avant la fin 2020.

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