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Des bourdons équipés de capteurs pour identifier les dangers qui les menacent

Par Dominique Desaunay

Des chercheurs américains ont équipé des bourdons d’un sac à dos électronique. L’objectif de cette expérimentation serait de créer en série des drones-vivants pour effectuer des missions de surveillance dans les champs, mais aussi d’identifier précisément les raisons du déclin de ces grands pollinisateurs. Rappelons que ces bienfaiteurs de l’Humanité assurent, avec leurs petites sœurs les abeilles, la pérennité de la production agricole mondiale.

(Rediffusion du 20 janvier 2019)

« Dans un pays de tous les temps. Vivait la plus belle des abeilles. Que l'on ait vu depuis longtemps. S'envoler à travers le ciel » nous contait autrefois en 1975, une vieille série télé de dessins animés intitulée Maya l'abeille. Malheureusement, la petite butineuse, partage aujourd’hui le sort de ses grands cousins les bourdons. D’innocentes victimes collatérales, du dérèglement climatique, des monocultures intensives et, bien évidemment, des traitements phytosanitaires exterminateurs d’insectes pollinisateurs. C’est la raison pour laquelle les chercheurs américains de l'Université Washington à Seattle, ont mis au point un système électronique, sans fil, suffisamment miniaturisé pour être fixé sur le dos des bourdons.

Le « sac à dos électro » de forme rectangulaire et d’une épaisseur négligeable, ne pèse pas plus de 102 milligrammes, ses dimensions sont ridiculement petites afin de ne pas entraver les mouvements de l’insecte. La surface de l’appareillage est d’environ 6 millimètres sur 7, cette plateforme intègre des capteurs pour collecter toutes sortes d’informations environnementales. C’est un système connecté, indiquent les chercheurs qui ont ajouté une micro antenne au paquetage, en choisissant avec soin l’espèce la plus vaillante qui en sera équipée. Cette transmission sans fil fonctionne dans les deux sens, elle permet de recueillir les données en temps réel et de reprogrammer en direct l’informatique embarquée, selon les circonstances rencontrées sur le terrain.

Le premier objectif des scientifiques est de pallier les déficiences des drones actuellement utilisés en agriculture. « Les batteries des mini-aéronefs mécatroniques ont une autonomie médiocre, en n’offrant pas plus de 30 minutes d’activités maximums aux appareils. » Font remarquer les chercheurs qui estiment que ces engins se révèlent à l’usage incapables d’effectuer un contrôle efficace dans les plantations.

Les drones-bourdons, en revanche, sont infatigables, réalisant des relevés précis de l’humidité, de la température ou encore de l’intensité lumineuse reçue par une parcelle, 7H durant. Sans oublier l’essentiel qui est de butiner le pollen et d’assurer naturellement la reproduction de nos plantes à fleurs. Les chercheurs, qui ont surnommé leur projet « d’Internet des objets vivants », comptent employer leurs bourdons augmentés pour identifier les dangers environnementaux qui les menacent. Si ces grands pollinisateurs et les abeilles venaient à disparaitre, c’est toute la production mondiale agricole qui serait compromise, ont conclu les scientifiques !

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