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À la Une: le lent retour de la dépouille d'Etienne Tshisekedi au pays

Par Frédéric Couteau

« On l’attendait depuis deux ans, s’exclame Le Phare, dès l’instant où la nouvelle de sa mort, le 1er février 2017, s’était répandue comme une trainée de poudre, en Belgique comme en République Démocratique du Congo et ailleurs. L’opinion tant nationale qu’internationale était unanime à ce sujet : Étienne Tshisekedi méritait des funérailles nationales, à la hauteur du long combat sans merci, sans armes, qu’il avait livré aux dictateurs qui avaient maintenu ce pays, des décennies durant, dans la pensée unique et la gestion sans partage des affaires publiques. Ce jeudi 30 mai 2019, pointe Le Phare, tout Kinshasa va se retrouver dans les rues, comme un certain 15 août 1992, lorsqu’il fut élu Premier ministre au Palais du Peuple, pour s’incliner, cette fois, devant sa mémoire. »

La fin d’une longue marche

En effet, renchérit Le Potentiel, « tout Kinshasa est mobilisé pour accueillir la dépouille (mortelle) d’Etienne Tshisekedi. Tshisekedi wa Mulumba, le plus vieil opposant aux régimes successifs de Mobutu, Kabila père et Kabila fils, va terminer sa longue marche. [...] Personnage central de l’histoire de la démocratie congolaise, Etienne Tshisekedi a été de tous les combats contre la dictature mobutienne et des Kabila, rappelle le quotidien kinois. Il a contribué à les affaiblir de l’intérieur par sa résistance non violente. Ce qui lui a valu la palme de “Père de la démocratie congolaise”. Farouche opposant, le lider maximo n’a cédé ni à la pression, ni à l’emprisonnement, ni à l’humiliation, encore moins à la torture que lui ont fait subir ses bourreaux successifs. Il aurait bien mérité de la nation d’être porté à la magistrature suprême. Hélas, le sort en a décidé autrement le mercredi 1er février 2017. Néanmoins, cette longue lutte de 37 ans a été couronnée en décembre dernier avec l’élection de son fils, Félix Tshisekedi comme 5e président de la République démocratique du Congo. Avec comme mission spéciale de concrétiser l’État de droit pour lequel son défunt père s’est battu toute sa vie. »

Tout un symbole…

Le site d’information Cas Info se fait lyrique : « la République démocratique du Congo s’apprête à vibrer. Et le mot risque de ne pas être assez fort pour décrire l’ampleur attendue de l’événement. Ultra populaire jusqu’à sa disparition le 1er février 2017 à Bruxelles, le Sphinx de Limete, comme les Congolais l’appelaient affectueusement, revient enfin reposer pour l’éternité dans sa terre natale. Une terre qui n’est plus sous contrôle de Joseph Kabila, son “ennemi” juré, mais celui désormais de son fils, Félix. Tout un symbole. L’image restera gravée dans la mémoire collective des Congolais pour longtemps. Un Tshisekedi, Président, portant en terre un autre Tshisekedi. L’opposant historique qui s’est battu pendant plus de 30 ans, “pour ne pas laisser la place à un autre”, ne pouvait rêver une telle fin de course en apothéose. »

Un exemple pour tout le continent

La presse ouest-africaine s’incline également devant cette figure de l’opposition… « Au-delà de la RDC qui rend hommage à un homme dont l’histoire personnelle se confond à celle du pays, c’est l’Afrique tout entière, s’exclame Le Pays à Ouagadougou, qui salue la mémoire d’Etienne Tshisekedi, qui se sera illustré pour sa constance dans son combat au sein de l’opposition politique et surtout pour son attachement aux valeurs démocratiques. Dans une RDC dont l’histoire fourmille de rébellions et de séditions, l’homme n’a jamais reculé. Sous cet angle, Etienne Tshisekedi constitue un exemple pour tout le continent. [...] Il ne reste qu’à espérer, conclut le quotidien burkinabé, que les restes du “vieux lion” féconderont et fertiliseront le sol congolais qui, aujourd’hui, a besoin de paix et de réconciliation pour relever le défi des immenses chantiers du développement. »

Le coût de ces funérailles : 3 milliards de FCFA ?

Enfin, « voilà aussi, pointe Aujourd’hui, toujours au Burkina, qu’une polémique née le mois dernier sur le coût de ces funérailles est exhumée : un document censé être confidentiel et signé du directeur de cabinet du président Tshisekedi fait état de 2,5 millions de dollars rien que pour le monument funéraire. Toutes les dépenses liées à ces obsèques pourraient aller jusqu’à 6 millions de dollars, soit 3 milliards de FCFA. Dans cet océan de misère, où le quotidien du citoyen lambda est lié à la débrouillardise et au système D, il est difficile de comprendre, estime le journal, cette dépense gargantuesque pour un mort. Et il serait sage de revoir ce budget à la baisse, s’exclame encore Aujourd’hui, en élaguant certaines dépenses, quand on sait que peut-être que sur ces 3 milliards de FCFA, plus de la moitié pourrait être “mangée” par des vivants, qui gravitent autour du cercueil. [...]Mort, conclut Aujourd’hui, Tshisekedi pourrait enrichir certains ripoux. S’il devait se réveiller, ces derniers trembleraient de toute leur carcasse. »

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