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Les européens Nokia et Ericsson peuvent-ils doubler Huawei?

Par Dominique Baillard

Pendant que le chinois Huawei bataille avec Washington pour éviter d'être totalement exclu du marché de la 5G américaine, ses concurrents européens, Nokia et Ericsson, jouent des coudes pour s'imposer. Sont-ils en mesure de prendre l'ascendant ?

À eux deux ils détiennent la moitié du marché du RAN, la technologie clé pour la 5G. Les deux sociétés scandinaves sont donc a priori bien placés pour damer le pion au chinois. Hier, ils ont marqué des points au Japon où le groupe Softbank leur a confié le contrat de la 5G au détriment de leur fournisseur chinois. C’est une belle performance, mais juste une petite étape sur une longue route. Si Huawei est le numéro un mondial, c’est parce qu’il est le meilleur sur le plan technologique comme sur le plan commercial. Le chinois a d’ailleurs réalisé un excellent premier trimestre, avec une quarantaine de nouveaux contrats à son actif. Pour le rattraper, il faut avoir les reins solides et mettre les bouchées doubles. « Ce n’est pas un sprint, mais un marathon », a prévenu le patron du finlandais Nokia.

C’est aussi un duel féroce entre les deux Scandinaves

Un duel qui pourrait être dévastateur. Le finlandais Nokia accuse son rival suédois Ericsson, sans le nommer bien sûr, de casser les prix. Chacun essaie de tirer la couverture à soi. Le finlandais revendique la signature de 37 contrats depuis l’été dernier, et le suédois Ericsson seulement la moitié. Mais Nokia n’a pas encore complètement digéré le rachat d’Alcatel Lucent, cela pèse sur ses comptes et ralentit ses livraisons dans la 5G. Les deux Européens doivent aussi faire face à la concurrence accrue du Sud-Coréen Samsung, lui aussi alléché par la guerre commerciale sino-américaine. Enfin, cette course n’est pas sans danger pour leur équilibre global. En gagnant des parts de marché au détriment de Huawei ils s’exposent à des représailles chinoises, or, ce marché chinois compte pour eux, Nokia réalise 11% de son chiffre d’affaires dans ce pays et Ericsson 7%.

Nokia et Ericsson bénéficient-ils d’un appui politique en Europe ?

Plusieurs pays européens refusent de fermer la porte à Huawei. C’est le cas de la France. Pour l’institut Montaigne c’est une erreur que deux experts de la Chine, Mathieu Duchatel et François Godement dénoncent dans un rapport virulent. Ce think tank libéral recommande fermement aux Européens d’exclure Huawei à titre préventif, pour des raisons de sécurité et aussi pour de bonnes raisons économiques. D’après ces deux experts c’est le moment ou jamais de voir émerger un champion européen dans le secteur des hautes technologies. Jusqu’à maintenant l’Europe a surtout défendu les intérêts des consommateurs, soulignent-ils, ce qui a rogné la capacité d’investissement des équipementiers. « L’Europe a ainsi perdu le leadership dans la constitution de la norme 5G, cela peut présager un décrochage. » Ce plaidoyer est bienvenu pour les deux Scandinaves. Le patron du suédois Ericsson demande lui aux régulateurs européens d’accorder leurs violons pour attribuer au plus vite de nouvelles fréquences à la 5G, il leur demande aussi d’éviter de faire exploser la facture pour les opérateurs téléphoniques, histoire de leur laisser une chance dans les appels d’offres lancés en Europe.

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