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France: le gouvernement sous pression face au plan social de General Electric

Par Aabla Jounaïdi

Un énorme plan social attend les salariés français du géant américain de l'énergie General Electric. Plus de 1000 emplois, beaucoup plus que ce qui était redouté, vont être supprimés, notamment à Belfort dans l'Est du pays. 800 postes y seront supprimés dans l'activité des turbines à gaz. Les salariés sont sous le choc. General Electric n'a pas honoré les engagements pris lors de l'achat de la branche énergie du français Alstom en 2015. Et dans un contexte social déjà tendu, la responsabilité du gouvernement est pointée par les protagonistes du dossier.

Après Ascoval, Ford Blanquefort, Emmanuel Macron, le président français est interpellé sur ce énième échec industriel en peu de temps. Hier soir, il a promis que le gouvernement allait s’assurer que les engagements pris en 2015 par General Electric lors du rachat par l'américain de la branche énergie d'Alstom seraient tenus.

Un rachat qui avait fait couler beaucoup d'encre à l'époque en raison de la nature sensible des activités du groupe français dans le nucléaire et dans la défense.

Emmanuel Macron y avait déjà joué un rôle. En tant que ministre de l'Economie, il avait validé l'opération (initiée en catimini) par les deux groupes français et américains.

De quels objectifs parle le gouvernement français ?

General Electric s'était engagé à implanter plusieurs sièges mondiaux du groupe en France. Cette partie a été honorée par le géant américain.

Dans le contexte de fort ralentissement de l'activité des turbines à gaz, le groupe avait aussi promis d'épargner les sites français d'un vaste plan de restructuration mondial.

Pour le ministère de l'Economie, la France a été relativement préservée. Jusqu’aujourd’hui. Concernant l'objectif de créer 1000 emplois nets d'ici fin 2018,  cela n'a jamais été honoré. Et, General Electric a été sanctionné pour ça. Il a dû payer 50 millions d'euros qui alimentent depuis cette année un fond de ré-industrialisation.

Mais le ministère de l'Economie souligne un point. Les suppressions de postes annoncées hier touchent surtout la branche « turbine à gaz » racheté par les Américains non pas en 2015 mais dès1999, donc ils ne sont pas concernés par les engagements pris en 2015.

De quels autres engagements pris en 2015 parle le gouvernement dans ce cas ?

Il y avait un engagement de GE de développer le site de Belfort. Or, les syndicats estiment qu'en ayant déplacé une partie de la production vers les Etats-Unis, la direction a condamné le site. Selon les syndicats, il aurait suffi d'attendre que ce secteur soumis à des cycles reprenne de la vigueur pour sortir du déclin.

Mais GE soumis à d'énormes problèmes financiers, une très lourde dette en particulier, a refusé d'attendre.

Tout l'enjeu maintenant, c'est l'avenir de ce site donc. Outre l'accompagnement des salariés qui est une obligation légale, c'est tout un territoire qu'il faut sauver.

Y a-t-il des pistes de reconversion déjà pour Belfort ?

Malgré l'apparente saignée, le gouvernement assure que GE veut maintenir le site et donc les compétences. Il faudra donc réfléchir à l'avenir.

Des pistes déjà évoquées

Développer le site autour de la branche aviation de GE qui fournit avec un certain succès des moteurs à Airbus - Ou encore, le démantèlement des centrales nucléaires, un domaine que connaît déjà Belfort puisqu'on y produit les turbines Arabelle des réacteurs d’EDF.

Des projets de développement qui pourraient être financés par le fond de réindustrialisassions de 50 millions d'euros dont on a parlé tout à l'heure. Vu les circonstances, il pourrait profiter surtout au territoire de Belfort aux salariés de General Electric...comme aux nombreux sous-traitants.

Mais avant cela, il y a la procédure de restructuration

Oui, légalement, impossible de se lancer aujourd'hui dans des chantiers de diversification. La période de consultation des syndicats s'ouvrira en juin. Le gouvernement sera impliqué. Il dit vouloir atténuer les dégâts, en limitant au maximum le nombre de licenciements secs. Mais il n'échappera pas aux critiques désormais récurrentes sur son incapacité à imposer aux groupes privés étrangers de s'engager sur la pérennité de l'activité industrielle (et donc des emplois) dans les territoires. En attendant, les 1000 salariés n'ont que leurs yeux pour pleurer. General Electric leur a promis des « mesures d'accompagnement social et psychologique ».

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