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Le mariage en vue entre Fiat Chrysler et Renault va-t-il pénaliser l’emploi ?

Par Dominique Baillard

La perspective d'un mariage transatlantique dans l'industrie automobile entre l'Italo-Américain Fiat-Chrysler et le Français Renault enchante les marchés tandis que les gouvernements concernés demeurent vigilants sur les conséquences sociales.

Les grandes marques automobiles sont souvent considérées comme des trésors nationaux, leur sort est donc toujours très sensible sur le plan politique, d'autant plus que cette industrie demeure un pourvoyeur d'emplois de premier plan. Ce projet de mariage qui aboutirait à créer un nouveau mastodonte, un numéro trois mondial de l'auto, c'est bon pour l'ego des Italiens, des Français et des Américains, à condition que l'économie nationale de chacun des protagonistes soit réellement gagnante.

Les marchés qui ont fait grimper les actions des deux sociétés parient sur les profits futurs que pourraient générer les synergies engendrées par la fusion: elles sont estimées à 5 milliards de dollars sur six ans, alors que les gouvernements réfléchissent aux pertes potentielles qui pourraient survenir après la noce.

En Italie le nouvel homme du gouvernement, Matteo Salvini, est plutôt favorable à ce mariage

Le vice-Premier ministre, prompt à dénoncer ces entreprises françaises qui viennent rafler les grandes marques italiennes trouve cette opération « brillante ». Parce que cette fois c'est un mariage entre égaux et non un rachat et surtout parce qu'il y a péril en la demeure pour la marque italienne. Les usines Fiat tournent au ralenti. C'est d'ailleurs à cause de l'érosion des ventes de ce fleuron transalpin que John Elkann, l'héritier de la famille Agnelli qui dirige le groupe Fiat-Chrysler est en quête d'un nouveau partenaire. Depuis son mariage avec Chrysler il y a tout juste dix ans les ventes de Fiat ont chuté d'un tiers, le constructeur italien est aujourd'hui le boulet du groupe. Avec Renault la marque italienne compte faire des économies sans fermeture d'usine. Pour préserver l'intérêt des Italiens, Matteo Salvini pose toutefois ses conditions : s'il le faut l’État est prêt à monter au capital de la nouvelle entité.

Car l'Etat français est encore actionnaire de Renault à hauteur de 15%

Ce levier lui donne des droits de vote qui compte double au sein de l'Alliance avec le Japonais Nissan. Mais, dans le contrat de ce mariage transatlantique, l'Etat devra renoncer à ce privilège et accepter de voir sa participation au capital réduite de moitié.

Bercy et l'Elysée n'y voient pas d'inconvénient. A condition que l'emploi soit maintenu et que ce nouveau champion transnational participe au futur consortium européen des batteries électriques. Rome et Paris, que tout oppose politiquement, sont sur le fond favorables à cette union qui renforcerait leur champion national respectif à un moment il faut le dire critique pour l'industrie automobile.

Elle doit investir massivement dans le véhicule du futur alors que le marché mondial est moins porteur et que la guerre commerciale sévit. Les constructeurs européens sont encore sous la menace d'une forte hausse des tarifs douaniers, une menace signée Donald Trump.

Comment cette opération de concentration est-elle perçue aux Etats-Unis?

Du côté de la Maison Blanche, pas de réaction officielle. Ce n'est pas dans la culture américaine de commenter la décision d'un groupe privé. Fiat-Chrysler a plutôt les faveurs de Donald Trump depuis qu'il a annoncé il y a quelques mois la construction d'une usine dans le Michigan et le recrutement de 6 500 ouvriers pour la faire tourner.

Mais comme en Europe, toute crainte sur l'emploi pourrait provoquer la colère de l'administration, un tweet comminatoire du président américain.

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