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Littérature sans frontières
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Werewere-Liking, écrivaine et artiste d'origine camerounaise, invitée d'honneur en Norvège

Par Catherine Fruchon-Toussaint

À l'occasion du «Norsk Literature Festival» qui se tient actuellement à Lillehammer en Norvège, et où la littérature française est invitée d'honneur cette année, rencontre avec l'écrivaine et artiste Werewere-Liking originaire du Cameroun, et venue de Côte d'Ivoire, participer à ce festival où une partie de son roman «La mémoire amputée» a été traduite en norvégien et présentée au grand public.

Portrait d'une femme qui s'intéresse à tous les arts : écriture, peinture, mise en scène, cinéma... dans «un mouvement pour la renaissance des arts africains, pour la naissance d'une culture panafricaine contemporaine et pour une rencontre et une reconnaissance des cultures du monde noir». C'est aussi grâce à son engagement auprès de la jeunesse qu'elle accueille, depuis 1985, au sein de la communauté du Village Ki-Yi à Abidjan que Werewere-Liking s'est forgé une réputation internationale.

Couverture du roman ©NEI

"Dans la famille, on m'appelle affectueusement Fitini Halla, qui veut dire petite Halla, pour me distinguer de ma grand-mère paternelle dont je suis l'homonyme et que l'on nommait Grande Halla, ou Grand Madja. Je vis sur ma huitième décennie. Je suis définitivement chanteuse, lasse de courir derrière mille métiers. À un moment de ma vie, je suis devenue écrivain et pensais le demeurer, mais je me suis lassée d'écrire vainement (les mots ou des signes qu'aucun des miens ne savait lire. C'est décourageant de décrire des émotions qu'on semble seul à ressentir quand on s'entend toujours dire : « Où as-tu encore été chercher ça ? » pour ce qu'on vit au quotidien avec les siens, auprès d'eux.
Alors j'ai essayé de voir ailleurs et autrement, de produire des choses plus simples : de la nourriture, des habits, des bijoux, et surtout, des chansons qui rendent plus facilement les gens heureux et les rapprochent d'un minimal état de bonheur continuel dans la vie, face aux épreuves comme dans l'aisance. Dès lors, les gens autour de moi semblaient plus en harmonie avec moi." (Début du roman)

L'écrivaine franco-sénégalaise Fatou Diome se souvient du naufrage du Joola en 2002