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L’avenir de l’euro dépend-il des élections européennes?

Par Dominique Baillard

« Jamais l’euro n’a été aussi menacé », selon Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances interrogé sur le risque de dislocation au lendemain des élections parlementaires européennes. Cet avertissement solennel est-il vraiment justifié ?

Pour savoir s’il y a ou pas péril en la demeure, regardons comment les marchés anticipent la poussée des nationalistes aux élections européennes, car ce sont eux les forces hostiles à l’euro. Ce n’est pas à un sujet à la Bourse de Paris. Hier comme avant-hier, les actions montent ou descendent au gré des derniers rebondissements de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis.

Idem sur le marché des changes où l’euro est en baisse face au dollar, à cause des tensions commerciales et aussi à cause des perspectives pas très rassurantes diffusées hier par l’OCDE. En revanche, rien n’indique pour l’instant qu’une poussée des nationalistes pèse sur la monnaie européenne. En bref, le sort de l’euro n’inquiète pas encore les investisseurs.

Pourquoi Bruno Le Maire est-il aussi alarmiste ?

Si Bruno Le Maire dramatise, ce n’est pas pour faire plonger l’euro, ce serait d’ailleurs assez maladroit de la part du ministre des Finances de la deuxième puissance économique de la zone euro. Mais c’est parce qu’il est en campagne électorale. À quelques jours d’un scrutin qui se résume en France à un duel très serré entre le parti du président Macron et le Rassemblement national, le parti eurosceptique de Marine Le Pen, il utilise un argument politiquement payant : car en France comme dans la plupart des pays membres de la zone euro, les citoyens sont très attachés à la monnaie unique. D’après un sondage réalisé en décembre pour les 20 ans de l’euro, 67 % des Français souhaitent conserver cette monnaie, même s’ils lui trouvent bien des défauts. En évoquant une menace sur l’euro, Bruno Le Maire a l’espoir de ramener vers la liste de la République en marche des électeurs tentés par les sirènes du Rassemblement national.

Bruno Le Maire voit surtout le danger venir de l’Italie

Il pointe du doigt Matteo Salvini qui veut, dit-il, la disparition de la monnaie commune. Cela fait partie du fonds de commerce de son parti, la Ligue, aujourd’hui au pouvoir avec le Mouvement 5 étoiles. Mais comme la plupart des opposants à l’euro, il n’a pas réussi à convaincre les électeurs, faute d’avoir exposé un plan crédible de retour à la lire. Ce thème a donc été mis en veilleuse. Et aujourd’hui le plus grand risque que l’Italie fait courir à la zone euro, c’est celui d’une nouvelle crise gouvernementale, car l’alliance des populistes est en train de se briser sur la construction du prochain budget.

Il y a une dizaine de jours, Matteo Salvini a fait frémir les marchés en déclarant qu’il voulait dépenser plus pour relancer la croissance, quitte à s’affranchir des règles de la zone euro. Luigi di Maio a rétorqué qu’il s’opposerait à tout ce qui alourdira la dette de son pays, déjà monstrueuse. Elle représente 132 % du PIB de l’Italie et faute de croissance, elle pèse de plus en plus lourd, malgré les engagements des populistes pris en décembre avec la Commission de Bruxelles.

Cela pourrait déclencher un nouveau bras de fer entre Rome et Bruxelles ?

Sans doute, les investisseurs s’attendent à de nouvelles étincelles. Mais personne n’anticipe dans les prochains mois une crise susceptible de provoquer la mort de l’euro. En témoigne la faiblesse des taux des pays du sud de la zone euro comme l’Espagne ou le Portugal qui empruntent à dix ans autour de 1 %. Le taux de l’Italie reste beaucoup plus élevé, à 2,642 %, mais lui aussi a reculé hier sur le marché de la dette.

 

En bref,

 

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