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Ebola: à qui profitent les «obligations pandémies» de la Banque mondiale?

Par Dominique Baillard

Ebola continue à faire des ravages en République démocratique du Congo. Pour faire face aux besoins de financement, la Banque mondiale a eu recours à une assurance contre les pandémies. Ce nouveau dispositif est-il à la hauteur de ses promesses ?

Ce nouvel outil, le Pandemic Emergency Financing Facility, mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie, a été imaginé après la terrible pandémie d’Ebola de 2014 et 2015. Il y a eu alors plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest en partie parce que les institutions ont mis trop de temps à mobiliser les fonds nécessaires pour intervenir rapidement.

Pour éviter ces lenteurs, la banque a alors décidé de faire appel aux capitaux privés pour mettre au point une sorte d’assurance qu’on peut déclencher quasiment en temps réel. Sur les marchés, le succès a été immédiat : 95 millions de dollars ont été levés pour couvrir le risque des pandémies les plus graves comme Ebola.

Depuis qu’Ebola sévit en République Démocratique du Congo, quel montant l’assurance a-t-elle versé à ce pays ?

Dix millions de dollars ont été versés en février et une deuxième tranche du même montant a été débloquée il y a quelques jours. On est donc très loin des montants levés sur les marchés. Pourtant le programme stipule bien qu’en cas de pandémie, les fonds prêtés sont distribués aux pays pauvres dans le besoin et donc définitivement perdus pour les investisseurs. Mais le diable se cache dans les détails, c’est particulièrement vrai dans le domaine de l’assurance qui prévoit toujours des conditions très précises pour être activée. Dans ce cas, il faut au moins 250 morts. Un cap franchi depuis longtemps puisqu’on est déjà à plus de 1000 cas mortels en RDC.

En revanche l’autre condition - que la pandémie franchisse les frontières - est bien un péril, mais pas encore une réalité. Les investisseurs croisent donc les doigts en espérant qu’Ebola n’atteigne pas l’Ouganda. Pour le moment, ces obligations pandémies leur rapportent surtout de juteux rendements de 11 %.

Et qui verse ces intérêts ?

L’Allemagne et le Japon, au titre de l’aide au développement. Ces deux pays ont aussi fait un don de plusieurs dizaines de millions de dollars à ce mécanisme d’urgence pandémie, une cagnotte mobilisable quand les conditions fixées par l’assurance ne sont pas remplies. C’est donc précisément une partie de leur don qui est actuellement transférée à la RDC. De quoi faire hurler toutes les ONG actives dans le développement. On est loin du dispositif gagnant-gagnant décrit à sa création, pour le moment les pertes de ces obligations pandémies sont portées par les États tandis que les profits bénéficient aux groupes privés.

Quel est l’avenir de ces « obligations pandémies » ?

Elles arrivent à maturité en juillet 2020, cela veut dire qu’elles seront remboursées à cette date et la banque mondiale prévoit déjà d’en émettre de nouvelles sur le marché. Les négociations ont commencé avec les réassureurs. La banque mondiale s’inspire de ce qui existe déjà dans le domaine de l’assurance catastrophe, avec les cat bonds, les obligations catastrophes. Et avec son nouveau président, l’américain David Malpass, un soutien de Donald Trump qui trouve l’institution trop dépensière, il y a fort à parier que la financiarisation de l’assistance prenne un peu plus le pas sur la solidarité entre les États.

En bref,

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Depuis le début du mois d’avril, la monnaie électronique a regagné 75 % de sa valeur. La hausse aurait été déclenchée par les achats des baleines, c’est comme ça qu’on appelle les traders qui ont fait fortune avec des achats massifs de bitcoin, ce qui tend à faire grimper les cours. Le bitcoin vaut actuellement 6200 euros, soit 7 400 dollars. C’est encore loin de son sommet historique à 20 000 dollars.

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