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BioUrban, l’arbre robot

Par Dominique Desaunay

Une société mexicaine a mis au point un « végétal » hybride mi mécanique, mi-biologique qui a la capacité de filtrer l’air pollué dans les villes en rejetant autant d’oxygène que 300 arbres.

Sur la planète, plus de la moitié de l’humanité vit désormais dans des mégalopoles. Aux émissions de polluants crachées par les industries, s’ajoutent celles liées aux activités humaines et principalement à la circulation automobile urbaine fonctionnant aux énergies fossiles. Selon l’Organisation mondiale de santé, 7 millions de personnes meurent chaque année à cause de la pollution de l’air ambiant.

Les liens de cause à effet, entre une végétation qui se raréfie en ville, la dégradation de qualité de l’air dans les cités et l’appauvrissement de la biodiversité dans notre monde ultra-urbanisé ne sont plus aujourd’hui à prouver.

En conséquence, il n’est plus temps de se prendre le chou, a décidé la société mexicaine BioMiTech devant l’imminence d’une catastrophe écologique maintes fois annoncée.

L’entreprise a mis au point un arbre électromécanique bioinspiré par le phénomène de la photosynthèse des végétaux. Le Biourban 2.0, a la capacité d’épurer l’air pollué et de rejeter autant d’oxygène que 368 eucalyptus naturels. La structure de base de l’arbre robot mexicain est métallique, elle mesure 4 mètres de haut et renferme dans cinq cylindres, 500 litres de micro-algues. Ces organismes vivants ont la faculté de digérer le dioxyde de carbone, le dioxyde d’azote, le monoxyde de carbone en filtrant jusqu’à 13 millions de mètres cubes d’air par an, selon les données techniques du site web de la société mexicaine.

Les algues, sont changées une fois tous les trois ou quatre mois, elles ne sont pas ensuite jetées, mais recyclées afin de servir d’engrais pour les cultures. Les fondateurs et dirigeants de BioMiTech précisent que leur technologie ne sert pas à remplacer les véritables arbres, mais qu’elle permet de réduire la pollution atmosphérique dans des endroits stratégiques comme des routes, des carrefours, des intersections et des sites fortement pollués sur lesquels il n’est pas possible d’implanter la moindre végétation.

Tout le dispositif fonctionne en automatique 7j/7 et 24h/24 et une batterie de capteurs mesurent la qualité de l’air en temps réel. La nuit, les algues continuent leur travail de photosynthèse et de recyclage de l’air grâce à un éclairage artificiel dont l’énergie a été fournie dans la journée par des panneaux solaires surplombant le système.

Le coût d’un arbre robot s’élève à 50 000 dollars l’unité, plusieurs ont déjà été installés au Mexique, au Panama, en Colombie et en Turquie. Mais le Biourban compte aussi planter ses racines 2.0 en France et le Royaume-Uni a le projet de déployer une forêt de 300 arbres robots aux alentours de Londres.

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr