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En Argentine la rue et les marchés sanctionnent les échecs du président Macri

Par Dominique Baillard

En Argentine les services publics et les transports seront quasiment à l’arrêt ce mardi 30 avril en raison d’un nouvel appel à la grève générale contre la politique économique du président Mauricio Macri alors que le pays ne parvient pas à sortir de la crise économique.

La rue comme les marchés doutent de plus en plus de ses capacités à redresser l’économie et c’est vrai qu’il y a de quoi s’affoler. Les entreprises ferment les unes après les autres, le chômage augmente, il est à 9% et surtout les prix flambent : +55% en valeur annuelle, tout est de plus en plus cher, trop cher. Un Argentin sur trois est aujourd’hui considéré comme pauvre, c'est le plus fort taux depuis la précédente crise de 2001. Rien ne semble pouvoir arrêter ce dragon de l’inflation qui, avec la baisse du peso, pousse à nouveau le pays tout au bord du gouffre.

L’Argentine est pourtant assistée par le FMI depuis l’été dernier ?

Le FMI honni par les Argentins a été sollicité par Mauricio Macri pour juguler la crise monétaire. Il a fourni le plus grand plan d’assistance de son histoire en prêtant au total 56 milliards de dollars à l’Argentine. La Banque centrale utilise ces billets verts pour soutenir le peso, mais sans succès jusqu’à maintenant. Elle va continuer sur des montants beaucoup plus importants, a-t-elle annoncé hier lundi. La valeur du peso a fondu de moitié l’an dernier et il a encore perdu 16% face au dollar depuis janvier. Plus la monnaie glisse, plus les investisseurs se dérobent. C’est un cycle infernal. Entretenu par la présence du FMI. Les fonds savent que dans le pire des cas, c’est-à-dire en cas de défaut de paiement, le remboursement du Fonds sera prioritaire, ils préfèrent donc vendre leurs pesos et leur dette argentine avant qu’il ne soit trop tard.

Cette crainte du défaut est-elle fondée et pourquoi a-t-elle ressurgi ?

C'est la proximité des élections qui alimente cette peur. Plus les prix montent, plus la cote de Mauricio Macri baisse, il pourrait donc perdre le scrutin qui aura lieu dans six mois. La peur est montée d'un cran depuis qu'il est même donné au coude à coude avec Cristina Fernandez dans les sondages. L’ancienne présidente ne s'est pas encore déclarée, mais son retour associé au souvenir d'une politique économique hétérodoxe hostile au FMI donne déjà des sueurs froides aux créanciers. Celle qui est considérée comme responsable du grand désordre économique et financier dans lequel se trouve aujourd’hui l’Argentine a retrouvé les faveurs des électeurs grâce à la récession ! Malgré les multiples procès en corruption auquel elle doit répondre. Son dernier livre « Sincèrement », en rayon depuis vendredi dernier, est déjà un succès de librairie.

Mauricio Macri avait promis de mater l’inflation, pourquoi a-t-il échoué ?

Certains analystes estiment qu’il a agi trop peu trop tard, qu’il aurait dû d’entrée de jeu, dès son élection, faire un plan d’austérité sévère pour juguler les déficits de son pays. Il a aussi pâti d'un contexte extérieur néfaste. Le rebond du dollar a fragilisé toutes les monnaies émergentes. Le comble pour ce libéral de centre droit c’est qu’il a fini par se convertir aux recettes du péronisme que lui-même réprouve. Depuis dix jours les prix d’une soixantaine de produits sont bloqués. C’est son ultime tentative pour mater l’inflation et conserver ainsi une chance de remporter l'élection.

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