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Revue de presse française
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A la Une: les Français devront-ils bientôt travailler plus?

Par Maxime Jaglin

C’est le débat qui agite aujourd’hui les éditorialistes. Un débat qui ne date pas d’hier, c’est même une vieille rengaine, et elle revient sur la table, car il se pourrait bien qu’Emmanuel Macron lève le voile ce jeudi en conférence de presse sur ces intentions en matière de Travail.

Les Français devraient donc travailler plus, notamment en solidarité pour financer la dépendance des personnes âgées. Le président voulait en faire le vœu lors de son allocution reportée lundi dernier à cause de l’incendie de Notre-Dame. Depuis les informations ont fuité, et donc, commente L’Union ce matin, « Emmanuel Macron, en fin limier de la com » a eu tout le loisir d’observer les réactions ». Alors travailler plus, peut-être mais comment ? « La méthode pour y arriver reste un mystère », nous dit Le Parisien qui s’interroge : « Faut-il réduire le nombre de jours fériés ? Modifier la durée du travail hebdomadaire ? Retarder l’âge de départ à la retraite ? » On en saura peut-être plus jeudi, mais déjà, ce chiffre avancé par le quotidien : 36,3 heures. C’est le temps que l’on passe en France au bureau ou à l’usine, et c’est plutôt « légèrement au-dessus de la durée hebdomadaire de travail en Europe ». C’est plus par exemple que nos voisins allemands qui passent souvent pour des travailleurs appliqués.

« Travailler sans être payé pour financer la dépendance des aînés ? La question tombe du ciel comme un œuf de Pâques. » s’amuse Le Midi Libre qui se demande surtout « ce que vient faire ce sempiternel débat en pleine crise des “gilets jaunes”. C’est une question hors sujet qui risque fort d’échauffer un peu plus les esprits. » Même son de cloche dans Les Échos : « le sujet est ultrasensible, les options finalement peu nombreuses et très impopulaires ». Pour convaincre, le gouvernement a donc encore un peu de travail.

Son travail à lui c’est d’être journaliste indépendant, mais Gaspard Glanz ne pourra plus l’exercer lors des manifestations parisiennes des gilets jaunes

La presse revient en effet largement sur l’arrestation samedi dernier de ce reporter lors de l’acte 23 des gilets jaunes à Paris. Après 48 h de garde à vue pour outrage à agent, il est sorti hier du tribunal avec une interdiction de se rendre aux manifestations dans la capitale. C’est pourtant le cœur de son métier, filmer les rassemblements au plus près. Mediapart dénonce donc ce matin « une nouvelle entrave à la liberté de la presse ». Même constat sur le site Reporterre (*) : « Cette décision revient à lui interdire de couvrir les manifestations des Gilets jaunes et d’autres ayant lieu ces jours-là. Autrement dit, d’exercer son travail de journaliste ».

Pour La Charente libre, Gaspard Glanz est aussi un symbole : car son arrestation c’est celle « d’un des pionniers d’une nouvelle forme de journalisme, présents sur tous les fronts des luttes sociales, à notre Dame des Landes, contre la loi Travail ou pendant Nuit debout ». La plupart des photographies le montrent en effet casque sur le front, au contact à la fois des policiers des manifestants.

Avec ce pédigrée, ce n’est pas la première fois qu’il est interpellé rappelle de son côté Libération pour qui « ses rapports plus que tendus avec la police tiennent aussi à ses révélations sur les comportements des forces de l’ordre ». On a aussi entendu parler de lui dans le cadre de l’affaire Benalla par exemple, où il avait fourni plusieurs vidéos attestant de la présence de l’ancien garde du corps d’Emmanuel Macron à la manifestation du 1er mai 2018 à Paris. Un journalisme résolument engagé, voir militant, « pas vraiment de quoi se faire aimer du pouvoir » conclut le journal de gauche.

Les forces de l’ordre, justement, qui reçoivent aujourd’hui un soutien quasi unanime dans les médias après les violents slogans prononcés ce weekendend par certains manifestants.

La vidéo tourne en boucle sur les chaines d’information. Elle date de samedi dernier à paris. On y voit une foule, plutôt hostile, scander « suicidez-vous ». Des mots d’une rare violence jetés au visage des policiers par certains gilets jaunes, alors que la profession connait une vague de suicides sans précédent. Hier ce sont des graffitis avec le même slogan qui ont été découverts sur les murs d’une gendarmerie en Bretagne. Alors une enquête a été ouverte souligne La Voix du Nord (*). De l’autre côté de la France, pour L’Éclair des Pyrénées, « Les gilets jaunes ont passé les bornes ». Dans l’édito du quotidien régional on peut lire : « Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, il n’y a pas des méchants gilets jaunes et des gentils gilets jaunes [...] », entendez : ils tous dans le même bateau.

Et puis lui a dédié sa vie à dépasser les bornes, mais les bornes de la physique et de la technologie ! À l’occasion des 500 ans de la mort de Leonard de Vinci, Ouest France brosse le portrait d’un inventeur de génie...

Le vélo, l’automobile, le parachute ou encore l’hélicoptère. Tout cela, Leonard de Vinci l’avait imaginé, croqué dans ses carnets d’inventeur. Car « le père de la célébrissime Joconde était aussi un ingénieur reconnu », rappelle le quotidien de l’Ouest. L’histoire a retenu que l’artiste florentin était peut-être trop en avance sur son temps. Mais avait-il vraiment tout vu avant tout le monde ? La question se pose, car le journal donne aussi la parole à l’historien Pascal Brioist qui nous dit, et c’est surprenant, que l’« on veut tellement faire de Léonard un génie qui a inventé le futur, que l’on gomme complètement le fait que lui-même ne faisait que reprendre des inventions du Moyen Âge, en les perfectionnant. ». Alors s’il faut finalement parler de mythe, comment s’est-il construit interroge Ouest France ? Et bien c’est assez simple répond en creux cet historien, à la fin du 19e siècle quand les travaux de Leonard de Vinci sont découverts ou redécouverts, « Il y a un besoin de mettre en valeur une sorte de génie latin face à la barbarie, quelques années seulement avant le début de la Première Guerre mondiale. De Vinci était déjà reconnu pour sa peinture, on en fait un visionnaire en mythifiant tout cela à des fins idéologiques et politiques ». De Vinci, un génie manipulé donc, mais qui reste 500 ans après sa mort dans le château d’Ambroise en France, la figure mythique de la renaissance italienne. Et cela, personne ne lui enlèvera.

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