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La Parlotte de Charlotte
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Immigration sur place

Par Charlotte Ntamack

Il y en a qui continuent de croire que pour quitter l’Afrique et se retrouver en France, en Belgique, aux États-Unis, bref, dans un de ces « eldorados occidentaux », il faut prendre un avion ; alors qu’il suffit juste d’emprunter un taxi ou d’y aller simplement à pied. Aller en Occident tous les jours, quand et comme on veut, c’est la chose la plus évidente pour un Africain. Eh oui, Paris, Bruxelles, Montréal, ou New York ne sont pas toujours si loin que ça et même, se trouvent très souvent au bout de la rue, juste à une petite encablure de chez toi. Traverse la route, monte la colline, sur ta droite devant le grand manguier, tu tomberas net sur le Moulin Rouge, bienvenue à Paris !

Évidemment, Paris n’est rien sans la tour Eiffel située derrière le kiosque du cordonnier. Contourne la tour Eiffel, passe devant la vendeuse de beignets, longe l’avenue Kennedy, traverse le quartier Santa Barbara tu arriveras au Pentagone, situé en face du Las Vegas qui jouxte la terrasse de la Maison-Blanche. Si nos villes africaines regorgent de pancartes au-dessus des snacks, cabarets, bars et autres maquis, avec ces noms venus d’ailleurs, c’est que les propriétaires de ces lieux pour lutter contre l’immigration de masse et retenir les jeunes Africains chez eux, ont compris qu’il faut leur rappeler à travers ces enseignes lumineuses que même à partir d’ici on peut se retrouver là-bas.

Alors, pourquoi se taper des heures de vol pour se boire une bière là-bas si on peut aller prendre un verre là-bas tout en restant ici ? Pourquoi s’échiner à monter des tas de paperasse ; s’aligner des heures et des heures sous le soleil devant une ambassade, dépenser des sommes faramineuses pour un visa que de toute façon tu n’auras pas, alors qu’on peut très bien se réveiller dans une de nos belles cités africaines, prendre son petit déjeuner à Marseille, déjeuner à Milan, diner à Shanghai et dormir au Québec ?

Un bon viveur peut ainsi l’espace d’une nuit d’ambiance faire le tour du monde en moins de 24 heures, traverser toutes les frontières, circuler sans visa à l’intérieur de chaque pays, car nous avons sur place nos quartiers Latin, Koweït City, Dallas City, et même des villages surnommés Petit Paris ou Washington DC. Nul besoin de prendre encore des risques inutiles, traverser mers et déserts pour faire du tourisme dans ces (entre guillemets), « eldorados occidentaux », car nous avons (sans les guillemets) nos eldorados ici sur place.