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Chronique des Matières Premières
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Aluminium: le géant russe Rusal investit aux Etats-Unis

Par Claire Fages

A peine libéré des sanctions de Washington, le géant russe de l'aluminium Rusal décide d'investir 200 millions de dollars dans une usine aux Etats-Unis.

Surprenant investissement que celui de Rusal, aux Etats-Unis. Le groupe russe, numéro deux mondial de l'aluminium, vient de signer une lettre d'intention avec une start up américaine Braidy Industry pour contribuer à la construction d'une usine de tôles d'aluminium dans le Kentucky, le premier laminoir à sortir de terre aux Etats-Unis depuis 35 ans. Un projet d'1 milliard 700 millions de dollars, que Rusal s'engage à financer à hauteur de 200 millions de dollars.

Seul fournisseur pendant 10 ans

Et cela à peine trois mois après la levée des sanctions de Washington contre le groupe russe. Oleg Deripaska, qui detenait le groupe, était jugé trop proche de Vladimir Poutine, soupçonné d'avoir voulu manipuler l'élection présidentielle américaine. Mais l'oligarque a réduit ses parts dans Rusal et il n'en est plus le président. Le groupe russe a désormais les mains libres. Non seulement il  peut investir dans une entreprise américaine mais Rusal sera le seul fournisseur d'aluminium de la future usine du Kentucky pendant 10 ans, selon les termes du projet de contrat que s'est procuré Standard and Poors Global Platts. Au prix actuel du métal, c'est un nouveau marché de 500 millions de dollars par an pour Rusal et ses fonderies d'aluminium, en Sibérie ou ailleurs.

« Heureux de payer 10 % de taxes »

Quel intérêt pour la future usine américaine de se fournir en aluminium russe, alors qu'il est toujours taxé à hauteur de 10 % à son entrée dans les ports américains, sur décision de l'administration Trump ? L'aluminium russe est jugé à la fois de bonne qualité, meilleur marché que l'aluminium américain, et moins émetteur de CO2 par exemple que l'acier chinois. Il sera transformé en tôle d'aluminium pour les sous-traitants automobiles américains, tous situés à moins d'une journée de trajet du futur laminoir du Kentucky. Ce débouché des pièces automobiles est un nouveau créneau très porteur pour la transformation de l'aluminium aux Etats-Unis depuis que l'acier est remplacé par l'aluminium pour alléger les véhicules. Dans ces conditions, le patron du futur laminoir américain se dit même « heureux de payer 10 % de taxes » sur l'aluminium russe, confiant que ses tôles d'aluminium seront les moins chères pendant au moins cinq ans !

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