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Isabelle Eberhardt, un destin nomade

Par Céline Develay Mazurelle

On part sur les traces d’une femme de lettres et de sables cette semaine, un personnage singulier, rebelle aux ordres du monde, scandaleux pour certains, fascinant pour beaucoup d’autres.
Car Isabelle Eberhardt, née en Suisse en 1877, de père inconnu dans une famille d’aristocrates anarchistes en exil, a été décidément en avance sur son époque.
Partie à l’âge de 20 ans pour Annaba, dans l’Algérie coloniale, elle va tour à tour se faire cavalier arabe, bédouin du désert, disciple soufie, arpenteur d’horizons et surtout écrivaine.
Morte brutalement dans le désert à 27 ans, elle va laisser derrière elle plus de 2 000 pages, témoignage précieux et sensible du monde arabe et musulman du début du 20ème siècle.

Son destin tragique, fulgurant va susciter de grandes passions et de nombreuses biographies souvent romanesques, qui vont faire d’elle « La Louise Michel du Sahara », « L’amazone des sables », « La Mata Hari du désert », « L’errante » ou « La rebelle ».
Il faut dire qu’Isabelle Eberhardt va non seulement voyager et écrire, à une époque où les femmes sont encore réduites à l’intérieur des maisons, mais elle va aussi s’affranchir des codes et des identités en se convertissant à l’Islam et en revêtant le costume masculin, sous le nom de Mahmoud Saadi. Elle sera la première Occidentale connue à entrer dans une voie soufie.

Voyage depuis Genève, sa ville natale jusqu’aux « splendeurs tristes du Sahara », ce désert qu’elle aimait tant, qui lui tiendra lieu de page, les mots pour seuls bagages.

Un reportage de Céline Develay-Mazurelle, dans la collection « Compagnons de route », série de portraits sonores d’écrivains-voyageurs.

En savoir plus :
- L’exposition « Isabelle Eberhardt, de l’une à l’autre » s’est tenue à la Maison Tavel de Genève, dans le cadre de la Saison nomade de la Maison de Rousseau et de la Littérature
- Le journal trimestriel « La couleur des jours » a publié un article éclairant et riche d’images, écrit par Karelle Menine, commissaire de l’exposition
- Les Editions Joëlle Losfeld ont republié de nombreux écrits d’Isabelle Eberhardt, avec une nouvelle lecture de Marie-Odile Delacour et Jean-René Huleu, spécialistes reconnus de l’écrivaine suisse
- Marie-Odile Delacour et Jean-René Huleu ont publié « Le voyage Soufi d’Isabelle Eberhardt », aux Éditions Gallimard qui, à travers l’écriture d’Isabelle, invite le lecteur à suivre son chemin spirituel.

Partir à Genève sur les traces d’Isabelle :
- Allez dans le quartier des Grottes où est née l’écrivaine, où l’on peut lire les mots de l’écrivaine un peu partout sur les façades et vitrines. Ce projet (éphémère) d’art urbain et littéraire est porté par Karelle Ménine. Un mur et une plaque lui rendent également hommage dans ce quartier bohème et populaire situé non loin de la gare
- Trouvez les livres d’Isabelle dans les bonnes librairies de voyage de la ville, comme « Le Rameau d’Or » ou « Le vent des routes »
- Allez sinon sur le marché des Bouquinistes de la place de la Fusterie, avant de vous plonger dans la vieille ville jusqu’à La Maison Tavel, musée d’art et d’histoire de la ville
- Lisez Isabelle Eberhardt non loin du lac Léman au « Cottage Café », un lieu à part, aux influences orientales, dans la quiétude d’un parc au pied d’une fontaine et de l’étonnant Monument Brunswick de style néogothique
- Plus d’infos sur la ville de Genève pour préparer votre voyage sur les traces d’Isabelle Eberhardt.

Le mur et la plaque en hommage à Isabelle Eberhardt dans le quartier des grottes à Genève. © RFI/Céline Develay-Mazurelle