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Revue de presse française
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A “la Une”, après le grand débat, Macron au pied du mur

Par Norbert Navarro

Choix compliqué qui tient la France en haleine. Que va annoncer le président, quand et comment va-t-il s’y prendre ? Des questions, peu de réponses, et beaucoup de conjectures.

« Jamais depuis son élection Emmanuel Macron n'a été à ce point au pied du mur, souligne La Montagne, jamais il n'a joué aussi gros (…)  L'attente est telle qu'il va forcément décevoir ceux qui veulent une impossible liste à la Prévert et ceux qui demandent un cap introuvable à la de Gaulle », avertit ce quotidien du centre de la France.

« Dans quelques heures, nous saurons donc ce qu'Emmanuel Macron a compris de ces messages et quelles sont ses réponses, énonce Le Maine libre. Il doit prendre la parole soit ce weekend, soit en début de semaine prochaine. Il s'agit du rendez-vous avec les Français le plus important depuis le début de son quinquennat. Cette fois, « ça passe ou ça casse » car jamais un président de la Ve République n'aura été à ce point vilipendé », souligne Le Maine Libre.

« En ce mois d'avril, le chef de l'État joue son quinquennat, prévient Le Figaro. C'est « quitte ou double » : ou il retrouve un souffle, ou bien il se met définitivement à dos l'opinion. Alternative qui vaut aussi pour la France : ou les décisions prises sont aptes à rassembler le plus grand monde autour d'un projet collectif, ou bien la démagogie et l'immobilisme l'emportent, et notre pays le payera cher. On l'a vu, Emmanuel Macron débat avec aisance et brio. Il lui faut maintenant se montrer concret et courageux », enjoint Le Figaro.

Pas de RIP pour Larcher

Autre débat qui agite la classe politique en France, celui qui concerne la privatisation annoncée d’Aéroports de Paris. Gérard Larcher pointe ce matin sa différence. Dans un entretien accordé au Figaro, le président du Sénat dit ne pas être favorable au référendum d'initiative partagée contre la privatisation de l’ex-Aéroports de Paris, estimant que le geste n'est pas fidèle à la constitution.

Etant rappelé que près de 250 députés et sénateurs socialistes, Républicains, France insoumise, communistes et du groupe Libertés et territoires ont donné leur feu vert cette semaine à cette procédure contre ladite privatisation, Gérard Larcher déclare que « ce n’est pas fidèle à l’esprit du Constituant de 2008 (…) Le RIP n’a pas été conçu comme un instrument contre la démocratie représentative mais comme un outil permettant d’introduire des respirations de démocratie directe dans un système de démocratie représentative auquel je tiens », ajoute-t-il.

Vrai-faux printemps au Soudan

Au Soudan, c’est l’effervescence après la chute d’Omar el-Béchir, et l’armée, en tout cas, promet de rendre le pouvoir aux civils. « L'avenir du Soudan est à ce stade entre les mains des officiers de l'armée et des services de sécurité qui ont déposé Omar Al-Bachir, souligne Le Monde. Il est de leur responsabilité d'entendre la voix de leur peuple, qui réclame un gouvernement civil, des libertés publiques, des droits élémentaires. Si d'aventure ils s'y refusaient, s'ils s'entêtaient à se maintenir seuls au pouvoir, s'ils imposaient leur couvre-feu par la force, ces hommes au sombre passé auraient, exactement comme leur maître d'hier, raté leur rendez-vous avec l'histoire, et avec l'avenir du Soudan », prévient Le Monde.

Seulement voilà, objecte Le Journal de La Haute Marne, « la fronde du peuple souffre d'un handicap rédhibitoire : elle est certes massive mais ne porte pas de projet clairement identifié. Elle laisse apparaître un rejet unanime d'un système usé jusqu'à la corde, mais on devine mal son contre-projet politique et les outils pour le mettre en oeuvre. Autrement dit, s'installe en Algérie et au Soudan, un flou extrêmement dangereux, car il ne pourra pas s 'éterniser ».

Attention, modère Ouest-France, Des millions de manifestants dans la rue, des dictateurs contraints de lâcher. Au Soudan et en Algérie, un même processus semble, en apparence, à l'oeuvre. Il intervient après d'importantes manifestations au Maroc ces derniers mois. Il fait dire à certains observateurs que nous serions de nouveau entrés dans un cycle comparable à celui de 2011. Lorsque l'expression "printemps arabe" était sur toutes les lèvres. Une expression dramatiquement démentie par la réalité et qu'il est plus que jamais nécessaire d'utiliser avec des pincettes. Car s'il y eut bien, il y a huit ans précisément, un soulèvement populaire dans la plupart des pays arabes, le processus enclenché a souvent débouché sur un recul amer et sanguinaire ».

Les mineurs fantômes du foot anglais

Ces nouvelles révélations des Football Leaks enfin, qui mettent au jour un système illégal de recrutement de footballeurs mineurs en Angleterre. Documents secrets à l’appui, Mediapart pointe « les magouilles de Chelsea et des clubs anglais pour recruter des joueurs mineurs », en révélant le cas du club de Chelsea qui « a recruté illégalement un joueur de douze ans en payant sa famille et en cachant aux autorités qu’il jouait dans son académie ».

« La pratique des joueurs fantômes était courante en Angleterre. (…) Mais les instances du foot anglais ont longtemps fermé les yeux. Sans doute parce que violer les règles donnait un énorme avantage aux clubs d’outre-Manche dans la compétition féroce pour attirer et verrouiller les talents dès leur plus jeune âge »

Chelsea a ainsi été finalement reconnu « coupable de violation des règles au sujet de dix-neuf joueurs, dont l’actuel attaquant burkinabè de l’Olympique lyonnais Bertrand Traoré », signale Mediapart, étant rappelé que ce journal en ligne avait déjà révélé que Traoré avait été recruté « dès l’âge de seize ans (alors qu’il faut attendre dix-huit ans pour les joueurs non-européens), moyennant un paiement de 177 000 euros à sa maman ».

À la Une: interrogations et suspicion après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen