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En Israël, pourquoi la décennie dorée a été une décennie perdue

Par Dominique Baillard

En Israël, Benyamin Netanyahu est candidat à un cinquième mandat aux élections législatives prévues ce mardi. Dans son argumentaire électoral essentiellement sécuritaire, il met aussi en avant l'extraordinaire développement économique qu'a connu son pays pendant ses dix années aux affaires. Un bilan très contesté.

Benyamin Netanyahu est devenu Premier ministre en 2009, année de la parution du best-seller La start-up nation, histoire du miracle économique israélien. Les dix années de croissance robuste qui ont suivi ont ajouté un nouveau glorieux chapitre à cette légende. Pendant cette période, de multiples secteurs de l’automobile au service ont profité du boum de la « tech », le produit intérieur brut (PIB) israélien a bondi de 55% selon les chiffres de l’agence de notation Standard and Poor’s. Pendant cette décennie dite « dorée », le chômage est tombé à 4%, l’inflation est restée contenue, et l’État a même commencé à se désendetter : la dette a été ramenée à 60% du PIB.

Mais beaucoup d’Israéliens n’ont pas profité de cette prospérité

Un Israélien sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté d’après les statistiques de la sécurité sociale israélienne. Ce taux passe à un sur deux pour le seul groupe des Arabes israéliens. Avec les ultra-orthodoxes, ils sont les principaux exclus de la croissance. Et ce sont aussi ceux qui font le plus d’enfants. D’ici 2050, ils formeront la moitié de la population, les intégrer économiquement est donc une nécessité absolue pour maintenir la cohésion du pays. Même si les écarts de richesses ont été légèrement réduits, le compte n’y est pas, Israël demeure l’une des économies avancées les plus inégalitaires. Le logement a un prix exorbitant, et le transport est totalement asphyxié, ce sont les autres maux dont souffrent quotidiennement les électeurs.

Des plaies que le Premier ministre n’a pas réussi à guérir

Ce libéral avait bien d’autres préoccupations en tête : de plus en plus fragilisé par des plaintes pour corruption, il a surtout supprimé les taxes et redistribué des cadeaux fiscaux à sa clientèle électorale pour conserver le soutien de sa coalition. Pour soutenir la croissance inclusive de la start-up nation, le prochain gouvernement devra opter pour une vision de long terme. Il y a urgence à investir massivement dans les infrastructures, le logement et dans l’école préconisent la plupart des économistes. D’après les évaluations internationales, les élèves israéliens sont parmi les derniers rangs du classement en mathématiques et en lecture. Ces piètres performances sont une calamité pour les entreprises, elles ont déjà du mal à trouver aujourd’hui les talents dont elles ont besoin.

Quelle sera la première mission du vainqueur des élections ?

Pour le gouverneur de la banque centrale israélienne, la priorité des priorités sera d’assainir les finances publiques, de maitriser le déficit budgétaire. Avant qu’il ne soit trop tard. Car l’économie israélienne s’est considérablement ouverte sur l’extérieur, elle sera par conséquent très affectée par le ralentissement mondial qui se profile. Il faudra serrer la ceinture ou bien augmenter les impôts, avertissent les experts, un travail bien ingrat pour les futurs gouvernants. Quel que soit le gagnant du scrutin, il sera plutôt tenté, voire contraint de multiplier les dépenses pour satisfaire les partenaires de l’incontournable coalition qu’il devra former pour gouverner le pays.

 

EN BREF

Les investisseurs se bousculent pour prêter de l’argent à la Saudi Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne. La société publique s’apprête à emprunter 10 milliards de dollars et la souscription serait déjà de 30 milliards d’après le Financial Times. Les créanciers sont aimantés par les excellents résultats financiers de la société publiée la semaine dernière, elle serait l’entreprise la plus rentable au monde et par les perspectives de rendement supérieur à 4%.

Au Japon l’assemblée générale extraordinaire de Nissan a entériné le départ de Carlos Ghosn. Les actionnaires viennent de voter la révocation de son mandat d’administrateur, après vingt ans de service et de se prononcer en faveur de l’entrée de Jean-Dominique Senard, le nouveau patron de Renault au conseil d’administration du constructeur nippon. Carlos Ghosn qui est à nouveau emprisonné.

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