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Chronique des Matières Premières
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Les producteurs d'arabica remettent en question le marché de New York

Par Claire Fages

La surabondance de café arabica mais aussi la spéculation ont mené les cours à leur plus bas niveau depuis 13 ans. Les producteurs souffrent. Certains demandent à ne plus dépendre du marché à terme de New York.

La livre de café arabica vaut désormais moins d'un dollar à la Bourse ICE de New York. À peine plus de 92 cents, alors qu'on était encore à 1,60 dollar en 2017 et à 20, 20 dollars en 2014. Le pic de 2011 à 3 dollars paraît irréel aujourd'hui.
La semaine dernière, le Conseil international du café a tiré la sonnette d'alarme lors de sa réunion à Nairobi, la capitale kényane. Les cours ne couvrent plus les coûts de production des caféiculteurs. La pauvreté gagne du terrain dans les plantations.

Excédent

Ce plongeon interminable des prix, on le doit à l'excédent de café sur le marché mondial, suite à la récolte record du Brésil. Même si la demande de café progresse tous les ans de 2 %, on a cette année une production (167,47 millions de sacs de 60 kg) supérieure de plus de 2 millions de sacs à la consommation (165,18 millions de sacs), selon l'Organisation internationale du café. Il y a du café partout, confirme-t-on dans le négoce, la nouvelle récolte brésilienne approche et le real, la monnaie brésilienne, encourage les exportations. Les fonds d'investissements sont aussi particulièrement baissiers. Le café robusta vient à son tour de décrocher, à Londres, et sa chute accentue celle de l'arabica à New York.

Initiative colombienne

Cette place de New York, la Fédération des caféiculteurs colombiens voudrait s'en déconnecter. Elle estime que son café lavé mérite une meilleure rémunération que la prime de 20 cents qui lui est versée en plus du prix du marché à terme, et elle espère convaincre d'autres pays producteurs et acheteurs de se détourner de ce marché de référence.

Concurrence des origines

Jusqu'à présent, les rares tentatives de cartel du café ont échoué. Le risque, si la Colombie fait de la rétention, c'est qu'elle soit remplacée par d'autres origines. D'autant que la qualité des arabicas a beaucoup progressé dans les pays concurrents, du Brésil à l'Afrique. Les torréfacteurs ont par ailleurs couvert leurs besoins lointains de café vert.

Risque sur la qualité des grains

Pourtant, même les négociants estiment aujourd'hui qu'il faudrait des régulations mondiales et que le niveau actuel des prix n'est pas tenable. Il y a aura des effets à retardement sur les rendements, sur la qualité et sur le tri des grains, craignent-ils, et l'on pourrait voir revenir des maladies du caféier comme la rouille.

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