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Algérie : à quand la transition économique ?

Par Aabla Jounaïdi

Face aux manifestations qui se poursuivent, l’armée a donc contraint Abdelaziz Bouteflika à quitter immédiatement son siège de président, précipitant la transition politique. Si l'étincelle a bien été politique en Algérie, la dimension économique des manifestations est aussi très vite apparue. La fin du système que demandent les Algériens, c'est aussi celle d'un système économique qui exclut une grande partie de la population.

A commencer par cette jeunesse sans travail qu'on entend beaucoup dans les cortèges de ces dernières semaines.

Elle incarne l'échec de ce système dont les failles sont apparues au grand jour avec la chute des prix du pétrole en 2014.

Que disent-ils ces jeunes qui représentent la moitié de la population algérienne ?

« Malgré mes diplômes, je ne trouve pas d'emploi. »

Souvent, leur destin s'inscrit en marge. Le chômage pour 1 jeune algérien sur 3. L'exil pour des diplômés de plus en plus nombreux...ou bien le secteur informel, loin du cursus de ces diplômés.

Quand on a dit cela, on a pointé un des problèmes structurels de l'économie algérienne....qu'on retrouve dans d'autres pays rentiers.

Cette économie n'est pas assez diversifiée. Elle est encore trop centrée sur l'industrie des hydrocarbures qui fournit l'essentiel des revenus de l'État algérien.

Et le corollaire, c'est que l'État reste un acteur central de l'économie

Les « cordons de la rente » n'ont jamais été coupés. Ce qui favorise en effet un système où l'État reste au centre du système économique.

Ce qui lui a permis pendant les années fastes d'acheter la paix sociale grâce aux ressources du pétrole, redistribuées à travers les subventions ou des programmes de constructions de logements.

Dans le même temps, durant tout le long règne d'Abdelaziz Bouteflika, il y a bien eu l'émergence d'acteurs privés. Mais sur des bases d'allégeance, d'accointances. Les dés sont pipés...en politiques comme en économie !

Forcément, cela favorise l'exclusion et renforce le sentiment que l'État ne sert pas l'intérêt du plus grand nombre, mais celui d'une minorité.

Voilà pourquoi aujourd'hui dans les manifestations, vous n'avez pas que des jeunes désœuvrés, mais de larges pans de la société : des chômeurs, des étudiants, mais aussi des avocats, des médecins, et de nombreuses autres corporations, dans toutes les régions.

La question ultime Aabla, c'est « est-ce que le système peut se réformer ? »

Il en avait eu l'occasion  en 2016. Des économistes algériens avaient travaillé à des réformes de premier ordre pour mieux financer l'économie, mieux redistribuer les ressources et sortir de la dépendance aux hydrocarbures. A l'instigation du gouvernement à l'époque qui s'était résigné à faire quelque chose face à la dégringolade du baril.

L'ironie, c'est que cela avait finalement été enterré pour lancer la marche à la présidentielle de Bouteflika.

La différence fondamentale, c'est qu'aujourd'hui, le peuple algérien est dans la rue et semble déterminé au changement.

Il est saisissant de voir que la télévision d'État qui avait dans un premier temps ignoré les manifestations...a organisé un débat il y a quelques jours sur le thème « Est-il possible d'aller vers une nouvelle république sans corruption? » Comme un prolongement des débats de la rue.

Seul l'avenir peut dire s'il s'agit d'un changement pour la forme ou si la transition politique promise par l'armée sera aussi l'occasion de revoir enfin les fondements de l'économie algérienne.

►En bref,

La guerre contre les escrocs sur internet porte ses fruits en Côte d'Ivoire

On les surnomme les « brouteurs » et souvent ils cherchent à vous soutirer votre argent avec des fausses annonces alléchantes en ligne.

89 ont été interpellés et 73 présentés en justice l'an dernier d'après l'instance ivoirienne de régulation de la téléphonie.

Contrairement à ce qu'on peut penser, la quasi-majorité de leurs victimes sont en Côte d'Ivoire. 3000 ont porté plainte l'an dernier.

L'enjeu est financier bien sûr puisque la cyberfraude coute des dizaines de millions d'euros au pays. Mais si la Côte d'Ivoire a renforcé les moyens de son administration, c'est aussi pour mettre fin à une pratique qui ternit l'image de marque du pays.

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