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Chronique des Matières Premières
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Sri Lanka: neuf plantations de thé équitable accusées de violer le droit du travail

Par Claire Fages

De la difficulté de garantir un approvisionnement éthique en matières premières... Deux labels du commerce équitable, Rainforest et Fairtrade, se sont engagés à vérifier les conditions de travail dans neuf plantations de thé du Sri Lanka. Les salariés y accusent leurs employeurs de ne pas respecter leurs droits.

Les labels de thé équitable Rainforest et Fairtrade sont sur la sellette après l'enquête de la fondation Thomson Reuters dans neuf plantations du Sri Lanka. La consultation des fiches de paie et les témoignages de 17 ouvriers du thé révèlent que l'employeur pouvait retenir jusqu'aux trois quarts du salaire, en remboursement de dettes, en avance sur salaire et même en amendes pour retard ou pour cueillette insuffisante.

Retenues punitives

Au Sri Lanka, les plantations de thé ont hérité du système colonial, l'employeur finance des services aux ouvriers du thé, des consultations médicales aux enterrements. Les déductions sur salaires sont légales. Mais pas dans ces proportions ni sans le consentement des salariés, et surtout pas s'il s'agit de retenues punitives.

Le label équitable Fairtrade dit prendre cette enquête très au sérieux. Il en va de sa crédibilité. Fairtrade a demandé à l'entreprise de certification Flocert de réaliser un audit sur ces plantations, explique Valeria Rodriguez, la porte-parole de Max-Havelaar, l'antenne de Fairtrade en France :

« Nos équipes à l'international ont immédiatement entrepris une investigation. Si les pratiques d'une plantation se révèlent non conformes au cahier des charges Fairtrade, le certificateur émettra un rapport et en fonction de la gravité des résultats sanctionnera la plantation en conséquence. Cela peut aller de la suspension jusqu'au retrait de la certification. »

Salaires et prime de développement

Le retrait de la certification signifierait malheureusement, pour les salariés des plantations sri-lankaises la perte de la prime de développement qui, elle, n'est pas versée par l'employeur, mais par les acheteurs de thé, en l'occurrence Tetley, Twinings ou Unilever : 50 cents de dollar supplémentaires par kilo lorsque la récolte est vendue sous label équitable ; 1,10 dollar par kilo lorsque le thé est bio. Cet argent est versé sur un compte collectif des salariés, et ils doivent décider soit de le répartir entre eux, soit de l'utiliser pour des projets communs.

Mais évidemment cette prime ne peut pas se substituer aux salaires versés par la plantation elle-même. Le label Fairtrade était en train de réfléchir depuis quelques mois à un référentiel de salaire minimum par pays pour les ouvriers des plantations certifiées. Encore faut-il pouvoir vérifier que ces salaires sont réellement versés.

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