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Chronique des Matières Premières
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La Chine est devenue première importatrice de terres rares

Par Claire Fages

Renversement total sur le marché mondial des terres rares, cette famille de métaux si utile dans les transports du futur et les énergies vertes : la Chine, premier producteur de terres rares, en importe aujourd'hui presque autant qu’elle n’en exporte.

La Chine reste le premier fournisseur mondial de terres rares. Mais elle en importe aussi de plus en plus. L’an dernier ses achats de terres rares à l’étranger ont quasiment triplé pour atteindre 41 000 tonnes, c’est presque autant que les 53000 qu’elle a exportées en 2018. Les importations chinoises dépassent même les exportations pour sept métaux-clés de la famille des terres rares, en particulier le praséodyme, que l’on retrouve dans les aimants permanents des éoliennes ou des véhicules électriques. La Chine devient dépendante en terres rares alors qu’elle était en capacité d’assécher le marché à elle toute seule au début des années 2010.

Fermetures de mines

La raison de cette mutation du commerce chinois ? Pékin a commencé à fermer les mines chinoises de terres rares, explique Gaétan Lefebvre du BRGM, « pour limiter leurs effets sur l’environnement, il y avait beaucoup de mines illégales et très polluantes, et pour limiter l’épuisement de la ressource ». Les quotas de production sont à la baisse depuis le deuxième semestre de l’an dernier.
« Il s’agit aussi d’empêcher les autres pays d’avoir accès à la matière première, puisque la Chine a développé sur son sol une industrie puissante de fabrication d’aimants permanents, 80 % de la production mondiale. Il y a donc une très forte demande intérieure chinoise en terres rares que la Chine essaie de satisfaire par les importations ». Même si parfois il s'agit de terres rares chinoises qui reviennent en Chine après être passées par la Birmanie.

Contrôler la ressource

A part la mine australienne de la compagnie Lynas dont les terres rares sont raffinées en Malaisie, toutes les mines existantes hors de Chine fournissent aujourd'hui la Chine. Y compris Mountain Pass, aux Etats-Unis ! Ce gisement qui avait rouvert en 2012 parce que la Chine avait imposé un embargo sur ses terres rares, avait ensuite fait faillite en 2015 après l'éclatement de la bulle. Il a rouvert l'an dernier grâce à des investissements... chinois.
C'est aussi un consortium chinois qui contrôle la mine de terres rares de Kvanefjeld au Groënland, le plus gros gisement hors de Chine, en attente de permis d’exploitation.

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