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Pourquoi l’économie thaïlandaise s’est engourdie

Par Dominique Baillard

En Thaïlande, au lendemain des élections, où le parti de la junte au pouvoir serait arrivé légèrement en tête, il est trop tôt pour faire des pronostics sur le prochain gouvernement. Mais chacun connait déjà le défi qui l'attend: la relance de l’économie.

En Thaïlande, au lendemain des élections, où le parti de la junte au pouvoir serait arrivé légèrement en tête, il est trop tôt pour faire des pronostics sur le prochain gouvernement. Mais chacun connait déjà le défi qui l'attend: la relance de l’économie.

Car les performances économiques de la junte au pouvoir pendant 5 ans sont médiocres : les salaires ont stagné et les inégalités ont encore augmenté. Les réduire devrait être la priorité des dirigeants estime le Conseil national du développement économique et social. Et pour cause, d’après Crédit Suisse le royaume est devenu le pays le plus inégalitaire au monde, les 1% les plus riches détiennent 70% du revenu national. Souvent vantée pour sa résilience, sa capacité à surmonter rapidement toutes les crises, la Thaïlande a par ailleurs perdu de sa superbe. Sa croissance de 4% en 2018 devrait être du même tonneau cette année, c’est-à-dire bien inférieure à la moyenne de celle des autres tigres de l’Asie du Sud-Est, l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam et les Philippines.

Les militaires sont-ils responsables de ce ralentissement ?

Le dynamisme de l’économie et la progression des salaires sous les précédents gouvernements plaident en faveur de cette hypothèse. Les incertitudes politiques de ces dernières années ont aussi refroidi les investisseurs étrangers. Mais l’affaiblissement général de la Thaïlande est antérieur au coup d'Etat de 2014, cela fait bientôt 10 ans que sa productivité se dégrade, le tigre thaïlandais ne court plus assez vite pour rattraper les concurrents. Pour devenir un champion de l’export notamment dans l'automobile il a misé sur la main d’œuvre étrangère souvent très mal payée et non sur la formation et l'innovation. Cette stratégie a atteint ses limites. Les revenus du tourisme sont florissants mais la Thaïlande n'est pas encore l'économie de service qu'elle souhaite devenir. Toujours bloqué dans la catégorie des pays dit à revenus intermédiaires, le tigre est incapable de rejoindre le groupe des dragons auquel appartient par exemple la Corée du Sud.

Pour doper l'économie les militaires ont voulu faire du royaume l’économie 4.0 de la région

Cette ambition ne s’est pas encore matérialisée. Cela exige du capital, et une main d’œuvre très qualifiée, un environnement qui ne se crée pas du jour au lendemain. Dans l’immédiat, la junte a prévu des grands travaux pour relancer la croissance, avec notamment un train à grande vitesse pour relier l’aéroport à la capitale, des ports, des routes, des nouveaux chemins de fer. Des projets qui concernent la Thaïlande urbaine mais pas vraiment la campagne où vit encore près d’un habitant sur 2.

Les électeurs des régions agricoles réclament eux une aide accrue de l’Etat.

C’est d’ailleurs ce qu’ils ont reçu de la part de la junte juste avant la tenue des élections. Cette soudaine générosité a peut-être aidé leur parti à arriver en tête du scrutin. Ces pratiques clientélistes ne sont pas le seul fait des militaires, c’est une vieille habitude de la classe politique thaïlandaise. Cette manne assure le contrôle électoral de la Thaïlande rurale, mais elle a aussi freiné la modernisation de l’agriculture. En sortir est souvent présenté par les experts comme une condition du renouveau, mais vu l’explosion des inégalités, et de l’endettement des ménages, surtout dans les régions agricoles où les récoltes ont été décevantes ces dernières années, pas sûr qu’un gouvernement n'ose renoncer à cette politique des cadeaux empoisonnés.


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