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Espagne: fin de la lune de miel entre Vox, le Parti populaire et Ciudadanos

Par François Musseau

Il y a encore quelques semaines, le parti d’extrême droite Vox avait trouvé deux alliés idylliques : les deux grands partis de la droite classique, le Parti populaire et Ciudadanos. Au point de construire une alliance régionale en Andalousie. Cette coalition des droites a vécu : à près d’un mois des législatives générales,cette entente s’est déchirée.

Il semble que le déclic soit lié aux armes à feu. Tout a commencé avec le tollé provoqué par Santiago Abascal, le chef de file du parti Vox. Le lendemain même de la tuerie de Christchurch en Nouvelle-Zélande contre des musulmans, le candidat de l’extreme droite espagnole a préconisé de faciliter la vente d’armes à feu, voire même d’en faciliter l’accès. Aussitôt le leader de Ciudadanos Albert Rivera a rétorqué : « Moi, je ne veux pas d’un pays où des fous furieux tirent dans la rue ou dans des collèges ». Son homologue du Parti populaire, le conservateur Pablo Casado, a fait de même, en accusant Abascal et Vox de démagogie et de « terriblement dangereux pour la démocratie ».

Mais il y a d’autres raisons à cette alliance brisée, et principalement des raisons politiques, et électorales. Aujourd’hui, à quelques semaines des législatives générales anticipées, le Parti populaire et Ciudadanos se rendent compte qu’au vu des sondages, leur alliance avec l’extrême droite n’est pas forcément une bonne idée pour expulser le socialiste Pedro Sanchez du pouvoir. Pourquoi ? Parce que, selon les enquêtes d’opinion,  au lieu de s’ajouter les suffrages de droite risquent de perdre de leur force. En clair, les Espagnols votant pour Vox cesseront de voter en faveur d’une des autres formation de droite. Résultat : l’alliance avec l’extrême droite risque de pénaliser Rivera et Casado

Cela change-t-il la donne de manière sensible. Jusque là, il y avait deux blocs. D’un côté le bloc des droites qui était donné favori. De l’autre, le socialiste Pedro Sanchez qui avec un Podemos affaibli et des indépendantistes catalans radicalisés, ne pouvait guère aller loin. Avec ce nouveau panorama, se dessine une nouvelle solution à l’issue des élections du 28 avril : un rapprochement entre les socialistes et Ciudadanos, des centristes libéraux. Pour l’heure, les leaders respectifs ne veulent pas le dire à haute voix. Mais cette possibilité, hier impossible, pourrait être une issue à la crise politique espagnole.

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